Alain Juppé s'en prend violemment à Nicolas Sarkozy

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LEXPRESS 07/10/09 Kévin Deniau

Attendue comme un événement de la rentrée politique, la réforme sensible des collectivités a perdu une partie de son contenu au fil des critiques de l'opposition. Un manque d'ambition qui irrite au plus haut point Alain Juppé, qui l'a fait savoir dans Sud Ouest ce mercredi.

Lundi 5 octobre,Nicolas Sarkozy s'enthousiasmait de la future réforme des collectivités territoriales qui passera devant le Conseil des Ministres mercredi 14 octobre.

Devant un parterre de chefs d'entreprises, à Paris, le chef de l'Etat avait annoncé haut et fort: "Je porterai dès cet automne avec le Premier ministre une réforme ambitieuse des collectivités territoriales qui conduira à la diminution par deux du nombre des élus de notre territoire".

"On est très en retrait par rapport à ce qui était envisagé", juge Alain Juppé.

Ce mercredi, l'ambiance est moins euphorique dans les rangs de la majorité, après les propos tenus par Alain Juppé, dans une longue interview accordée au quotidien Sud Ouest.

L'ancien premier ministre n'y va pas en effet de main morte envers ses ex-collègues du gouvernement. "On est très en retrait par rapport à ce qui était envisagé", lance celui qui, visiblement, a rangé sa blouse decoprésident de la commission sur le grand emprunt pour revêtir celle de maire de Bordeaux.

Fervent partisan d'une "grande agglo, puissante, avec un vrai exécutif communautaire", Alain Juppé voit sa métropole idéale voler en éclat.

"A l'intérieur même des agglos, tout ce qui devait réaffirmer la primauté de la métropole sur la commune a du plomb dans l'aile [...] On n'aura donc pas le système des villes, fonctionnant comme des arrondissements à la parisienne, par rapport à la communauté urbaine qui devenait la collectivité de référence. À mon avis, on va en rester à un système peu différent de ce qu'il est."

"C'est toujours pareil avec Sarkozy..."

A force de venir supporter les Girondins de Bordeaux, les champions de France de football, Alain Juppé semble avoir bien assimilé la technique du tacle glissé. En témoigne, la suite de l'entretien.

"Non, ce n'est pas un bouleversement. Mais c'est toujours pareil avec Sarkozy, on vous dit que c'est une rupture avec tout ce qu'on a fait par le passé... C'est une transition".

Sur les conseillers territoriaux, une des mesures phares de la réforme, le maire UMP se laisse aller –enfin- à un semblant de compliment, "ce sera un changement très profond". Pour mieux reprendre de plus belle. Un changement "justifié par deux motifs. Le premier, quelque peu démagogique, est de diminuer le nombre d'élus; ce qui fait toujours plaisir. Le deuxième est d'amorcer le rapprochement entre la collectivité régionale et la collectivité départementale".

En grand technicien de la politique, Alain Juppé, entend peser de tout son poids envers ses "amis" du gouvernement pour aller plus loin dans la réformeet ainsi en tirer le plus grand profit à Bordeaux. Ces mots sont autant un rappel à l'ordre qu'une mise sous pression.


Gerard Collomb, maire de Lyon, "Je me demande bien quel est le connard qui a pondu cette réforme?".

Le maire de Bordeaux met un point final à cette montée au créneau musclée en tirant à boulets rouges, cette fois-ci, sur la taxe professionnelle. "Là, il faut dire que le gouvernement cherche la provocation."

S'inquiétant de la perte de plusieurs millions d'euros pour la communauté urbaine de Bordeaux perdrait, il reprend: "Le président Sarkozy avait promis une compensation euro par euro mais il avait oublié de le dire pendant un an. C'est tout de même se foutre du monde."

Alain Juppé ne remporte pourtant pas la palme de la plus violente critique envers la réforme de la taxe professionnelle avec cette prise de position. Gérard Colomb, maire de Lyon, lui a en effet coupé l'herbe sous le pied. "C'est la pire décision qu'ai pris ce gouvernement [...] Je me demande bien quel est le connard qui a pondu cette réforme?"


 
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