N'abandonnons pas l'avenir de l'Île-de-France aux idéologues extrêmes

Publié le par Grand Paris

Roger KAROUTCHI signe dans Le Figaro une tribune assez caricaturale sur le débat gauche droite en prônant plus de transports automobiles et moins de logements sociaux ! Sortons de ce paradoxe français pour rassembler les franciliens plutôt que de les opposer...

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N'abandonnons pas l'avenir de l'Île-de-France aux idéologues
de l'écologie extrêmes
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Publié le 20 juillet 2007

Par Roger Karoutchi, secrétaire d'État chargé des relations avec le Parlement, président du groupe majorité présidentielle au conseil régional d'Île-de-France.

Qui connaît le SDRIF ? Le Schéma directeur de la Région Île-de-France (SDRIF) n'évoque sans doute pas grand-chose pour le grand public. Et pourtant, il s'agit d'un document de planification essentiel pour l'avenir de la Région capitale. Les enjeux sont considérables puisque ce schéma, opposable à l'ensemble des documents d'urbanisme, devra réglementer l'utilisation des sols de l'ensemble du
territoire francilien jusqu'en 2030 !

Concrètement, il s'agit de déterminer le nombre de logements que l'on doit construire, de décider si l'on doit densifierle coeur de l'agglomération ou urbaniser les zones rurales.
Les transports en commun sont-ils adaptés aux déplacements en grande couronne ? Les choix de développement économique vont-ils permettre de créer de l'emploi ?

Ne nous y trompons pas, il s'agit bien évidemment de définir l'Île-de-France de demain. En définissant le schéma directeur, nous devons répondre à une seule question : comment améliorer le quotidien des Franciliens ? Or, le schéma directeur tel qu'il est présenté ne se préoccupe pas de savoir si les Franciliens seront mieux logés, s'ils se déplaceront mieux ou s'ils trouveront plus facilement un emploi dans leur région. Non, ce schéma, qui a été adopté le 15 février dernier par la majorité PS-PC-Vert du conseil régional d'Île-de-France est un document idéologique et déconnecté des réalités et des attentes de nos concitoyens.
Il veut faire de l'Île-de-France un champ d'expérimentation des thèses environnementalistes extrêmes.


En matière de transport, par exemple, la quasi-totalité des grands projets routiers et autoroutiers est rejetée. Cela démontre une méconnaissance des déplacements des Franciliens. Si chacun s'accorde aujourd'hui sur la nécessité de favoriser l'utilisation des transports en commun, il n'est pas raisonnable d'écarter tous les projets routiers et autoroutiers structurants pour la région.
Parallèlement, la réflexion sur le maillage des transports publics, notamment en grande couronne, est insuffisante, encore beaucoup trop de crédits ne se concentrent que dans l'extrême centre de la Région.

De même, le document contient de graves dérives en matière de logement. Si l'objectif de construction de 60 000 logements par an, fixé avec les services de l'État, correspond à la demande et aux besoins du territoire francilien, les taux imposés de logements sociaux dans le projet de SDRIF outrepassent la loi. En effet, le taux global à atteindre dans vingt ans est de 30 % de logements sociaux, ce qui est irréaliste pour de nombreuses communes.
Cela implique un rythme de construction qui devrait être de 53 % du total des logements construits chaque année avec des sanctions financières ou des modulations négatives de subventions régionales à la clé !

En ce qui concerne la création d'emplois, là encore, le SDRIF fait preuve d'une idéologie aveugle. Sous couvert d'un rééquilibrage Est-Ouest, le schéma écarte purement et simplement le plan de développement de la Défense sans rien proposer de manière concrète pour un grand pôle à l'est... Tout cela pénalise l'ensemble du territoire francilien et son attractivité.


Sur la forme, les élus locaux n'ont pas été suffisamment consultés. Le document tel qu'il est présenté va générer de l'insécurité juridique et des contentieux. En effet, la cartographie approximative qui définit le SDRIF risque de fragiliser l'ensemble du document et engendrer une multitude de recours et annulations de plans d'occupation des sols (POS) ou de plans locaux d'urbanisme (PLU). Pour preuve, la mise en oeuvre du SDRIF suscite de nombreuses craintes de la part des communes et de l'ensemble des conseils généraux de droite comme de gauche de la Région Île-de-France. Ainsi, les conseils généraux des Yvelines, des Hauts-de-Seine et du Val-d'Oise ont émis un avis négatif sur le SDRIF. De même,
les chambres consulaires (chefs d'entreprise, artisans, commerçants...) ont condamné ce schéma, qui est un frein au développement économique et à l'emploi.

De nombreuses lacunes et dérives entachent ce document. Ainsi, le groupe majorité présidentielle UMP que je préside au conseil régional avait voté contre la délibération au mois de février 2007, l'exécutif PS-PC-Vert ayant refusé la plupart des amendements que nous avions proposés.

Aujourd'hui, alors que l'autorité administrative de l'État vient de rendre un avis environnemental réservé sur l'avant-projet de SDRIF et que le premier ministre, François Fillon, vient de préciser au président de la Région Île-de-France l'opposition de l'État à l'actuelle rédaction, il est nécessaire de revoir les grandes lignes de ce schéma qui ne satisfait personne.

Je propose donc la mise en place d'un nouveau groupe rédactionnel composé d'élus régionaux de toutes sensibilités politiques en liaison avec le préfet de région, pour parvenir à l'établissement d'un SDRIF plus réaliste, plus équilibré et plus consensuel qui permette de définir une stratégie globale de développement pour l'avenir de l'Île-de-France.

Au-delà des clivages politiques, il y va de l'amélioration de la vie quotidienne en Île-de-France pour les générations futures.

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