[Régionales] Pécresse veut oublier le couac sur le Grand Paris

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE FIGARO 02/10/09 I Sophie de Ravinel


«Quand on est dans un gouvernement, on respecte les choix du premier ministre», juge Valérie Pécresse après la passe d'armes Fillon-Blanc. 

Le premier ministre et la candidate UMP en Ile-de-France craignent que la passe d'armes avec Christian Blanc ait des incidences négatives sur la campagne des régionales.

Étouffer l'affaire au plus vite. Le premier ministre François Fillon comme Valérie Pécresse, la candidate UMP aux régionales en Ile-de-France, ont tout intérêt à tourner la page. Une violente passe d'armes a opposé cette semaine le secré taire d'État Christian Blanc et le chef du gouvernement au sujet du projet de loi Grand Paris. Mais pour Matignon, les arbitrages ont été rendus et le dossier est «bouclé». Il ne faudrait pas que cette affaire, au sujet de laquelle l'Élysée ne souhaite pas intervenir, puisse porter préjudice à la droite qui tentera, dans six mois, de regagner la première région de France.

En déplacement vendredi dans les Hauts-de-Seine, François Fillon a fait preuve de fermeté. «Ce n'est pas la première fois, ni la dernière, qu'il y a des débats au sein du gouvernement», a-t-il dit, minimisant l'impact de la lettre de reproches que lui a adressée le secrétaire d'État placé sous sa tutelle. «Chaque ministre défend sa position et c'est normal, a-t-il ajouté, mais il se trouve que c'est le premier ministre qui décide des arbitrages. Celui-ci a été rendu.»

Vendredi, après les indications du Conseil d'État, une réunion interministérielle devait permettre d'apporter les dernières retouches au texte qui sera présenté mercredi en Conseil des ministres. «Bien entendu, assure-t-on à Matignon, le projet sera présenté par Christian Blanc.» Ce dernier a déjà été obligé d'avaler son chapeau en publiant, mercredi, un communiqué selon lequel «il ne peut y avoir de diver gence» entre François Fillon et lui. Acceptera-t-il de présenter un texte qui ne correspondrait pas à ce qu'il juge nécessaire ?

 

«Il se tait ou il s'en va»

 

Valérie Pécresse le souhaite très fort pour éviter les vagues. La ministre de l'Enseignement supérieur a fait son choix «depuis le début» : celui du camp Fillon, de «la concertation avec les collectivités», et non pas celui de Blanc, «plus étatiste». «L'important pour nous tous, c'est de réussir le Grand Paris. Il faut permettre à l'État d'agir, mais cela doit se faire dans une logique de dialogue avec les collectivités locales», affirmait vendredi matin la candidate, sur l'esplanade de la Défense, où elle distribuait des tracts sur le thème du transport, premier des grands dossiers de sa campagne.

À propos du coup de colère de Blanc, la ministre l'affirme sans ciller : «Quand on est dans un gouvernement, on respecte les choix du premier ministre.» «Un ministre qui n'est pas d'accord, il se tait ou il s'en va : c'est une maxime que je m'applique à moi-même», glisse-t-elle au passage, agacée par l'image autoritaire que Christian Blanc semble avoir chez les élus franciliens, et qui pourrait déteindre sur elle. Maire UMP de Nogent-sur-Marne, Jacques J. P. Martin prévient : «Cette bataille interne doit prendre fin au plus vite si l'on veut conserver une chance de gagner l'Ile-de-France.» Pas certain que ce soit le cas.

Dans deux mois sortira chez Grasset le livre de l'ancien ministre Yves Jégo. Dans Quinze mois et cinq jours, l'élu de Seine-et-Marne égratigne Fillon. Ce qui pourrait éclairer d'un jour nouveau les relations avec Blanc, qui tient le rôle du méchant. «Si Fillon voulait planter le Grand Paris, il ne s'y prendrait pas autrement», souligne Jégo, qui dénonce «le poids des diktats administratifs de Matignon et la faiblesse des arbitrages politiques» dont lui-même dit avoir fait «les frais». 

Publié dans Régionales 2010 IDF

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