[92] Epad : Jean Sarkozy renonce à la présidence

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE MONDE 21/10/09

Jean Sarkozy a annoncé jeudi 22 octobre au journal de France 2 qu'il renonçait à briguer le 4 décembre la présidence de l'EPAD, établissement public de La Défense pour échapper aux soupçons de népotisme qui pèsent sur cette promotion programmée. Estimant que le fait d'être candidat à une élection n'était jamais "une erreur", le fils cadet du chef de l'Etat a dénoncé la "campagne de manipulation et de désinformation" qui l'avait finalement amené à faire le "choix de la raison".

Je ne veux pas d'une victoire qui porte le poids d'un tel soupçon. Je n'accepte pas que ce soupçon de favori, de passe-droit ou de traitement de faveur puisse peser", a ajouté Jean Sarkozy, 23 ans, conseiller général des Hauts-de-Seine et étudiant en deuxième année de droit. "Je serai candidat au poste d'administrateur de l'Epad [qui se tient vendredi] mais si je suis élu je ne briguerai pas la présidence".

Sa candidature à la direction du premier quartier d'affaires d'Europe avait provoqué un tollé au sein de l'opposition et semé le trouble jusque dans les rangs de la majorité où l'on redoutait les répercussions électorales de cette polémique. Le président du MoDem François Bayrou avait pour sa part qualifié d'"abus de pouvoir énorme" cette candidature. Face à cette levée de boucliers, le président était lui-même monté au créneau pour défendre son fils. A travers lui, "c'est moi qui suis visé", avait assuré Nicolas Sarkozy dans son interview au Figaro du 16 octobre.

L'ambition du jeune homme à prendre la tête de l'EPAD se heurtait également à l'incompréhension du public. Selon un sondage CSA paru dans Le Parisien/Aujourd'hui en France vendredi dernier, près des deux tiers des Français (64 %) et plus de la moitié des sympathisants de droite (51 %) critiquaient cette candidature.


La classe politique salue le "courage" et la "sagesse" de Jean Sarkozy

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 22.10.09

L'annonce du renoncement de Jean Sarkozy à briguer la tête de l'EPAD a été unanimement saluée par la classe politique, jeudi 22 octobre, l'UMP mettant en avant son "courage" tandis que le PS se réjouissait du fait que le fils du chef de l'Etat ait "reculé" face à la pression populaire.

L'intervention du jeune conseiller général des Hauts-de-Seine a été immédiatement saluée par la conseillère générale (PCF) des Hauts-de-Seine, Nadine Garcia, elle-même candidate à la tête de l'établissement. Elle a évoqué "une grande victoire de tous ceux qui se sont mobilisés contre cet acte de népotisme". Selon la conseillère générale de Nanterre, les nombreuses réactions qui ont accompagné cette candidature, "en France et à l'étranger", ont "tourné le pays en ridicule".

Brice Hortefeux, ministre de l'intérieur, a affirmé que Jean Sarkozy avait pris "une décision courageuse et d'apaisement". "C'est une démarche personnelle qui l'honore", a-t-il poursuivi.

Pour le porte-parole du PS Benoît Hamon, la décision de Jean Sarkozy n'a au contraire rien de personnel. Il estime que c'est le président de la République qui a "reculé" devant "l'indignation" des Français et a demandé à son fils Jean Sarkozy de "renoncer". "C'est bien qu'il soit revenu sur terre" et "ait reculé sur une décision qui était inacceptable et incompréhensible", a insisté M. Hamon.

Pour Henri Emmanuelli (PS), Jean Sarkozy a eu "un accès de lucidité. Médicalement parlant, c'est rassurant. C'est une grave erreur qu'ils étaient en train de commettre".

Le porte-parole adjoint de l'UMP Dominique Paillé a quant à lui salué "le courage et l'abnégation de Jean Sarkozy". "Je suis convaincu que les Français qui doutaient de sa valeur personnelle ont pu vérifier ce soir à travers ses propos son sens de l'intérêt général, sa stature et son talent", a-t-il ajouté.

Claude Bartolone (PS) fait part de sa surprise face à ce renoncement : "C'est vraiment que la pression de l'opinion publique a dû être plus forte que ce que je ressentais. Dans la population, on sentait que cette caricature était devenue une caricature du système de Sarkozy père. C'est plutôt un recul stratégique. Il va falloir démontrer que c'est une simple posture et que c'est la politique cachée par tout ce système qu'il va falloir continuer à combattre".

Le collectif  Sauvons les riches s'est félicité de la décision de Jean Sarkozy à qui il avait décerné un "diplôme de fils à papa". Jean Sarkozy "a pris conscience qu'il se trouvait dans l'impasse et qu'il ne devait pas suivre les pas de son père", "on a déjà sauvé quelqu'un!". La manifestation prévue par le collectif vendredi à 10 heures devant le conseil général des Hauts-de-Seine est maintenue "pour fêter ça".

Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au logement et à l'urbanisme et à ce titre tutelle de l'Epad, a salué pour sa part le "courage" et la "grande maturité politique" de Jean Sarkozy.

Le député UMP Gilles Carrez s'est dit "très impressionné par la qualité du travail" de Jean Sarkozy dans les Hauts-de-Seine. "Donc la première chose que je veux dire c'est que Jean Sarkozy est un conseiller général qui fait remarquablement son travail", a déclaré le rapporteur de la commission des finances. "A partir du moment où ses qualités ne pourront dans l'avenir que s'imposer, j'estime qu'il a pris une décision très sage en renonçant à la présidence de l'EPAD", a-t-il ajouté.


Publié dans 92 - Hauts de Seine

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