«Le pouvoir se lance dans une reprise en main des collectivités locales»

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LIBERATION 21/10/09

REACTIONS

Le projet de réforme des collectivités locales, présenté ce mardi par Nicolas Sarkozy, fait bondir les élus de gauche qui parlent, entre autres, de «contre-révolution» et de «régression démocratique».


Réforme «stupide», «archaïque», «régression démocratique»... L'opposition ne manque pas d'adjectifs pour dénoncer le projet de réforme des collectivités territoriales présenté ce mardi par Nicolas Sarkozy. Revue des principales critiques.

Jean-Louis Bianco (PS), président du conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, sur RMC: «c'est une réforme stupide, illisible, impraticable. Ca fait partie de la démagogie chère à Nicolas Sarkozy (...) Il parle du millefeuille, de la complexité de nos collectivités locales mais il en rajoute deux couches: les métropoles qui vont être d'immenses machins, et les pôles métropolitains.»

La députée Marie-Françoise Pérol-Dumont (PS), la vice-présidente de l'Association des départements de France: «Sans latitude pour exercer des choix politiques, la collectivité départementale perdra sa raison d'être, transformée de fait en agence de l'Etat, essentiellement chargée de distribuer des prestations sociales! Quant aux communes (...) elles vont peu à peu disparaître, au profit de grandes intercommunalités construites au besoin à la hussarde sous l'autorité des Préfets.»

Pour le Parti communiste, «c'est une régression démocratique sans précédent qui est annoncée. C'est la France des décrets et des préfets que veut le président (...). Il affirme vouloir en finir avec "l'empilement des structures" mais agit en fait pour éloigner la pratique du pouvoir des populations. Il dit permettre ainsi un fonctionnement "à moindre coût": c'est une aberration. La part des élus départementaux et régionaux dans le budget des collectivités est de seulement 0,04%!»

Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche, parle d'«une réforme anachronique et néfaste. Alors que tous nos voisins européens avancent chaque jour vers une organisation institutionnelle plus décentralisée, le pouvoir se lance dans une opération de recentralisation et de reprise en main des collectivités locales (...) Le choix de mener de front la réforme administrative, la réforme fiscale, la réforme des compétences et la réforme électorale est une manière de verrouiller le débat parlementaire.»

François Rebsamen, sénateur-maire PS de Dijon (Côte-d'Or): «Nicolas Sarkozy ne supporte pas l'existence de contre-pouvoirs locaux et veut donc démanteler la décentralisation pour tenter de mettre la main sur les collectivités territoriales (...) Ce projet de loi vise véritablement à réduire le nombre de collectivités gérées majoritairement par la gauche.»

Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de Gauche (PG): «Ce coup de force est une contre-révolution! Pour la première fois depuis 1789, il y aura en France des personnes élues sans avoir jamais été majoritaires dans un vote. Telle est la contre-révolution que vient d'annoncer Nicolas Sarkozy. Pour la gauche ce mode de scrutin est un terrible défi, s'il passe pour les élections territoriales, il finira par passer pour toutes les élections. C'est pourquoi elle doit s'y opposer de toutes ses forces.»

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