[médias] L'Express : Un site anonyme et bancal défend le Grand Paris du gouvernement

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I L'EXPRESS I 07/10/09 I MD


Capture d'écran de la page d'accueil du site anonyme citoyensdugrandparis.com

Alors que le projet de loi est examiné par le Conseil des ministres ce mercredi, un site web anonyme a fait son apparition. Citoyensdugrandparis.com se propose de démonter les arguments de l'opposition, en prouvant par A+B que les élus locaux ont été associés à l'élaboration de la future loi. Vraiment?

"Remerciements à Christian Blanc pour son action" Voici le message qui s'étale en Une du site citoyensdugrandparis.com. Etonnant quand on sait que l'action du secrétaire d'Etat en charge du Développement de la région capitale, a été abondamment critiquée par la gauche et une partie de la droite.

Alors qui se cache derrière cette opération hagiographique? Impossible de le savoir. Du côté de Matignon, on assure ne pas être au courant. D'ailleurs, aucun logo ne fait mention de l'intervention d'un quelconque ministère.

Dans ces cas-là, on s'en remet au bon vieux whois.net, qui nous apprend que le nom de domaine a été déposé le 5 octobre dernier, soit 2 jours avant la présentation au conseil des ministres, au moment où les critiques se sont intensifiées. Mieux encore, on découvre le nom de l'administrateur de cette plate-forme: un certain Christian Grandparis. L'auteur de ce site ne manque pas d'humour, de courage, oui, mais pas d'humour.

Ce site anonyme a au moins un avantage: nous donner accès aux différentes versions des projets de loi. Des documents que les élus ont eu des difficultés à obtenir ces derniers mois. Sorti de cela, cette initiative portée par un défenseur masqué du gouvernement oublie étrangement un certain nombre d'informations.

Ainsi, dans la 4e section du site, est démontré, à travers 4 extraits du projet de loi, comment le gouvernement a pris en compte toutes les critiques. Sur la place des collectivités locales dans la gouvernance, l'extrait de la dernière version du projet de loi est limpide: "Article 8 (extrait): Le conseil de surveillance (de la Société du Grand Paris, ndlr) est composé de représentants de l'Etat et de représentants de la région et de chaque département d'Ile-de-France." Conséquence: "Une place forte, visible et explicite des collectivités au processus d'élaboration du projet de métro automatique".

Impossible de commenter ou d'amender

La logique est implacable. Mais en partie fausse. Car, dans la dernière version du projet de loi, il est bien rappelé, dans ce même article 8, que "les représentants de l'Etat constituent au moins la moitié des membres du conseil de surveillance". Impossible donc pour les collectivités locales d'être majoritaires, lors des prises de décision.

Un autre exemple? Le site explique que, certes, l'Etat possède un droit de préemption, mais que celui-ci est "principal". "Les communes ne perdent pas brutalement tout droit de préemption: contrairement au droit actuel, elles gardent au minimum un droit de préemption à titre subsidiaire" écrit-on sur citoyensdugrandparis.com.

Un rapide tour par le projet de loi nous prouve que l'auteur anonyme a encore malencontreusement oublié un passage: "Le bénéficiaire du droit de préemption à titre principal informe la collectivité et le propriétaire du bien de sa décision d'exercer ou non" Concrètement, la commune peut exercer son droit de préemption, si et seulement si, l'Etat décide de ne pas faire appel au sien. La liberté des collectivités est ainsi plus limitée qu'on veut bien le dire.

L'Association Grand Paris, qui a démenti être à l'origine de cette initiative, pointe une dernière bizarrerie: impossible de faire le moindre commentaire, de corriger une approximation ou une erreur.

Ce site voulait défendre l'action de Christian Blanc. Le secrétaire d'Etat se serait pourtant volontiers passé d'une telle action anonyme.    

 

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