Anne Hildalgo : "le projet de métro dans le cadre du Grand Paris assèche les financements"

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LA TRIBUNE I 09/10/09

Pour faire face à Valérie Pécresse (UMP) et Cécile Duflot (Verts), qui mèneront la bataille des élections régionales de mars 2010, le Parti socialiste met en avant Anne Hidalgo. La conseillère régionale sortante et première adjointe de Bertrand Delanoé à la mairie de Paris conduira la liste Socialiste à Paris. Une façon, si elle l'emporte, de prendre date pour l'éventuelle succession du maire de Paris.

La Tribune - Vous avez annoncé que vous conduiriez la liste socialiste pour les élections régionales d'Ile-de-France, pourquoi ?

Anne Hidlago - J'ai annoncé que j'étais candidate à la candidature. Il est très important de marquer, pour Paris, l'importance de la région. Paris a besoin de la région pour porter des projets progressistes -en matière de transports, de déplacements, de logement social, d'investissement dans le domaine culturel, dans le monde associatif, dans la vie économique et l'innovation, la recherche.

- Quelles synergies avec la région peuvent-être visibles pour les Parisiens ?

- Par exemple, le tramway parisien cofinancé à l'époque par la Ville, la Région et un peu l'Etat. Nous souhaitons le prolonger de la porte de la Chapelle à la porte d'Asnières, mais l'état ne veut pas cofinancer. Les quelque 700 millions d'euros que coûte le tramway sont financés par la Région et la Ville. Dans notre projet de 40.000 logements sociaux, la Ville de Paris en a financé 30.000 sous la mandature précédente, avec l'aide de la Région. Paris participe à l'établissement public foncier régional (EPFR) pour batir ces logements. Avec Mme Pécresse, je n'imagine pas qu'on puisse faire du logement social, notamment dans les arrondissements de l'Ouest parisien. Le département des Yvelines, d'où est issue Mme Pécresse, n'est pas présent dans l'EPFR.

- Quels sont vos projets pour la Région ?

- La filière bio. C'est un dossier que je veux porter à Paris. Aujourd'hui, pour étendre cette filière, les collectivités sont confrontées à la difficulté de l'approvisionnement. Le défi est de trouver des producteurs. La Région s'engage, investit dans l'aide aux agriculteurs, à l'accroissement de cette filière. Aujourd'hui nous avons à Paris beaucoup d'association sous forme d'AMAP*. Les files d'attente pour adhérer aux Amap s'allongent car nous manquons de producteurs. Il y a des terres qui pourraient être réservées à cette filière, comme dans les Yvelines par exemple plutôt que de vouloir construire, comme le souhaite le Premier ministre, un circuit de formule 1. Je veux que les Amap soient aidées, pas subventionnées. Il y a deux façons de le faire : trouver des producteurs pour répondre aux besoins des populations. La Région peut aider à travers la reconversion de terres et des aides à l'installation. Une piste se situe au niveau de l'économie sociale et solidaire qu'il faut mettre en projet. L'objectif sera de favoriser les emplois aidés, de favoriser l'insertion. Les Amap, qui interviennent sur la question de la nourriture saine et écologique, peuvent, je pense, jouer un rôle social en aidant à l'insertion de publics défavorisés. On doit aussi réfléchir pour que les produits vendus par les Amap soient accessibles au plus grand nombre. Je veux porter cette idée.

- L'un des sujet d'actualités sur l'avenir de la Région c'est bien sur la question des transports...

- Quand Jean-Paul Huchon à pris la présidence du Stif, en 2005, après des années de non investissement par l'Etat qui a littéralement abandonné la région, les collectivités se sont mobilisées. Mais elles ne peuvent supporter seules de tels investissements. Elles ont besoin d'aides de l'Etat. Nous avons travaillé avec les départements sur un plan d'urgence de 18 milliards d'euros pour améliorer les transports en commun. D'ores et déjà, nous avons engagé la modernisation des RER, des bus, nous sommes favorables à Arc express pour desservir la zone dense autour de Paris sous forme multimodale (métro, tramway, bus etc...) et nous poussons la SNCF à investir pour améliorer son réseau. Nous allons également mettre en chantier le nouveau forum des halles à l'horizon 2015, qui, en terme de trafic passager, est la première gare parisienne avec 700.000 voyageurs/jours.
Notre plan d'urgence pour les transports en île-de-France (2010-2014) est prêt. Nous, collectivités, mettons sur la table 12 milliards d'euros. Le budget de la région est de 4,5 milliards, celui de la ville de Paris de 7,3. Cela vous montre l'effort que nous engageons. Il nous manque 6 milliards pour pouvoir réaliser nos projets afin de traiter. Mais le projet de métro porté par Christian Blanc dans le cadre du Grand Paris assèche les financements dont les franciliens ont besoin maintenant pour voyager mieux. L'Etat à travers son projet de Grand Paris est en train de dire aux usagers de la ligne 13 ou du RER : il va falloir que vous attendiez 2035 pour que cela s'améliore.

* Que sont les AMAP ?

Ces Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne sont destinées à favoriser l'agriculture paysanne et biologique. Le principe est de créer un lien direct entre paysans et consommateurs, qui s'engagent à acheter la production de celui-ci à un prix équitable et en payant par avance, qui permet à chaque adhérent de recevoir chaque semaine un panier de fruits et légumes par exemple.

Propos recueillis par David Larbre


Publié dans Transports

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