[75] Quand les bandes se déchaînent en plein Paris

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE FIGARO 08/10/09

Les agressions se multiplient lors d'événements festifs dans la capitale.

Longtemps épargnés par les violences qui ternissent à intervalles réguliers d'autres types de rassemblements, plusieurs événements festifs parisiens ont récemment été la cible de bandes «constituées» manifestement originaires de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. Cette semaine, les incidents survenus le 19 septembre dernier en marge de la Technoparade ont d'ailleurs été évoqués lors d'un «débriefing» organisé à la Préfecture de police (PP). À cette occasion, un renforcement des mesures de sécurité entourant ces manifestations a notamment été évoqué. «La présence désormais récurrente de bandes violentes sur la Marche des fiertés gays et lesbiennes, la Fête du baccalauréat ou la Technoparade constituent à nos yeux un phénomène inquiétant», explique en effet Jean-François Demarais, directeur de l'Ordre public et de la circulation à la PP.

D'une gravité limitée au regard de l'ampleur de ces événements, qui rassemblent pour certains plus de 100 000 personnes, plusieurs incidents ont tour à tour retenu l'attention des autorités. En juin 2008, le pique-nique géant organisé sur le Champ-de-Mars pour célébrer la fin des épreuves du bac a été gâché par l'irruption d'environ 300 jeunes qui, agissant par petits groupes, ont sporadiquement dépouillé des lycéens avant de s'affronter aux forces de l'ordre et de saccager plusieurs boutiques situées rue du Commerce. Aux printemps 2008 et 2009, les deux dernières éditions de la Marche des fiertés ont par ailleurs été marquées par la présence de bandes faisant planer un sentiment d'insécurité sur le cortège. «Si aucun événement grave n'a été constaté, nous observons un climat de plus en plus tendu en fin de journée, aggravé par la consommation massive d'alcool», précise Yan Van den Bosch, organisateur.

 

«Venus pour dépouiller»

 

Samedi 19 septembre, c'est sur la place de la Bastille que des bandes regroupant plusieurs dizaines de fauteurs de troubles, présentes autour du cortège depuis le pont de Sully, ont subitement fondu sur les fêtards. «Venus pour dépouiller des portables, ils portaient apparemment des signes de reconnaissance et se déplaçaient de façon assez organisée», remarque Brice Mourer, président de l'association organisatrice Tecnopol. «Certains d'entre eux semblaient chercher à diriger le mouvement, criant “9-3” ou “9-4” pour rallier leurs troupes» , commente par ailleurs Jean-François Demarais.

Déjà confrontés à ce type d'événements l'an dernier, les organisateurs de la Technoparade avaient cette fois musclé leur dispositif «sécurité et protection civile», dont le coût atteint désormais 50 000 euros. Vers 18 heures, ils ont toutefois été contraints d'écourter la fête, tandis que les services de secours ont procédé, toutes causes confondues, à quelque 80 interventions ainsi qu'à une vingtaine d'évacuations. Au total, 95 personnes ont été interpellées par la police, donnant lieu à une trentaine de gardes à vue.

Abondamment diffusées sur plusieurs sites d'extrême droite, au grand dam des organisateurs de la Technoparade qui «rejettent toute tentative de récupération politique», les vidéos de ces incidents ont ému certains élus parisiens. Tout récemment, l'adjoint au maire de Paris chargé de la sécurité, Georges Sarre, a d'ailleurs demandé à la PP de lui communiquer des informations sur le phénomène. «Nous ne doutons pas que la police va se pencher très sérieusement sur les violences qui entourent désormais certains rassemblements parisiens», relève-t-on dans son entourage.

Pour sa part, la police planche déjà sur la prochaine édition de la Technoparade. Et n'exclut pas de déployer pour l'occasion, comme cela se pratique pour certaines manifestations lycéennes, des fonctionnaires en civil qui seraient chargés d'aller débusquer les groupes à risque sur le réseau de transport francilien - avant même qu'ils n'arrivent dans la capitale.

 

 

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