P. DEVEDJIAN «Paris Métropole n'a pas respecté ses engagements»

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE FIGARO 02/11/2009 I Propos recueillis par Sophie de Ravinel

«Ile-de-France Métropole affirmera une autre conception de la métropole, moins centrée sur la capitale», estime Patrick Devedjian. Crédits photo : Le Figaro

INTERVIEW - Patrick Devedjian, ministre et président du conseil général des Hauts-de-Seine vient de créer l'association Ile-de-France Métropole.

LE FIGARO. - Onze jours après le retrait par Jean Sarkozy de sa candidature à la tête de l'Epad, quel enseignement tirez-vous ?
Patrick DEVEDJIAN. - Il avait le droit d'être candidat, mais il a eu l'intelligence de se retirer. En démocratie, il ne suffit pas de penser avoir raison, encore faut-il être compris par l'opinion. Et Jean Sarkozy, vu son âge, a tout l'avenir devant lui ! Cette affaire n'a été qu'un épisode, je ne crois pas qu'il y ait de conséquences. À la Défense comme ailleurs, nous devons poursuivre nos projets, sans nous laisser paralyser par les polémiques.

Bien que vous ayez atteint la limite d'âge pour l'Epad, pourquoi, à titre d'intérim, ne pas poursuivre votre mission jusqu'à la fusion avec l'autre établissement public de Nanterre, prévue début 2010 ?
Je ne refuse pas d'être utile, mais je ne suis pas demandeur. D'autres élus que moi sont parfaitement habilités à remplir cette fonction, comme le maire de Puteaux, Joëlle Ceccaldi-Raynaud.

Vous êtes opposé à la nomination d'un administrateur fonctionnaire à la présidence de l'Epad, pourquoi ?
Je suis un peu étonné. Ceux-là même qui la semaine dernière proposaient que les fonctionnaires ne participent pas au vote suggèrent aujourd'hui de choisir un de ces fonctionnaires comme président ! La présidence par un élu équilibre la direction générale qui est occupée par un fonctionnaire. Cet équilibre doit être conservé si on ne veut pas revenir sur un acquis important de la décentralisation, mais aussi sur des pratiques administratives qui, dans un passé déjà ancien, n'ont pas laissé de bons souvenirs. La Cour des comptes l'a souligné à plusieurs reprises…

De votre côté, vous créez une association d'élus franciliens de la majorité.
Ni moi ni aucun des élus qui m'accompagnent dans cette démarche ne sommes des dissidents. Simplement, Paris Métropole n'a pas respecté ses engagements. Les bureaux devaient être constitués à parité, chacun désignant, à gauche et à droite, ses représentants. Or la centaine d'élus de gauche - et quelques-uns de droite - ont verrouillé le bureau. Cela nous a paru inacceptable. Comme nous paraît inacceptable que Paris Métropole, d'instance de dialogue, se transforme en arme de guerre contre le projet gouvernemental du Grand Paris. Enfin, ce syndicat est déjà devenu le pilier de la campagne électorale du président sortant de la région, le socialiste Jean-Paul Huchon. Tout autant inacceptable.

Quel sera l'objet de cette association ?
«Ile-de-France Métropole » répondra à Paris Métropole dans les critiques sur le Grand Paris. Elle affirmera une autre conception de la métropole, moins centrée sur la capitale, et elle sera une instance de concertation entre élus sur les projets en cours, comme les infrastructures, l'avenir de la Défense, mais aussi la réforme fiscale ou la réforme des collectivités… Nous voulons être des interlocuteurs de l'État dans ces domaines, de manière à faire entendre notre voix. Le siège de l'association sera à Roissy-en-France, à la fois symbole international et petite commune de la région.

N'allez-vous pas transformer l'agora voulue par Nicolas Sarkozy en instrument politique ?
Ce n'est pas nous qui l'avons voulu. Paris Métropole a politisé son objet. Nous avons été obligés de suivre. Face à Jean-Paul Huchon, nous dirons Valérie Pécresse comme meilleure réponse pour l'Ile-de-France.

 

>PARIS, 30 oct 2009 (AFP) - 11h24

Devedjian (UMP): "Paris Métropole n'a pas respecté ses engagements"

Patrick Devedjian (UMP), qui vient de créer l'association Ile-de-France Métropole, estime que le syndicat Paris Métropole, issu de la conférence métropolitaine de Bertrand Delanoë (PS), "n'a pas respecté ses engagements". Dans une interview au Figaro de lundi, le ministre et président du conseil général des Hauts-de-Seine (UMP), qui a créé avec des élus franciliens de la majorité Ile-de-France Métropole, indique:" Ni moi, ni aucun des élus qui m'accompagnent dans cette démarche ne sommes des dissidents. Simplement, Paris Métropole n'a pas respecté ses engagements. Les bureaux devaient être constitués à parité, chacun désignant à gauche et à droite, ses représentants". "Or, la centaine d'élus de gauche - et quelques uns de droite- ont verrouillé le bureau", a-t-il ajouté. M. Devedjian juge "inacceptable que Paris Métropole, d'instance de dialogue, se transforme en arme de guerre contre le projet gouvernemental du Grand Paris". Il estime que "ce syndicat est déjà devenu le pilier de la campagne électorale du président sortant de la région, le socialiste Jean-Paul Huchon. Tout autant inacceptable". "Paris Métropole a politisé son objet. Nous avons été obligés de suivre" ajoute M. Devedjian, précisant que "Ile-de-France Métropole répondra à Paris Métropole dans les critiques sur le Grand Paris".

Publié dans Actualité Grand Paris

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