[92] La Défense, vitrine nationale et pré carré de l’UMP

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LIBERATION 09/10/.09 I TONINO SERAFINI

Un vaste plan de relance du quartier est en cours prévoyant 300 000 m2 de bureaux en plus.

Depuis toujours sanctuaire des gaullistes puis des sarkozystes, l’Etablissement public d’aménagement de la Défense (Epad), va avoir à sa tête un homme de confiance, en la personne du fils du chef de l’Etat. Ce quartier d’affaires, avec ses tours aux façades de verre et ses 3,3 millions de mètres carrés de bureaux, est la vitrine de la France dans les milieux économiques internationaux. La Défense c’est 2 500 entreprises, dont de nombreux sièges sociaux d’entreprises multinationales, et 150 000 emplois dont 49 % de cadres.

Un plan de relance de ce quartier est en cours : il prévoit notamment la construction de 300 000 m2 de bureaux de plus. Mais l’Epad, qui a épuisé ses terrains à bâtir, est à l’étroit sur ses 160 hectares situés essentiellement sur les communes de Puteaux, Courbevoie. Qu’a cela ne tienne : le gouvernement s’apprête à publier un décret pour fusionner l’Epad avec l’Etablissement public Seine-Arche (Epasa) qui aménage 320 hectares sur la commune de Nanterre, dirigée par un communiste, Patrick Jarry. La nouvelle entité s’appellerait l’Etablissement public d’aménagement la Défense-Seine Arche (Epasda). Et on ajouterait dans la corbeille de la mariée près de 300 hectares de terrains situés sur les communes de Nanterre (encore elle) et de La Garenne-Colombes.

A l’horizon de 2010, Jean Sarkozy deviendrait ainsi le président de cet Epasda, qui aurait la main sur une zone de 770 hectares dont 520 situés sur la seule commune de Nanterre. Ainsi l’aménagement de 50 % du territoire de cette ville échapperait à ses élus. «Du jamais vu depuis le vote des lois de décentralisation. Nanterre fait l’objet d’un traitement particulier que rien ne justifie», s’indigne Patrick Jarry. Le maire annonce des recours devant la justice administrative et des pétitions qui «seront portées à l’Élysée» pour que «Nanterre reste maître de son aménagement et de son devenir».

Le bien fondé d’une présidence de l’Epasda par le fils du chef de l’Etat est vertement contesté. «En quoi Jean Sarkozy, conseiller général élu dans un canton de Neuilly, est-il légitime à présider l’établissement public alors que sa commune ne fait même pas partie du périmètre d’aménagement dont il est question ?» dit Marie-Laure Meyer, conseillère régionale (PS) et membre de l’actuel conseil d’administration de l’Epad. Outre cette question sensible de la présidence du futur établissement, Nanterre aurait une représentation réduite à portion congrue au sein de son Conseil d’administration avec deux sièges sur quinze. «C’est la politique du deux poids deux mesures, nous sommes revenus aux heures les plus sombres de l’Etat RPR», pointe Patrick Jarry.

A insi Hervé Marseille, conseiller général (Nouveau Centre) qui a opportunément démissionné de l’Epad pour laisser son siège à Jean Sarkozy, aurait sa récompense avec une nomination au Conseil économique, social et environnemental (Cese). «La Défense c’est une chasse gardée élyséenne, comme si c’était le cœur nucléaire de l’UMP», ironise Patrick Jarry. Pour défendre son territoire contre un aménagement imposé par le haut, le maire de Nanterre aura pour seule arme la délivrance des permis de construire qu’il pourra fait traîner pour infléchir les diktats.





Publié dans 92 - Hauts de Seine

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