SDF : Trop petits pas

Publié le par Association Grand Paris

Editorial du Monde

Que le gouvernement n'attende pas de nouveaux drames qui voient des SDF mourir de froid et qu'il se préoccupe de rationaliser et de mieux coordonner la politique d'hébergement des sans- abri va indéniablement dans le bon sens. Mardi 10 novembre, Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au logement, a ainsi annoncé la création d'un "service public de l'hébergement et de l'accès au logement des personnes sans abri ou mal logées". Autre point positif : ce plan a été élaboré en bonne intelligence avec les associations "de premier accueil et d'urgence", qui se verront affecter auprès d'elles 2 000 jeunes volontaires du service civique.

A petits pas, une réforme de l'hébergement s'esquisse. Mais s'il vaut mieux ne pas attendre l'urgence pour agir, il y a toujours urgence à définir une politique ambitieuse qui permette à la France de ne plus être ce pays, pourtant prospère, où, au début du XXIe siècle, des personnes jetées à la rue par la misère et la maladie mentale meurent dans l'indifférenc.

Alors candidat à l'Elysée, Nicolas Sarkozy avait eu des mots forts et justes : "Je veux, si je suis élu président de la République, avait-il déclaré le 8 décembre 2006, que, d'ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid. Parce que le droit à l'hébergement, je vais vous le dire, c'est une obligation humaine." On n'était pas loin du "zéro SDF" promis par Lionel Jospin en 2002.

Les intentions étaient louables, mais elles sont très largement restées lettre morte. Il y a toujours en France environ 1 00 000 SDF. La loi sur le droit au logement opposable (DALO), qui aurait dû permettre de donner la priorité au relogement dans le parc HLM de 6 0 000 personnes, est très en deçà des résultats attendus. La construction de logements sociaux est trés en deçà des besoins. Pourtant, il y a deux ans, quand Les Enfants de Don Quichotte avaient brandi leurs tentes pour faire sortir les pouvoirs publics de leur inertie, une "conférence de consensus" avait souligné qu'il était possible d'apporter des solutions réalistes au problème des sans-abri.

En janvier 2008, Etienne Pinte, député UMP, avait proposé, dans un rapport, la nomination d'un "super préfet" pour coordonner ce "chantier national prioritaire 2008-2012". François Fillon avait alors réaffirmé l'objectif que "personne ne soit contraint de vivre dans la rue ".

Les mesures annoncées par M. Apparu vont dans la bonne direction. Il faut s'en féliciter, même si elles ne permettront pas encore de mettre fin à ce qui reste une honte sociale.

LE MONDE 10/11/09

Publié dans Logement - Immobilier

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article