Mardi 9 septembre 2008
PRESSE
20 Minutes, 05/09/2008

Interview de Philippe Panerai, Architecte et urbaniste.

Dans votre livre Paris métropole, formes et échelles du Grand Paris*, vous décryptez les enjeux du Grand Paris. N'est-ce pas ardu ?

C'est un sujet passionnant. Pour la première fois, le débat sur le schéma directeur de la région [Sdrif] a été public. Ces questions ne doivent pas rester secrètes. Ce livre peut, je pense, être tout aussi utile que les réflexions engagées par les dix équipes d'architectes, d'urbanistes et autres professionnels sélectionnées par le président de la République avant l'été.

Quelles clés souhaitez-vous donner aux lecteurs ?

A l'aide de plusieurs cartes, j'explique les différents enjeux sur la mobilité. et puis je compare Paris à d'autres grandes villes comme Londres. Ce qui est curieux, c'est que le Grand Londres, tout le monde connaît. Pour Paris, ce n'est pas le cas.

Les citoyens ne sont-ils pas déjà saturés du Grand Paris ?

Je suis sûr que si on interroge à nouveau les usagers sur les transports de demain, ils seront intéressés. L'amé­na­gement de l'agglomération appartient à tout le monde.

Vous visez doncle grand public ?

J'aimerais bien que ce ne soit pas que des spécialistes. Bon, d'accord, ce n'est pas le roman de l'été... Mais l'été est déjà passé ! (rires).

Sur www.20minutes.fr

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Lundi 11 août 2008
Les centres villes et les coeurs d'agglomérations sont devenus le principal enjeu en matière de développement durable de nos cités, afin de réconcilier écologie, équilibre social et urbain et développement économique.
Une politique ambitieuse d'aménagement du territoire doit établir des priorités claires en matière de transports urbains, de limitation de la croissance urbaine des agglomérations avec l'étalement péri-urbain, ...

Le coeur de la métropole francilienne doit mener des politiques communes afin d'harmoniser ses territoires actuellement morcellés. La création d'une intercommunalité pour la première agglomération française est urgente et les collectivités territoriales et l'Etat doivent accélerer leur dialogue pour créer un Grand Paris

Antonio Duarte


TRIBUNE LIBRE

LE FIGARO
08/08/2008
.

Par François Rivière, président du jury du Concours national des villes. 

L'organisation d'un nou­veau conseil interministériel à la Ville et la multiplication des dé­bats qui en découle sont pour tous ceux qui s'intéressent à ce sujet l'occasion de se poser de nouvelles questions. Beaucoup d'évolutions marquantes de nos villes, ces der­nières années, et les nouvelles ­vi­­sions de la vie qui lui cor­res­pondaient, n'ont été que peu prises en compte.

Cette tendance néfaste qui assimile et réduit la politique de la Ville à une politique des banlieues - tous les Français n'habitent pas en banlieue ! - n'a plus de sens. Elle appelle une rupture avec de vieilles habitudes françaises qui relèvent de notre ma­sochisme national, celui qui consiste à toujours voir d'abord ce qui ne marche pas, comme les banlieues, au lieu de s'appuyer sur des expériences qui font leurs preuves, comme les cœurs de nos villes. Ou encore celui qui prétend opposer systématiquement banlieue et centre-ville, alors que les deux sont complé­men­taires.

Or, il y a également dans les banlieues des quartiers, avec des cœurs de ville auxquels les gens sont attachés.

Alors que, depuis des années, l'attention des pouvoirs publics et des journalistes se focalise sur les problèmes des banlieues, les maires, pendant ce temps, se dé­brouillent, plus ou moins seuls, pour dynamiser le centre de leur municipalité, avec des initiatives originales, souvent magnifiques, qui fleurissent partout et dont personne ne parle.

Phénomène plus extraordinaire encore, ce mouvement de régénération des cœurs de ­ville semble répondre à un souhait profond des citoyens, qui l'ac­compagnent.

Jamais ils ne s'y sont autant identifiés. C'est un lieu de travail, mais également de loisirs, de convivialité, d'échanges et de culture.

Les cœurs de ville ne peuvent être arbitrairement opposés aux aires périurbaines, en réalité si complémentaires, si symbiotiques, parce qu'ils induisent les réformes futures de la gouvernance municipale. Le débat sur le Grand Paris n'est que l'illustration la plus visible de cette nouvelle réalité. Elle suscite aussi d'autres débats dans les villes moyennes.

Le cœur de ville porte en lui des modèles de vie qui plongent leurs racines dans notre histoire nationale et notre civilisation européenne. Il constitue une occasion de miser désormais sur une politique française de la ­ville, plus axée sur la personne que sur des problématiques de bâti.

Car nous avons eu trop tendance à sous-évaluer cette valeur de civilisation partagée que porte en elle-même la cité, question à laquelle le président de la République a si justement souhaité, le 8 janvier 2008, qu'une réponse française soit apportée.

C'est pour toutes ces raisons que j'ai proposé au ministre du Logement un pacte des villes pour vivre tous ensemble, pro­posant des mesures pour infléchir la politique : mieux tirer parti du foncier dans les centres, simplifier les dispositifs de l'État, améliorer l'accessibilité des ­agglo­mé­rations en s'inspirant de l'ex­emple de La Rochelle… Cet ensemble de mesures trouve son aboutis­se­ment dans le Concours national des villes, officiellement lancé au ministère du Logement et de la Ville le 13 juin dernier. Il vise à constituer des «pôles d'excellence de cœur de ville».

Les maires seront les instigateurs et les animateurs de ces pôles. Ils leur permettront de mieux communiquer sur leurs projets de rénovation urbaine, mais aussi de faire valoir des modèles rassemblant le maximum d'acteurs locaux dans une même dynamique.

En somme, il nous faut instituer une culture de l'exem­pla­rité, de la comparaison et de l'évaluation de toutes les per­for­mances, afin de s'inspirer de ce qui marche dans notre pays, plutôt que de se lamenter sur ce qui ne marche pas.

C'est une occasion de greffer, dans les quartiers périurbains et dans les banlieues, des expériences humaines, locales, qui ont fait leurs preuves dans les centres-villes. En somme, de les rassembler dans un même mouvement fructueux.

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Lundi 21 juillet 2008

PRESSE
Par Bertrand GRECO
leJDD.fr

08/07/2008

Une tour en plein coeur du Parc des Exposition de la Porte de Versailles? L'idée semble enthousiasmer aussi bien la mairie de Paris que celle du 15e arrondissement. Elle émane d'Unibail, société de gestion d'immobilier, propriétaire du site. Le projet? Un gratte-ciel pyramidal de 200 mètres de haut, qui abriterait un hôtel 4 étoiles, un palais des congrès, des centres d'affaires...
Le conseil de Paris s'apprête à voter mardi la possibilité de construire des immeubles de grande hauteur sur six sites, le long du périphérique*. L'un d'eux s'est invité de lui-même, à la dernière minute: celui de la Porte de Versailles (15e), où se situe le Parc des Expositions, propriété d'Unibail-Rodamco, initiatrice du projet.

Le Parc des expositions, créé en 1923, est le plus important de France, le 4e en Europe, fort de ses 35 hectares, ses huit halls de 228.000 m² et de ses 7 millions de visiteurs annuels. Il accueille plus de 160 salons par an, dont des manifestations aussi prisées que le Salon de l'agriculture, le Mondial de l'automobile, le Salon du livre, la Foire de Paris, le Salon nautique, etc. "Depuis trois ou quatre ans, face à la concurrence des différents parc européens, nous réfléchissons au renforcement de notre attractivité. Car nous souffrons de notre mono-activité", explique Dimitri Boulte, directeur des grands projets urbain chez Unibail.

Une tour de 200 mètres, pas plus

C'est ainsi, "dans le cadre de la réflexion parisienne sur les hauteurs", qu'est née l'idée bien gardée d'une tour à la Porte de Versailles. Ce bâtiment abriterait un hôtel quatre étoiles de grande capacité (300 à 400 chambres), un palais des congrès, des centres d'affaires... "Il contribuera à maintenir Paris comme première destination du tourisme d'affaires au monde." Le projet n'en est qu'au stade de la "réflexion". Une équipe d'architectes devrait se charger des études d'ici peu. "Nous attendons le feu vert de la ville." Les promoteurs ont déjà une idée bien précise de sa situation: sur avenue Ernest Renan, qui sépare le petit parc du grand parc et relie Paris à Issy-les-Moulineaux (92).

Sa forme? Elle serait pyramidale, afin de limiter au maximum les "ombres portées" et les nuisances pour les habitations alentours, à l'instar de la London Tower Bridge de Renzo Piano. Sa hauteur? Dimitri Boulte reste prudent, mais imagine un immeuble de 200 mètres, "pas plus". Unibail a de l'expérience en la matière, elle développe en ce moment deux importants projets à la Défense: les tours Phare (Thom Mayne) et Majunga (Jean-Paul Viguier).

Chez les politiques, l'idée fait l'unanimité. Anne Hidalgo, première adjointe PS chargée de l'urbanisme et élue du 15e, a accepté bien volontiers d'ajouter la Porte de Versailles aux cinq sites jusqu'ici retenus pour expérimenter la grande hauteur. Même accueil favorable de la part des deux députés de l'arrondissement: Jean François Lamour, président du groupe UMP, et Philippe Goujon, maire UMP. De l'autre côté du périphérique, le maire André Santini (NC) partage l'enthousiasme général. Reste à connaître la réaction des riverains.

*Les six sites sont: Clichy-Batignolles (17e), Porte de la Chapelle (18e), Porte de Montreuil (20e, dédié au numérique), Bercy-Charenton (12e), Masséna-Bruneseau (ZAC Paris Rive Gauche, 13e) et Porte de Versailles (15e).

PRESSE
20 minutes
éditions du 08/07/2008

Le Conseil de Paris donne son aval à la construction de tours


Les rêves de grandeur de Delanoë deviendront-ils réalité? Le Conseil de Paris a entériné ce mardi matin une délibération qui vise à lancer des études pour la construction de tours dans la capitale.

La droite divisée

Le maire (PS) de Paris souhaite des immeubles de 50m qui lui permettraient d'atteindre l'objectif de création de 6.000 logements sociaux par an pendant sa mandature. Il désire aussi des immeubles plus hauts mêlant activités économiques, bureaux, hôtels et habitations (voir carte) sur d'autres sites.

Un projet revendiqué par Delanoë depuis des années mais retoqué lors de la précédente mandature car les Verts avaient fait barrage. Aujour-d'hui affaiblis, ceux-ci n'ont plus le pouvoir de s'y opposer, et se contenteront de petites phrases bien senties. «Les gratte-ciel sont à l'architecture ce que les 4 x 4 sont à l'automobile: de jolis jouets tape-à-l'oeil, symboles de domination et de puissance», aime à affirmer Denis Baupin, l'actuel adjoint chargé du Développement durable.

L'opposition quant à elle est divisée sur le dossier. Les «jeunes» UMP comptaient s'abstenir, même s'ils sont pour les gratte-ciel, afin de ne pas montrer une divergence trop marquée avec la droite plus traditionnelle, qui est contre. «On sent comme une gêne par rapport à la position qu'ils avaient adoptée lors de la mandature précédente», a déclaré Delanoë à leur intention lundi. Car depuis, Nicolas Sarkozy a lancé ses propres concours d'architectes pour imaginer des tours aux portes de Paris.


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Mardi 15 juillet 2008

L'analyse de Luc Bronner sur la crise des banlieues illutre parfaitement la nécessité d'un plan d'aménagement global de la banlieue parisienne pour lui redonner plus d'urbanité et l'intégrer pleinement à l'agglomération parisienne en matière de transports en communs, d'emploi et de solidarités.


Antonio Duarte

TRIBUNE LIBRE

LE MONDE | 14.07.08
Par Luc BRONNER

Depuis vingt-cinq ans, la crise sociale s'incarne à travers ses banlieues populaires et quelques dizaines de villes comme Clichy-sous-Bois, Argenteuil, Vaulx-en-Velin ou Vénissieux, entrées dans l'imaginaire collectif après des émeutes ou des épisodes de violences. Autant de territoires qui symbolisent les tensions sociales, politiques, voire ethniques, de la société française. Autant de "quartiers sensibles" pour lesquels rien n'indique, malheureusement, une sortie rapide du marasme.

 

Mais cette crise des banlieues en masque une autre : celle qui se prépare, en silence, dans la "grande banlieue" pavillonnaire, au milieu des champs, dans les lotissements "low cost" qui ont poussé comme des champignons à distance des grandes agglomérations. Avec la hausse de l'immobilier, ces espaces, qui illustrent la tendance historique à l'"étalement urbain", ont servi de refuge aux classes populaires et moyennes soucieuses d'accéder à la propriété individuelle. La conjonction des crises pétrolière et immobilière laisse craindre une profonde fragilisation de ces territoires.

1) Les gains réalisés sur le prix du foncier, donc de l'immobilier, risquent de disparaître à cause de l'explosion des coûts de transport dans des territoires où le recours à la voiture est indispensable. D'où des difficultés économiques évidentes pour les familles.

2) Dans le contexte actuel, ces territoires perdent ainsi une bonne part de leur attractivité, ce qui les place en première ligne face à une éventuelle baisse de l'immobilier. D'où un risque de diminution amplifiée des prix.

3) Comme ils sont endettés sur une longue durée (vingt-cinq ou trente ans), ces ménages remboursent essentiellement, les premières années, les intérêts de l'emprunt et seulement une part réduite du capital. D'où une fragilité exacerbée face à l'évolution du marché immobilier.

Ce dernier aspect est une véritable bombe à retardement dans l'hypothèse d'une baisse significative de l'immobilier. Soit parce que ces familles pourraient être amenées à revendre leur bien à perte, avec des conséquences néfastes en termes d'endettement. Soit parce qu'elles subiraient une forme d'"assignation à résidence" : le temps de rembourser une partie suffisante du capital ou d'espérer une remontée de l'immobilier, elles se verraient interdire tout projet de mobilité.

Le piège se referme donc sur ces catégories sociales, engluées dans leur parcours résidentiel, ramenées à ce qui définit le mieux les classes populaires (l'absence de choix) et les classes moyennes (la peur de la relégation dans la strate sociale inférieure). On peut certes se rassurer en estimant que les effets de cette crise des banlieues lointaines seront probablement moins spectaculaires que dans les "grands ensembles", où les tensions sociales se télescopent avec les problèmes d'éducation, d'immigration et de jeunesse. Pas de voitures brûlées, donc. Ni d'épisodes de violences collectives.

La colère risque plutôt de trouver un débouché électoral. Car il est un enseignement du séisme du premier tour de la présidentielle de 2002 sans doute oublié trop rapidement. Dans leur analyse sur le vote Le Pen, des chercheurs, comme Jérôme Fourquet ou Hervé Le Bras, avaient mis en évidence l'importance des zones périurbaines dans la progression du Front national. Lequel avait obtenu d'excellents résultats dans les territoires compris entre 20 et 50 km des centres-villes. Une population que Nicolas Sarkozy avait réussi à arracher au vote protestataire en 2007. Une population qui pourrait être tentée d'exprimer à nouveau, sous une forme ou sous une autre, son ressentiment face à l'effritement de ses rêves de propriétaire et à l'impuissance du politique. Rendez-vous dès 2009 avec les élections européennes...

 

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Mercredi 4 juin 2008
PRESSE
Gurvan Le Guelec
Le Nouvel Observateur

L'architecte star Jean Nouvel a remporté l'appel d'offres pour la construction d'un gratte-ciel «nouvelle génération» qui parachève l'aménagement du quartier d'affaires parisien Un grand parallélépipède creusé de «loggias», sortes de places publiques perchées au-dessus de la ville. Depuis lundi soir, l'on connaît donc la silhouette du futur plus grand building de France. 301 mètres, 190 mètres au-dessus de sa voisine la Grande Arche de la Défense, et 20 mètres de moins seulement que la mythique vieille dame de Gustave Eiffel. Une «tour signal» à 1 milliard d'euros signée Jean Nouvel, qui, après le Musée du Quai-Branly en 2006 et le Pritzker Prize cette année (sorte de Nobel des archis), se pose un peu plus en superstar de l'architecture française. Une tour «nouvelle génération» également, avec ses performances énergétiques hors normes, comme l'Etablissement public d'Aménagement de la Défense (Epad), organisateur du concours, l'avait exigé. Mais un joyau un peu original tout de même. Alors que l'air du temps est aux formes déconstruites, sinon tarabiscotées, Nouvel a opté pour un monolithe «sobre et massif», afin d'«aller dans le sens du calme» et de donner un peu de cohérence à cette Défense, «accumulation d'objets hétéroclites». Pour en arriver là, Nouvel a battu quelques ténors qui, loin de calmer la donne, faisaient plutôt dans le fantasque : Libeskind et son cristal «multifacetté», Ferrier et son H massif, Wilmotte et sa corde à trois pieds, Foster et sa cigarette russe. Il faudra aussi jauger de la complémentarité entre la tour Signal et sa future comparse, la tour Phare de l'Américain Thom Mayne près de 300 mètres et pas un seul angle droit prévue à trois pas de là, de l'autre côté de la Grande Arche. Si polémique il y a, elle ne devrait pas dépasser toutefois le cercle restreint des initiés. La Défense est en effet un endroit étrange, une île de béton à cheval sur deux communes (Puteaux et Courbevoie), mais disposant d'un parfait statut d'extrater ritorialité. Alors que le moindre édicule de plus de sept étages provoque des tollés à Paris, les architectes y érigent leurs totems en paix. Sans que le citoyen lambda ne puisse dire grand-chose (l'Etat, via l'Epad, y est tout-puissant). Et sans qu'il ne montre d'ailleurs un grand intérêt pour la question. Ainsi des jeunes auditeurs de KPMG, futurs voisins du mastodonte, qui trois jours avant l'annonce du lauréat ignoraient encore tout du projet. A la décharge des Défensiens (150 000 salariés et 20 000 habitants), il faut avouer que le rythme des annonces ces derniers temps prête à confusion. Sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy, ancien président de l'Epad et patron des Hauts-de-Seine, la Défense ne se contente plus d'accueillir la fine fleur du capitalisme français. Elle affiche crânement son succès. Construire plus pour travailler plus et pour gagner plus, oserait-on dire. Annoncé en fanfare à l'été 2006, le plan de relance de la Défense a ainsi autorisé la construction de 450 000 m2 de bureaux supplémentaires (en sus des 140 000 m2 de la tour Signal), qui se déclineront en une demidouzaine de gratte-ciel. Tous translucides, tous design, tous développement durable. Ce qui est moins développement durable, en revanche, c'est le décalage inquiétant entre le programme de constructions et la mise en place des infrastructures de transport idoines, comme le note Jean-André Lasserre, chef de file du PS à Courbevoie. Et ce alors que le marché du logement local s'avère de plus en plus tendu. M. Lasserre a toutefois évité le pire. Parmi les cinq projets, l'un celui de Jacques Ferrier proposait carrément de détruire des logements HLM pour édifier une tour résidentielle grand luxe, à 10 000 euros le mètre carré. La tour Signal ne pouvait pas se permettre pareille tocade. Car cette tour, dont l'Epad vante la «très haute qualité émotionnelle» (sic !), est bien là pour se faire aimer. Contrairement à ses homologues, Signal sera ainsi une tour vivante, animée et mixte. Une mixité que l'on retrouvera dans les programmes (hôtel, logements, bureaux, équipement public, superposés par blocs de haut en bas), mais aussi dans la structure du bâtiment. Tout en apportant une régulation climatique, les fameuses loggias (ouvertes en été, fermées par des verrières en hiver) constitueront des «lieux d'accès depuis la ville» sur toute la hauteur du bâtiment. Un sacré pari. Qui devrait générer un surcoût d'au moins 25% par rapport à des tours de bureaux classiques. L'investisseur espagnol (déjà à l'origine de la tour Agbar à Barcelone) y retrouvera-t-il ses petits ? Oui, sûrement. Le label tour Signal lui apportera un bénéfice d'image et un accès à un foncier de plus en plus rare. Le site choisi par Jean Nouvel est en effet propriété de la puissance publique. Et pour cause, c'est un échangeur routier. Encadré par un écrin d'immeubles de bureaux, le «plat de nouilles» comme on l'appelle présente un très beau potentiel, pourvu qu'on le relie au reste du quartier. A cette fin, Nouvel a prévu d'étendre la dalle et de créer un «immeuble-placard» le long de la vilaine façade arrière du centre commercial des Quatre Temps. Pour créer «un effet esplanade». Très émotionnel, bien sûr.
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Mardi 3 juin 2008
PRESSE
20 MINUTES
27/05/08

Nathalie GRUET

Des tours dans le 17e ? Bertrand Delanoë est pour. Hier, en marge du Conseil de Paris, le maire PS a déclaré que « si Anne Hidalgo [son adjointe chargée de l'Urbanisme] trouvait opportun de construire des bâtiments d'habitation de cinquante mètres aux Batignolles (17e) et des immeubles qui dépassent ces cinquante mètres pour y mettre des activités, je ne m'y opposerai pas ». Comprendre qu'il s'agit désormais d'une consigne donnée à ses équipes. Il envisage d'« ajouter cette zone aux trois autres » déjà évoquées durant la campagne municipale pour y construire des immeubles de grande hauteur, Massena (13e), Bercy (12e) et porte de la Chapelle (18e). Malgré un plan local d'urbanisme voté par sa majorité en 2006 qui prévoit une hauteur maximum de trente-sept mètres pour toute nouvelle construction.

Le maire de Paris a rencontré en fin de semaine dernière Brigitte Kuster, la nouvelle maire (UMP) du 17e arrondissement, qui a « l'air ouverte » sur la question, selon lui. Anne Hidalgo, qui va suivre ce dossier, envisage des moyens de concertation « innovants » pour faire accepter ces tours aux Parisiens. « Des groupes de travail thématiques, des forums sur un site Internet dédié », avance-t-elle. Les problématiques d'urbanisme mobilisent la Ville, qui a relancé le dossier des Halles, partiellement bloqué, lors d'un comité de concertation jeudi dernier.


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