[92] Polémique autour de l'arrivée de Jean Sarkozy à l'Epad

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE FIGARO 10/10/09 I J.B. (lefigaro.fr) Avec AFP et AP

«Je suis président de la majorité départementale depuis maintenant près de deux ans et, à ce titre, j'ai eu à connaître de tous les dossiers qui intéressent le département», justifie Jean Sarkozy. 

Ségolène Royal, Cécile Duflot ou François Bayrou montent au créneau pour dénoncer l'arrivée prochaine du fils du chef de l'État à la tête de l'organisme qui gère l'aménagement du plus grand quartier d'affaires d'Europe.

Que Nicolas Sarkozy s'occupe «de l'intérêt général» plutôt que de «placer son fils», Jean Sarkozy. La charge est signée Ségolène Royal, dimanche soir au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI. Elle n'est pas isolée. Depuis l'annonce jeudi de la candidature du fils du chef de l'État, conseiller général UMP des Hauts-de-Seine, à la présidence de l'établissement public d'aménagement du quartier d'affaires de La Défense, les réactions fusent à gauche. Si Jean Sarkozy «ne portait pas le nom qu'il porte, est-ce qu'il serait à la place à laquelle il est aujourd'hui ?», s'est ainsi interrogée Royal. «La République, c'est quoi ? C'est la reconnaissance des places de chacun en fonction de ses mérites propres, pas en fonction du nom qu'il porte», a-t-elle lancé. La présidente de Poitou-Charentes a aussi fait allusion aux «enjeux», selon elle, de cette nomination. «Ça peut toujours servir avant une prochaine élection présidentielle, si vous voyez ce que je veux dire, de détenir ainsi des clefs et de brasser des milliards d'euros», a-t-elle lâché, sans en dire plus.

Même tonalité dans les critiques de Cécile Duflot. «Dès qu'on sort des limites de l'Hexagone, les gens trouvent ça juste invraisemblable, inouï», a déclaré la secrétaire nationale des Verts. «Il ose tout. Après, tout le monde plie parce qu'il a le nom qu'il a», a-t-elle ajouté tout en soulignant que «les gens (ne doivent pas) être victimes de leur nom» et que Jean Sarkozy «a le droit d'avoir une vie politique bien qu'il soit le fils de son père».

Quant à Laurent Fabius, il a manié l'ironie sur France Inter lundi : «Il nous faut un juriste, il est en deuxième année de droit ; il faut quelqu'un qui connaît bien les affaires, je suis sûr qu'il a des prédispositions ; et puis Martin Hirsch a présenté un plan de promotion des jeunes, Jean Sarkozy rentre dans ce cadre».

Comparant dans une interview au Monde la France de Nicolas Sarkozy à l'Empire romain, le patron du MoDem, François Bayrou, en a également profité pour dénoncer cette nomination. Par ailleurs, une pétition en ligne lancée par le blogueur et conseiller municipal MoDem de Puteaux, Christophe Grébert, rassemblait lundi matin plus de 7.000 signatures. Elle demande au fils du chef de l'État de renoncer à postuler à la présidence de l'Epad car, explique le texte, «il n'a aucune légitimité» pour ce poste. Christophe Grébert précise que «cette nomination commence à faire le tour du monde» et appelle Jean Sarkozy «à ne pas se laisser faire, par cette guerre entre les clans Balkany et Devedjian, qui le pousse vers une fonction qu'il n'est pas à même d'assumer».

 

Jean Sarkozy justifie sa candidature

Le PS et le PCF des Hauts-de-Seine avaient aussi dénoncé vendredi l'arrivée prochaine de Jean Sarkozy. Les élus socialistes se demandent notamment s'il est responsable de confier la présidence de l'Epad à Jean Sarkozy «à la veille d'évolutions importantes de cet établissement public et du site de La Défense». Deux décrets sont actuellement à l'étude, dont l'un vise à étendre le périmètre «d'intérêt national» de La Défense, situé à Puteaux et Courbevoie, à plusieurs communes voisines.

Du côté de la majorité, on défend la candidature du fils du chef de l'État. C'est le cas de Xavier Bertrand qui, dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, estime que «le début du parcours de Jean Sarkozy n'est dû qu'à une seule chose : l'élection». Sur RTL lundi, Hervé Novelli a dénoncé comme «médiocres» les critiques de Ségolène Royal. Parlant à propos de la présidence de l'Epad d'une «fonction honorifique», le secrétaire d'État au Commerce estime que le fils du chef de l'État «a le droit de tenter et de réussir sa carrière».

Jeudi soir, Jean Sarkozy a justifié sa candidature à la tête de l'Epad. «Je suis président de la majorité départementale depuis maintenant près de deux ans et, à ce titre, j'ai eu à connaître de tous les dossiers qui intéressent le département», a notamment déclaré le fils cadet du chef de l'Etat à France Inter.

Concrètement, l'un des deux administrateurs de l'Epad issus du conseil général des Hauts-de-Seine, le conseiller général Nouveau Centre Hervé Marseille, a indiqué jeudi qu'il démissionnerait de son poste à l'Epad. Cette place vacante permettrait ainsi à Jean Sarkozy d'entrer au conseil d'administration de l'établissement, puis d'en briguer la présidence. La prochaine réunion du CA de l'Epad est prévue le 4 décembre prochain. Auparavant, la candidature de Jean Sarkozy devrait être présentée le 23 octobre devant le conseil général des Hauts-de-Seine. La présidence de l'Epad est actuellement occupée par Patrick Devedjian, atteint par la limite d'âge de 65 ans. «Aux âmes bien nées la valeur n'attend point le nombre des années, c'est connu», a commenté ce dernier, jeudi sur Europe 1.

Publié dans 92 - Hauts de Seine

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