Les centres villes et les coeurs d'agglomérations sont devenus le principal enjeu en matière de développement durable de nos cités, afin de réconcilier
écologie, équilibre social et urbain et développement économique.
Une politique ambitieuse d'aménagement du territoire doit établir des priorités claires en matière de transports urbains, de limitation de la croissance urbaine
des agglomérations avec l'étalement péri-urbain, ...
Le coeur de la métropole francilienne doit mener des politiques communes afin d'harmoniser ses territoires actuellement morcellés. La création d'une
intercommunalité pour la première agglomération française est urgente et les collectivités territoriales et l'Etat doivent accélerer leur dialogue pour créer un Grand Paris
Antonio Duarte
TRIBUNE LIBRE
LE FIGARO
08/08/2008
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Par François Rivière, président du jury du Concours national des villes.
L'organisation d'un nouveau conseil interministériel à la Ville et la multiplication des débats qui en découle sont pour tous ceux qui s'intéressent à ce sujet l'occasion de se poser de
nouvelles questions. Beaucoup d'évolutions marquantes de nos villes, ces dernières années, et les nouvelles visions de la vie qui lui correspondaient, n'ont été que peu prises en compte.
Cette tendance néfaste qui assimile et réduit la politique de la Ville à une politique des banlieues - tous les Français n'habitent pas en banlieue ! - n'a plus de sens. Elle appelle une
rupture avec de vieilles habitudes françaises qui relèvent de notre masochisme national, celui qui consiste à toujours voir d'abord ce qui ne marche pas, comme les banlieues, au lieu de
s'appuyer sur des expériences qui font leurs preuves, comme les cœurs de nos villes. Ou encore celui qui prétend opposer systématiquement banlieue et centre-ville, alors que les deux sont
complémentaires.
Or, il y a également dans les banlieues des quartiers, avec des cœurs de ville auxquels les gens sont attachés.
Alors que, depuis des années, l'attention des pouvoirs publics et des journalistes se focalise sur les problèmes des banlieues, les maires, pendant ce temps, se débrouillent, plus ou moins
seuls, pour dynamiser le centre de leur municipalité, avec des initiatives originales, souvent magnifiques, qui fleurissent partout et dont personne ne parle.
Phénomène plus extraordinaire encore, ce mouvement de régénération des cœurs de ville semble répondre à un souhait profond des citoyens, qui l'accompagnent.
Jamais ils ne s'y sont autant identifiés. C'est un lieu de travail, mais également de loisirs, de convivialité, d'échanges et de culture.
Les cœurs de ville ne peuvent être arbitrairement opposés aux aires périurbaines, en réalité si complémentaires, si symbiotiques, parce qu'ils induisent les réformes futures de la gouvernance
municipale. Le débat sur le Grand Paris n'est que l'illustration la plus visible de cette nouvelle réalité. Elle suscite aussi d'autres débats dans les villes moyennes.
Le cœur de ville porte en lui des modèles de vie qui plongent leurs racines dans notre histoire nationale et notre civilisation européenne. Il constitue une occasion de miser désormais sur une
politique française de la ville, plus axée sur la personne que sur des problématiques de bâti.
Car nous avons eu trop tendance à sous-évaluer cette valeur de civilisation partagée que porte en elle-même la cité, question à laquelle le président de la République a si justement souhaité, le
8 janvier 2008, qu'une réponse française soit apportée.
C'est pour toutes ces raisons que j'ai proposé au ministre du Logement un pacte des villes pour vivre tous ensemble, proposant des mesures pour infléchir la politique : mieux tirer parti du
foncier dans les centres, simplifier les dispositifs de l'État, améliorer l'accessibilité des agglomérations en s'inspirant de l'exemple de La Rochelle… Cet ensemble de mesures trouve
son aboutissement dans le Concours national des villes, officiellement lancé au ministère du Logement et de la Ville le 13 juin dernier. Il vise à constituer des «pôles d'excellence de
cœur de ville».
Les maires seront les instigateurs et les animateurs de ces pôles. Ils leur permettront de mieux communiquer sur leurs projets de rénovation urbaine, mais aussi de faire valoir des modèles
rassemblant le maximum d'acteurs locaux dans une même dynamique.
En somme, il nous faut instituer une culture de l'exemplarité, de la comparaison et de l'évaluation de toutes les performances, afin de s'inspirer de ce qui marche dans notre pays, plutôt que
de se lamenter sur ce qui ne marche pas.
C'est une occasion de greffer, dans les quartiers périurbains et dans les banlieues, des expériences humaines, locales, qui ont fait leurs preuves dans les centres-villes. En somme, de les
rassembler dans un même mouvement fructueux.
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