Marleix défend sa nouvelle carte électorale

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE FIGARO 07/10/09 I Jean-Baptiste Garat 


La commission des lois de l'Assemblée a auditionné mardi le secrétaire d'État sur son projet de redécoupage.

L'exercice est cruel. Les députés vont engager, mardi prochain, l'examen du projet de loi de ratification de l'ordonnance «portant répartition des sièges et délimitation des circonscriptions législatives». Cruel car, avec ce redécoupage électoral, le gouvernement demande aux parlementaires d'entériner la disparition de trente-trois d'entre eux. La création de trente-trois autres circonscriptions - vingt-deux dans les départements à forte progression démographique et onze pour les Français de l'étranger - ne consolera pas les députés en sursis.

Et certainement pas Aurélie Filippetti. La députée socialiste de Moselle voit sa circonscription «dépecée» alors, explique-t-elle, «que c'est la zone qui connaît la plus forte croissance démographique du département». Elle s'en est étonnée, mardi en commission des lois, devant le secrétaire d'État à l'Intérieur, Alain Marleix, qui supervise le projet. «Des cantons sont découpés en dépit du bon sens et des règles de continuité géographique pour favoriser tel ou tel élu de la majorité, explique-t-elle. Quand l'on s'en étonne, on nous explique qu'une ligne de chemin de fer justifie ce redécoupage ! On se croirait à l'époque de la conquête de l'Ouest !» «Alain Marleix a voulu nous faire croire qu'il était républicain avant d'être UMP, j'ai voulu lui prouver le contraire», explique pour sa part le député de Seine-Saint-Denis Bruno Le Roux.

«J'ai pris ma calculette et j'ai compté, canton par canton, explique l'ancien conseiller électoral de François Hollande Rue de Solferino. Si ce redécoupage avait été appliqué lors des législatives de 2007, l'UMP disposerait d'au moins vingt sièges de plus qu'aujourd'hui. Tous les autres groupes perdraient des députés.» «On ne connaît rien de leurs méthodes de calcul», récuse Alain Marleix. «Ils n'oseront jamais nous présenter leur logiciel de décompte pour la fédération du Nord», ironise un proche du dossier, en référence aux soupçons de fraude lors des scrutins internes au PS.

 

Une trentaine de recours

 

Moselle, Somme, Seine-Saint-Denis… Le Parti socialiste a déposé une trentaine de recours en contentieux auprès du Conseil d'État, contestant les options défendues par le gouvernement. Mais la ratification du projet de loi dessaisira automatiquement la haute juridiction administrative. Quant au débat parlementaire, il est rigoureusement balisé par le secrétaire d'État : «La question qui vous est posée ne porte évidemment pas sur le tracé de telle ou telle circonscription, surtout s'il s'agit de votre propre secteur d'élection», a-t-il expliqué hier. Le Parlement doit simplement donner «quitus» au gouvernement pour sa mission.

De fait, aucun amendement ne pourra être déposé pendant la trentaine d'heures réservée pour la discussion générale en séance. Les recours ne pourront intervenir qu'auprès du Conseil constitutionnel, une fois la loi adoptée. Pas étonnant, dès lors, que le débat en commission se soit ouvert hier à d'autres horizons. Le député PS de l'Isère André Vallini s'est ainsi enquis d'une généralisation du scrutin uninominal à un tour aux législatives, comme le gouvernement le propose pour les futures élections territoriales. «Je démens catégoriquement, aucun changement n'est envisagé», a répondu Marleix. Pas sûr que les socialistes le croient sur parole.

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