Le 1 % logement veut « un cadrage » sur les rémunérations des collecteurs

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LES ECHOS 03/11/09

Le collecteur Solendi a été épinglé par l'organe de contrôle du 1 % logement, pour avoir octroyé des indemnités de départ trop généreuses à son directeur. Animateur du réseau des collecteurs, l'UESL veut « établir un cadrage général en matière de rémunérations » pour « envoyer un message clair » aux collecteurs.

Le 1 % logement n'en a pas fini avec les casseroles. L'un des collecteurs importants de cette cotisation patronale (0,45 % sur la masse salariale) destinée à la construction et à l'aide au logement des salariés, Solendi, a versé à l'occasion du départ de son directeur général Christian Gazet du Châtelier, en 2007, des indemnités qui tranchent avec les usages de la profession : 1,3 million d'euros brut, soit deux ans de salaire, selon « Le Monde », auxquels s'est ajoutée une retraite chapeau annuelle de 130.000 euros, selon « Le Parisien » d'hier.

L'affaire a été mise au jour par l'Anpeec, l'organisme de contrôle du 1 % logement. « L'anormalité n'est pas dans la procédure mais dans les montants. Le président de Solendi a un mois pour démissionner et le directeur général a six mois pour rembourser le trop-perçu, y compris avec les incidences fiscales et sociales », indique Bernard Capron (CGPME), président de l'Anpeec. A défaut, le ministère du Logement sera saisi pour engager des sanctions, indique-t-il.

Départs dans les états-majors

Ce dossier, s'il date de deux ans, embarrasse le 1 % logement, qui a engagé depuis quelques mois sa restructuration et cherche à restaurer sa réputation. Or le nombre d'organismes collecteurs doit passer, d'ici à la fin du premier trimestre l'an prochain, de 109 à 22 comités interprofessionnels du logement (CIL), ce qui va entraîner des départs dans les états-majors, et donc des velléités de négociations financières.

L'Union d'économie sociale pur le logement (UESL), qui anime le réseau des collecteurs, a engagé au printemps un recensement des conditions de départ des directeurs mais seul l'Anpeec a des pouvoirs de contrôle. « Nous souhaitons qu'il aille jusqu'au bout. On ne fait pas ce travail de restructuration pour avoir des révélations de ce genre », s'agace Jérôme Bédier, élu il y a un an à la présidence de l'UESL au titre du Medef. Il devait évoquer hier soir le dossier avec le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu. Avec l'appui d'un cabinet d'audit, il entend de son côté lancer une enquête auprès des collecteurs pour « établir un cadrage général enmatière de rémunérations » et ainsi « envoyer un message clair aux CIL ». Un objectif que soutient Jean-Luc Behro, vice-président (CFDT) de l'UESL. « La réorganisation du réseau des CIL doit être une opportunité à saisir pour assainir les modes de gestion »,ont indiqué, dans un communiqué, les syndicats, qui demandent aussi davantage d'informations.

Changement de statuts

Mercredi, le conseil d'administration de l'UESL a voté son changement de statuts. En décembre, elle passera d'une structure de conseil d'administration à conseil de surveillance et directoire. A cette occasion, les collecteurs n'auront plus de sièges et patronats et syndicats seront donc représentés à parité ; Jérôme Bédier sera candidat à sa propre succession. La gouvernance de l'Anpeec sera aussi modifiée, avec un contrôle à 100 % par le gouvernement.

 

VERONIQUE LE BILLON, Les Echos

Publié dans Logement - Immobilier

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article