Passe d'armes entre François Fillon et Christian Blanc

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE POINT 30/09/09

 Le dossier du Grand Paris, un projet cher à Nicolas Sarkozy, a donné lieu à une sérieuse passe d'armes entre François Fillon et son secrétaire d'État Christian Blanc, en désaccord avec le Premier ministre sur la mouture finale du texte. Christian Blanc a écrit lundi au chef du gouvernement, auquel il est directement rattaché, pour lui faire part de ses profondes divergences sur le texte modifié par Matignon et transmis au Conseil d'État. Selon lui, cette version "s'écarte de façon très substantielle" du "produit fini" issu de la consultation qu'il a menée et d'une ultime réunion interministérielle en "introduisant des dispositions jamais discutées portant atteinte à l'économie générale du projet de loi". Et ce, ajoute-t-il, "au point de risquer de le rendre incohérent avec toute l'action" qu'il a conduite depuis sa nomination, il y a dix-huit mois.


Il liste "trois exemples concrets" comme autant d'"écarts" à son propre projet. Ainsi, "le champ de la loi" porterait "atteinte à la décentralisation dans le domaine des transports", l'une des principales critiques des opposants au texte. Usant d'une tonalité rarement observée entre un secrétaire d'Etat et un Premier ministre, Christian Blanc ne demande pas moins au chef du gouvernement que "de surseoir à la transmission au Conseil du document amendé" par Matignon. Cherchant visiblement l'arbitrage du président Nicolas Sarkozy qui a initié ce projet pharaonique de 35 milliards d'euros, Christian Blanc avait transmis une copie de sa missive au secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant. Mais François Fillon a sifflé la fin de la partie, en appelant "immédiatement" son secrétaire d'État pour le désavouer. "Le texte qui a été transmis au Conseil d'État est celui qui a été arbitré par le Premier ministre. C'est la règle", a-t-on expliqué dans son entourage. Christian Blanc a finalement avalé son chapeau en expliquant qu'il n'était aucunement "en désaccord" avec le Premier ministre et, par la voix de son directeur de cabinet, qu'il "n'était pas pour lui" question de "démissionner".


La gauche dénonce "une grande confusion au sommet de l'État"


Au risque d'affaiblir un peu plus son collègue, la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, candidate aux régionales de mars en Ile-de-France, s'est félicitée "du nouvel équilibre décidé par le Premier ministre entre responsabilité de l'État et rôle des collectivités locales". Christian Blanc était déjà fragilisé par les virulentes attaques des élus des collectivités locales, essentiellement de gauche mais aussi de droite, concernées par ce projet devant être présenté la semaine prochaine en Conseil des ministres. Deux principaux griefs lui étaient faits : sur la méthode avec un manque de concertation et sur le fond en faisant la part belle à l'État, notamment en matière de transports, l'un des chapitres clés du texte, et d'urbanisme. Face à cette fronde, François Fillon, qui pourrait être, selon des sources UMP, candidat à la mairie de Paris en 2014, avait récemment repris les rênes du Grand Paris pour y associer davantage les collectivités locales.


La gauche a vu dans ce duel le signe d'une "grande confusion au sommet de l'Etat" sur un "texte brutal et spoliateur", a expliqué, dans un communiqué, le député socialiste de Paris Jean-Marie Le Guen, exhortant le Premier Ministre "à engager une véritable concertation avec les collectivités locales". A la question de savoir si Christian Blanc restait en charge du Grand Paris après cet épisode, Matignon a opposé un silence. 

Publié dans Actualité Grand Paris

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article