FO : "La RATP fait tout pour faire pourrir les négociations"

Publié le par Association Grand Paris

Les conducteurs RATP et SNCF de la ligne B du RER ont annoncé, mardi, la reconduction de leur grève pour la journée du mercredi 11 novembre. Didier Larrigaldie, ancien mécanicien d'entretien à la RATP et aujourd'hui délégué général de RATP-FO, explique pourquoi le dialogue social est paralysé.

En cause, notamment, les conditions du passage à l'interopérabilité. Auparavant, les chauffeurs de la RATP conduisaient les RER sur les parties exploitées par la RATP jusqu'à gare du Nord, où les cheminots de la SNCF prenaient le relais sur le reste de la rame. Jugé trop long et inefficace, ce système a été supprimé au profit d'un même conducteur – RATP ou SNCF – sur toute la ligne.

Autour de quelles revendications le conflit se cristallise-t-il ?

Le passage à l'interopérabilité a été source de tensions, les deux entreprises n'ayant pas négocié les mêmes avantages pour les agents RATP et pour les cheminots. Aujourd'hui, les conducteurs de RER de la RATP reçoivent une prime mais on souhaiterait que cette prime soit incluse dans nos salaires, pour qu'une fois retraités, celle-ci augmente un peu nos revenus. A ce problème spécifique à la ligne B, viennent s'ajouter des revendications concernant nos conditions de travail : des plannings de plus en plus serrés, pas d'embauche de nouveaux conducteurs, probablement aucune augmentation des salaires sur 2009, et un sentiment général de ras-le-bol de la part des syndicats qui ont le sentiment de ne pas être pris au sérieux.

Pourquoi le dialogue avec la direction est-il si difficile à mettre en place ?

On constate déjà un gros problème à ce sujet sur les lignes A et B du RER depuis maintenant plusieurs années. On a connu, en trois ans, trois directeurs de la branche RER, ce qui n'aide pas au dialogue. La directrice générale adjointe de la RATP, également directrice des ressources humaines, est partie début octobre et n'a toujours pas été remplacée : le directeur de la RATP, M. Mongin, est tout seul. On a le sentiment qu'il n'y a plus de pilote dans l'avion. L'entreprise essaie de colmater les brèches, mais dans le processus de négociations, on enchaîne les petites réunions insignifiantes, et au final rien n'avance. La RATP fait tout pour faire pourrir les négociations. Les syndicats, face au "laisser-faire" de la direction, ne peuvent qu'avoir recours à la grève pour être pris au sérieux.

Quelles solutions peuvent-être envisagées?

Il faut qu'une réelle discussion s'instaure, à la place de ce dialogue de sourds. Les syndicats se battent pour obtenir des réunions en ce moment, la direction fait semblant d'écouter mais ne s'en émeut pas plus que ça. Les réunions se poursuivent mercredi, et nous verrons quelle en sera l'issue. Aujourd'hui, on veut que le métier soit reconsidéré : un certain nombre d'aménagements ne coûterait rien et ne demande qu'un peu de volonté pour être mis en place.

 

Propos recueillis par Célia Héron LE MONDE 10/11/09

Publié dans Transports

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