L'Assemblée adopte sa future carte électorale

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE FIGARO Sophie Huet I 20/10/2009

Le redécoupage des circonscriptions est critiqué par la gauche et par les députés dont le territoire est supprimé.

Les députés de la majorité ont donné mardi leur feu vert au projet de redécoupage des circonscriptions législatives, par 302 voix contre 215 (PS, PCF, Verts). Ils ont ainsi ratifié l'ordonnance présentée par le gouvernement qui modifie, en fonction du dernier recensement de la population, les 577 circonscriptions (dont le nombre reste inchangé). 33 seront supprimées et 33 seront créées lors des élections législatives de 2012, dont 11 sièges de députés représentant les Français de l'étranger.

Huit députés UMP ont voté contre le projet présenté par Alain Marleix, secrétaire d'État aux Collectivités territoriales. Cinq d'entre eux pour protester contre la suppression de leurs circonscriptions : Jean Auclair (2e de la Creuse), Marie-Anne Montchamp (7e du Val-de-Marne), Pierre Morel-à-L'Huissier (2e de la Lozère) Jean-Marie Morisset (3e des Deux-Sèvres) et Jean Ueberschlag (4e du Haut-Rhin).

Trois autres UMP ont voté contre pour protester contre le redécoupage dans leurs propres fiefs, Étienne Blanc (3e de l'Ain), Étienne Pinte (1re des Yvelines), qui est également hostile à la création de sièges de députés des Français de l'étranger, et Marie-Jo Zimmermann (3e de Moselle). Trois députés UMP se sont abstenus : Jean-Pierre Dupont, élu de la 3e de Corrèze, qui disparaît dans le redécoupage, Francis Saint-Léger (1re de Lozère, département qui ne comptera plus qu'une seule circonscription) et Michèle Tabarot (9e des Alpes-Maritimes). La nouvelle présidente de la commission des affaires culturelles de l'Assemblée entend ainsi protester contre un redécoupage qui prive sa circonscription d'un accès au littoral.

Dix-huit élus du Nouveau Centre ont voté pour, un seul a voté contre, Philippe Folliot (3e du Tarn, département dont le redécoupage est contesté tant à droite qu'à gauche), et un dernier s'est abstenu, Jean Dionis du Séjour (1re du Lot-et-Garonne). Chez les non-inscrits enfin, les trois élus villiéristes (Véronique Besse, Dominique Souchet et François-Xavier Villain) ont voté pour le redécoupage, ce qui traduit l'entrée récente de Philippe de Villiers au comité de la majorité. Et Daniel Garrigue (ex-UMP) a voté contre. Le député de la Dordogne confirme ainsi qu'il a bel et bien basculé dans l'opposition à Nicolas Sarkozy.

 

«Analyse erronée»

En séance, Bruno Le Roux (PS) a martelé que le gouvernement avait mené un «travail partisan» et qu'il faudrait désormais 51,4 % des voix à la gauche pour devenir majoritaire à l'Assemblée. Alain Marleix, qui n'a pas repris la parole mardi après-midi, avait eu l'occasion, la semaine dernière, de s'inscrire en faux contre les «affirmations mensongères» du PS. Le secrétaire d'État aux Collectivités territoriales a toujours affirmé que sur les 33 circonscriptions législatives supprimées, 18 sont de gauche et 15 de droite (et non pas 23 de gauche et 10 de droite, selon le chiffre avancé par le PS).

Le ministre a aussi répondu que les simulations du PS, pour souligner qu'il faudrait désormais 51,4 % des voix à la gauche pour l'emporter en 2012, «sont fondées sur des raisonnements basés sur les résultats des législatives de 2007, mais en amalgamant le premier et le deuxième tour, ce qui rend l'analyse erronée». Au total, Alain Marleix se félicite que la majorité ait largement approuvé son projet, qui devrait faire l'objet d'un vote conforme au Sénat à la mi-décembre. En attendant d'être déféré au Conseil constitutionnel, que les élus PS ont décidé de saisir.

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