Un bail précaire sous les dorures

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LEXPRESS 30/09/09

Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, de nombreux ministres profitent du parc immobilier de la République.

Mais où loge-t-il donc? Son cas fait jaser dans les milieux gouvernementaux, où il n'y compte pas que des amis : Brice Hortefeux est, en ce moment, l'objet de la perfidie des mauvaises langues.?Car le ministre de l'Intérieur vient seulement de quitter définitivement le logement de fonction de la place des Saussaies (dans le VIIIe arrondissement), qu'il occupait depuis 2005?et sa nomination aux Collectivités territoriales.?En 2007, après l'élection de Nicolas Sarkozy, Hortefeux intègre le ministère de l'Immigration.?Il choisit de rester dans l'appartement de la place des Saussaies.?Et d'y demeurer encore en 2009, après son arrivée aux Affaires sociales. "Dans les deux cas de figure, il aurait fallu lancer des travaux importants, puisqu'aucun des deux bâtiments ne disposait d'un logement disponible immédiatement", explique un conseiller du ministre.?Son successeur aux Affaires Sociales, Xavier Darcos, procédera aux aménagements nécessaires pour vivre sur place.
Nommé Place Beauvau le 23 juin, Hortefeux emménage cette fois, courant juillet, dans les appartements du ministère, situés juste au-dessus des bureaux. Mais il ne libère pas immédiatement ceux de la place des Saussaies. Nicolas Sarkozy lui en fait d'ailleurs le reproche, pressant son ami de s'installer vraiment dans les lieux où il dispose de tous les moyens pour être parfaitement opérationnel à son poste. La famille de Brice Hortefeux, elle, ne quitte la place des Saussaies qu'à la fin d'août. "L'appartement va être entièrement vidé incessamment, puisqu'il doit être repeint, pour les futurs occupants, à partir du 1er octobre", précise le ministre de l'Intérieur.

Les appartements de Matignon sont restés en l'état

Depuis l'"affaire Gaymard", les membres du gouvernement sont prévenus: les murs peuvent leur tomber sur la tête. La règle: seuls les titulaires d'un ministère ne disposant pas d'un appartement de fonction sont autorisés à louer, sur les crédits de l'Etat, un logement dans Paris. Lequel ne doit pas excéder 80 mètres carrés, plus 20 mètres carrés par enfant. Bien entendu, les "coucous" sont interdits: pas question de s'installer sous les toits de l'Etat quand on a déjà un chez-soi dans la capitale.
En 2006, dans
Témoignage, Nicolas Sarkozy écrivait qu'il fallait réserver les appartements de fonction "aux seuls responsables de l'exécutif en charge d'une mission leur imposant une disponibilité totale". Après son élection, Sarkozy chef de l'Etat pose un mouchoir sur les belles paroles de Nicolas écrivain – de nombreux ministres profitent du parc immobilier de la République.
Mais depuis 2007, à la demande de François Fillon, ils règlent la taxe d'habitation, à la hauteur de la surface qu'ils occupent effectivement. Ainsi à Bercy, où les appartements sont très grands (environ 300 m2), Christine Lagarde et Eric Woerth paient simplement l'une pour 97 mètres carrés, l'autre pour 129.

Quant au Premier ministre, il ne devrait pas trop souffrir de la hausse de la taxe d'habitation malgré des travaux dans les appartements de Matignon, où il habite avec trois de ses cinq enfants. D'après son service de communication, Fillon a simplement percé une cloison afin de gagner une dizaine de mètres carrés pour rajouter une chambre: sur les 309 mètres carrés de l'appartement, la partie strictement privative est désormais de 213 mètres carrés. Exception faite des fenêtres, toutes refaites, le reste du logement est demeuré en l'état, assure Matignon, sans toutefois préciser le montant des travaux. Même la moquette, à une pièce près, n'a pas été changée... On plaindrait presque ces ministres obligés de supporter le poids du passé. 

Publié dans Logement - Immobilier

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