France : Actualités Territoires

Jeudi 4 juin 2009
PRESSE
LEMONDE.FR avec AFP I 04.06.09

La Ville de Grenoble vient de mettre en place, à titre expérimental, une aide au logement, unique en France, pour les plus démunis habitant le parc privé, une initiative soutenue par le Haut Commissariat aux solidarités actives, a-t-on appris jeudi de source municipale.

Cette aide, comprise entre 100 et 200 euros par trimestre, permet de prendre en compte les plus démunis ne bénéficiant pas de logement social et contraints de louer dans le privé, où loyers et charges ont augmenté deux fois plus vite que dans le public ces dernières années, a expliqué un adjoint au maire, Olivier Noblecourt. Elle s'ajoute aux autres aides publiques, qui ne sont pas revalorisées à hauteur des loyers, a-t-il précisé.

Depuis la mi-mai, deux cent treize jeunes Grenoblois vivant avec 100 euros par mois une fois déduits loyer et charges, ainsi que cent quatorze familles pour qui cette somme est inférieure à 300 euros par personne, en bénéficient. A Grenoble, trente-quatre mille personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté avec 871 euros par mois, soit 22 % de la population (moyenne nationale entre 12 et 13 %).

Cette aide, à laquelle la municipalité va consacrer 255 504 euros la première année, sera expérimentée pendant trois ans avant d'être éventuellement pérennisée.

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Jeudi 18 juin 2009
PRESSE
LIBERATION 18/06/09

Aménagement. Le chef de l’Etat a décidé d’accélérer la réforme de l’organisation des collectivités.

Devant le Parlement réuni en Congrès, Nicolas Sarkozy devrait réaffirmer, lundi, sa volonté de réformer l’organisation territoriale. Il pourrait même, selon certains responsables de la majorité, choisir d’accélérer la mise en œuvre de ce «grand chantier» de l’année 2009. «Dès le lendemain des élections européennes, il nous en a reparlé. Je l’ai trouvé très allant sur cette question», rapporte un ministre. La débâcle de ceux qui prétendaient le «sanctionner» encourage plutôt le chef de l’Etat à accélérer ses réformes.

Concernant la réorganisation territoriale, il pense n’avoir pas grand-chose à craindre des élus socialistes, qui dénonce une «manœuvre politicienne» destinée à faciliter la reconquête des régions remportées par la gauche en 2004. Nicolas Sarkozy devrait être conforté dans sa volonté de réforme par les résultats de la consultation engagée depuis quatre mois et présentée hier soir devant le conseil exécutif de l’UMP.

«Economies.» Après la remise du rapport Balladur fin février, le secrétaire général du parti, Xavier Bertrand, avait confié à un groupe de parlementaires le soin d’animer partout en France des débats autour des principales préconisations du comité présidé par l’ancien Premier ministre : généralisation de l’intercommunalité, renforcement de la légitimité démocratique des élus communautaires, création de «métropoles», stricte distinction des compétences des départements et des régions, création d’une nouvelle catégorie d’élus - les «conseillers territoriaux» - en remplacement des conseillers régionaux et généraux.

Partout en France, les ambassadeurs de l’UMP assurent qu’ils ont constaté que «la base» est très favorable à cette «clarification» du millefeuille territorial. Le député de la Somme Alain Gest s’enflamme : «Les Français n’attendent que ça. Ils veulent moins de collectivités. Ils veulent une réforme qui débouche sur des économies.» Autre oratrice du parti majoritaire, Valérie Rosso-Debord, élue de Meurthe-et-Moselle, souligne la différence entre élus et non-élus : «Les premiers sont souvent frileux tandis que les seconds demandent une réduction du nombre d’échelons. Beaucoup nous disent que le rapport Balladur ne va pas assez loin.»

Avec le sénateur Jean-Patrick Courtois (Saône-et-Loire), le député Dominique Perben (Rhône) - ex-membre du comité Balladur, cité comme possible futur ministre de la réorganisation territoriale - a été chargé d’affiner les propositions du rapport original. Au nom de l’UMP, il devrait présenter, avant la fin du mois, une nouvelle proposition de réforme précisant, notamment, le mode d’élection des futurs «conseillers territoriaux». Perben préconise le maintien d’un scrutin majoritaire par canton en zones rurales et d’un scrutin proportionnel de listes dans les agglomérations : «Les gens veulent une réforme en profondeur. Si on fait de l’eau tiède, on se met tout le monde à dos : ceux qui veulent la réforme et ceux qui ne veulent pas en entendre parler.»

Rapide. Dimanche, sur RTL, le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, a rappelé qu’il avait réclamé une réforme ambitieuse et surtout rapide. A l’automne 2008, il proposait que le Parlement s’empare de ce dossier exemplaire de la «coproduction législative». Il plaidait pour une fusion des élus territoriaux dès 2011, ce qui supposait un report des régionales de mars 2010. Il n’en est plus question.

Même si Nicolas Sarkozy entend aller, comme le suggère un de ses ministres, «le plus loin possible», les rendez-vous des élections régionales de 2010 et des cantonales de 2011 seront maintenus. Mais pour des mandats raccourcis de manière à ce que des «élections territoriales» puissent être organisées en 2014 au plus tard.

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Lundi 22 juin 2009

PRESSE
LE FIGARO 22/06/2009

Jean-Baptiste Garat

Nicolas Sarkozy doit reprendre aujourd'hui les principales conclusions du comité Balladur.

Il est l'autre «homme du jour». L'an passé, c'est sur la base des conclusions du comité présidé par Édouard Balladur que le Congrès avait voté la possibilité donnée au président de la République de s'exprimer devant le Parlement. Aujourd'hui, profitant de cette disposition, Nicolas Sarkozy reprendra les propositions d'un autre comité présidé par son ancien mentor. Sur la réforme des collectivités territoriales.

À Limoges, en juin 2008, le chef de l'État avait confié ses intentions : «Il va falloir qu'un jour - je me demande si ce ne sera pas un chantier pour 2009 -, on parle des structures territoriales en France.» Mais à l'époque, la polémique suscitée par le rapport Attali, qui proposait la suppression des départements, avait gelé le débat.

La crise lui a permis de relancer le débat sous un autre angle. «Le moment est venu», a expliqué Sarkozy au détour du discours de Toulon, en septembre, s'inquiétant du «nombre et de l'enchevêtrement des compétences» des collectivités locales, sources à ses yeux «d'inefficacité et de dépenses».

Si les volets concernant la Corse ou le Grand Paris sont pour l'instant écartés, l'Élysée s'est focalisé sur la création du conseiller territorial, qui viendra remplacer les conseillers généraux et régionaux. Objectif : passer de 6 000 élus à 3 000 ou 4 000. Les mandats des conseillers régionaux élus en 2010 et des conseillers généraux élus en 2011 seraient raccourcis : en 2014, les Français, appelés à voter pour les municipales, éliraient donc de nouveaux conseillers siégeant à la fois dans les assemblées départementales et régionales. La clause de compétence générale, qui permet à une collectivité d'intervenir dans tout domaine sur la base de l'intérêt public, serait par ailleurs réservée aux communes.

 

«On fera tout»

 

La victoire aux européennes donne aujourd'hui à Sarkozy l'occasion d'une réforme qu'il souhaite ambitieuse. Les sénateurs, conviés à l'Élysée il y a dix jours, ont mesuré «son allant» sur la question : «On fera tout», leur a-t-il expliqué. Avant de tempérer ses propos : «Bien sûr on fera cette réforme dans le consensus, en consultant tout le monde, en prenant notre temps.» François Fillon, inquiet des réactions des élus, lui avait fait passer entre-temps un petit mot ; un parlementaire sur quatre est également conseiller général ou régional.

À gauche, on dénonce par avance une attaque contre les «contre-pouvoirs» que constituent les 20 Régions et 58 départements contrôlés par le PS. Laurent Fabius a dit «oui» hier à une réforme, si ce qui est proposé «est de bon sens», tout en mettant en garde le gouvernement contre une «manipulation électorale». À droite, l'état-major de l'UMP espère «que le débat renverra les élus socialistes à leur conservatisme», quelques mois avant les régionales. Mais c'est sans compter les résistances internes. Les sénateurs viennent de rendre un rapport qui écarte la piste des conseillers territoriaux. Or c'est à la Haute Assemblée que débutera l'examen de la réforme cet automne. 
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Mardi 23 juin 2009
PRESSE
LE MONDE | 23.06.09

Nicolas Sarkozy a affiché, lundi 22 juin, sa volonté de mener la réforme territoriale, en annonçant une réduction du nombre d'élus régionaux et départementaux et une clarification des compétences dans le "millefeuille" français. Le comité Balladur a proposé la création de conseillers territoriaux qui siégeraient à la fois dans les régions et les départements. Cette mesure, qui permettrait de réduire de moitié le nombre de conseillers généraux et régionaux (actuellement de 6 000), est vivement contestée par les associations d'élus. "Nous irons jusqu'au bout de la réforme", a prévenu M. Sarkozy. Le Parti socialiste craint, lui, que la réforme territoriale ne se transforme "en manipulation électorale".

Françoise Fressoz
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Lundi 29 juin 2009
PRESSE
LA GAZETTE Décentralisation - 18/06/2009

Réforme des collectivités : ce que veulent les sénateurs

Analyse et interviews vidéo
Selon Claude Belot (UMP), le gouvernement présentera son projet de loi sur la réorganisation territoriale «lors du conseil des ministres juste avant les vacances». Autant dire que pour la mission pluraliste* qu’il préside au Sénat, il devenait temps de faire connaître des conclusions affinées. C’est chose faite depuis le 17 juin. En attendant la parution du rapport définitif dans le courant de la semaine prochaine et un débat en séance, le 30 juin, gros plan sur les principales préconisations «Belot».

Un conseil régional des exécutifs
Les sénateurs prônent un «conseil régional des exécutifs pour retenir les orientations et faciliter les arbitrages nécessaires à la conduite des politiques territoriales». Ses membres : les présidents du conseil régional (qui présidera ce conseil), des conseils généraux, des communautés urbaines, communautés d’agglomération, les maires de villes de plus de 50.000 habitants ainsi qu’un représentant par département des communautés de communes et les patrons d’éventuelles métropoles.
Un énième cercle de dialogue ? «Ce conseil peut être très contraignant pour faire ou empêcher de faire», réplique Claude Belot. «Cela ne coûte rien et n’ajoute pas une couche au millefeuille», argue-t-il aussi.

De cette manière, la mission droite-gauche évacue le sujet qui fâche : la fusion des conseillers généraux et régionaux dans un corps de conseillers territoriaux. Une option défendue, à l’intérieur de l’instance, par certains représentants de l’UMP mais rejetée par un PS majoritaire à l’Assemblée des départements de France (ADF) et à l’Association des régions de France (ARF).
Lors de la discussion parlementaire, Claude Belot soutiendra «les propositions de la mission». En clair : il ne se fera pas le porte-drapeau des conseillers territoriaux.

8 métropoles facultatives
Le comité «Balladur» en suggérait 11 arrêtées par la loi et dotées des compétences intercommunales, départementales et d’une partie des attributions communales. La mission, elle, plaide tout d’abord pour le chiffre de huit.
C'est-à-dire les communautés urbaines de Lyon, Lille, Marseille, Toulouse, Nice, Bordeaux, Nantes et Strasbourg. Un club qui regroupe les «agglomérations de taille européenne », selon Yves Krattinger, l’un des deux co-rapporteurs et président (PS) du conseil général de Haute-Saône. Le volontariat, contrairement à la proposition «Balladur», serait de mise.

Les métropoles, dans la version sénatoriale, ne bénéficient pas non plus des compétences départementales. Elles n’en deviennent pas moins des collectivités de plein exercice. Mais les communes, à rebours là encore du rapport de l’ancien Premier ministre, conservent ce statut.
«Nous souhaitons que les métropoles aient davantage de poids et reprennent les compétences des département » plaide, au nom du groupe UMP du Sénat, Rémy Pointereau, conseiller général du Cher et membre de la mission.

Accent sur la péréquation
Au lendemain de la présentation par la commission des finances de l’Assemblée de sa vision de la réforme de la taxe professionnelle, la mission «Belot» a donné sa vision de l’évolution de la fiscalité locale, se bornant surtout à énoncer de grands principes. «Il faut mettre fin à l’archaïsme et la complexité (dans ce domaine) le système est à bout et place les collectivités dans une situation de grande dépendance», estime Yves Krattinger.
Pourtant rien de très nouveau quand les sénateurs réclament une actualisation des valeurs locatives et la mise en place de procédures régulières de réévaluation. De même lorsqu’ils demandent à l’Etat de ne pas créer de nouveaux dégrèvements et exonérations ou qu’ils réaffirment «la nécessité de préserver l’autonomie fiscale des collectivités territoriales et de leurs groupements».

Ce rapport se rapproche sur certains aspects des préconisations des députés. Par exemple sur la taxe professionnelle, la mission «Belot» demande que le lien fiscal entre les entreprises et les collectivités soit conforté.
Selon elle, l’impôt économique local pourrait être scindé en deux parts :
  • une première, assise sur le foncier, sous condition de l’actualisation des valeurs locatives ci-avant énoncée. Cette part pourrait revenir aux communes et intercommunalités ;
  • une seconde, sur la valeur ajoutée des entreprises qui irait aux départements et régions.
Enfin, sur la péréquation, qui doit selon les sénateurs «devenir un axe fort de la réforme des finances locales». Ils proposent donc de «dégager des ressources pour les dotations de péréquation à partir d’une réforme des dotations forfaitaires corrigées pour une plus grande équité».
Autres propositions à ce sujet :
  • la création d’un véritable fonds national de péréquation alimenté par des ressources «renouvelées», issues de l’adaptation des mécanismes du fonds de solidarité entre les communes de la région Ile-de-France (FSRIF) à l’ensemble du territoire sur une base régionale, de l’écrêtement des établissements dits exceptionnels et d’une cotisation de péréquation de l’impôt économique assis sur le foncier ;
  • conserver et adapter de nouvelles parts de l’impôt économique local l’écrêtement existant sur les établissements exceptionnels au titre de la taxe professionnelle ;
  • réduire le nombre de bénéficiaires des différents mécanismes de péréquation «pour les rendre plus efficaces».

Un Grand Paris «démocratique»
Yves Krattinger le reconnaît bien volontiers : «On a volontairement adopté une ligne qui ne se met pas en travers des travaux engagés.» La Haute assemblée n’entend pas parasiter le dessein présidentiel du Grand Paris, désormais beaucoup plus porté sur les projets que sur le pilotage du cœur de l’agglomération.
Il n’empêche, elle se prononce, au volet Ile-de-France, pour «une gouvernance métropolitaine démocratique sur le périmètre de l’ère urbaine.» Et Philippe Dallier, sénateur-maire (UMP) des Pavillons-sous-Bois, membre de la mission, de crier victoire : «La métropole parisienne ne pourra pas rester à l’écart du grand mouvement de réforme qui se dessine. Un simple syndicat d’études, tel Paris Métropole, ne saurait en aucun cas y répondre et suffire.»

Des intercommunalités renforcées
La mission n’amende guère ici son rapport d’étape du 11 mars dernier. L’élection des délégués communautaires par un «fléchage» lors du scrutin municipal figure bien à son menu. Pour ce faire, le seuil au-dessus duquel s’applique le scrutin de liste est abaissé de 3.500 à 500 habitants. Les communes, qui n’ont pas encore rejoint une intercommunalité, doivent le faire, selon les sénateurs avant fin 2011.
Les commissions départementales de coopération intercommunale (CDCI) sont réactivées. Les EPCI à fiscalité propre voient leur poids rehaussé, au détriment des maires et, surtout, des représentants de syndicats intercommunaux.

Des chefs de file
Au chapitre compétence, la mission privilégie le concept de chef de file. Son option est fondée sur l’article 72 de la Constitution : «Lorsque l'exercice d'une compétence nécessite le concours de plusieurs collectivités territoriales, la loi peut autoriser l'une d'entre elles ou un de leurs groupements à organiser les modalités de leur action commune.»
Un principe que vient cependant beaucoup atténuer l’interdiction, au même article, de la tutelle d’une collectivité sur une autre… Ce qui n’interdit pas à la mission d’évacuer la suppression de la clause générale de compétence des conseils régionaux et des conseils généraux envisagée par les rapports «Lambert», «Warsmann» et «Balladur».

«Si les collectivités n’avaient pas cette capacité d’initiative, elles ne pourraient pas couvrir le territoire en haut débit, le Quai d’Orsay ne pourrait pas nous appeler à la rescousse pour mener telle ou telle action de coopération décentralisée à l’étranger», fait remarquer Claude Belot.

Leadership régional sur le développement économique
Là où la loi «libertés et responsabilités locales» du 13 août 2004 n’avait pas complètement tranché, la mission se veut claire et nette. La région, selon elle, doit assurer le leadership en ce domaine. Et prendre la tête d’une nouvelle instance de coordination «rassemblant tous les acteurs et notamment toutes les agences de développement économique».
Une démarche qui se traduit, également par la création d’un «portail unique en faveur des aides à la création et au développement des entreprises». Hors de question, cependant, de confier - comme le suggère l’ancien membre (UMP) du comité «Balladur» - la charge de toutes les actions économiques à la région.
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Lundi 29 juin 2009
PRESSE
LA GAZETTE - Décentralisation - 18/06/2009

C’était attendu, les conclusions de la mission «Belot» au Sénat, présentées le 17 juin, ont été accueillies plutôt favorablement par les associations d’élus. L’absence du conseiller territorial y est sans doute pour quelque chose…

Claudy Lebreton : «Un arsenal de solutions très pratiques»
«Je salue le travail sérieux de la mission (qui) va faire autorité chez les élus», indique le président de l’Assemblée des départements de France (ADF). Le rapport propose selon lui «un arsenal de solutions très pratiques de la part de personnes qui connaissent bien les collectivités».

«Sur la clarification des compétences, il faut aller plus loin mais il y a déjà des propositions fortes comme celle du chef de filat, instauré sans mettre à mal la clause de compétence générale.
«Le conseil régional des exécutifs est aussi une bonne idée, mais je pense que sa présidence pourrait revenir au choix de cette instance et non automatiquement au président du conseil régional.»

Malgré la mise en retrait du conseiller territorial, Claudy Lebreton sent que le président de la République tient à cette mesure et que ce sujet pourrait refaire son apparition dans le projet de réforme. La «seule mesure qui pourrait faire débat», si le rapport «Belot» servait de base au futur texte.
Comme à l’Assemblée nationale sur la réforme de la taxe professionnelle sur laquelle la commission des finances a trouvé un compromis avec les associations d’élus, le président de l’ADF se demande, vu le consensus autour des propositions sénatoriales sur l’avenir des collectivités, si «le gouvernement va passer à côté de cette chance ?»

François Langlois : «Des propositions pas loin du rapport Balladur, mais sans agiter de chiffon rouge»
«Je pense que c’est du bon travail de parlementaire qui connaissent bien la réalité des choses et qui ne sont pas dans l’idéologie», estime le délégué général de l’Association des régions de France ARF. «Il n’y a toutefois rien de révolutionnaire dans ce qu’ils proposent», tempère-t-il.

«C’est une base de travail intelligente et positive pour aller de l’avant et moderniser le tissu des collectivités. L’absence des conseillers territoriaux est un point très positif, je suis satisfait que les sénateurs n’aient pas voulu se lancer dans cette aventure.
«Leur proposition sur la clause générale de compétence est pleine de bon sens et pourrait permettre d’arriver à un consensus.»

«Une appréciation positive sur les principales propositions», pour l’APVF
L’Association des petites villes de France (APVF) salue «tout particulièrement» les propositions qui concernent la gouvernance et l’achèvement de la carte intercommunale et le mode de désignation des conseillers communautaires.
Elle qui avait proposé un dispositif de ce type en début d’année «se montre tout particulièrement favorable» à l’idée de créer un Conseil régional des exécutifs.

«L’APVF partage les grandes lignes de l’approche de la mission sénatoriale en matière de répartition des compétences. Il s’agit en effet de préserver avant toute chose la capacité d’initiative des différentes collectivités territoriales sur le fondement de leur intérêt territorial respectif.
«Elle forme des vœux pour que le travail effectué par cette mission constitue l’armature des textes de loi que doit prochainement présenter le gouvernement devant le Parlement en matière de réforme territoriale.»

Didier Urvoas : «Rien, bien sûr, contre le cumul des mandats…»
Le Député (PS) du Finistère, coauteur du rapport dit «Warsmann» de la commission des lois de l’Assemblée sur la clarification des compétences des collectivités territoriales affirme : «Je ne suis pas effrayé par l’idée de conseillers territoriaux qu’écarte la mission. Le rapport "Balladur" constitue, à cet égard, une base intéressante. Il y une hérésie à avoir, aujourd’hui, des conseillers régionaux élus sur des bases surtout départementales.
«Avec le rapport "Balladur", on en finit aussi avec le canton. On pose le principe d’un même scrutin partout. Peu importe la nature rurale ou urbaine du territoire. Mais l’UMP veut maintenant des modes de scrutin séparés pour récupérer des sièges grâce à la proportionnelle dans les villes. Cela change tout. Cela devient une opération partisane.»

«Je me réjouis cependant que l’on aboutisse avec la mission sénatoriale à un diagnostic et une thérapie proches en faveur des métropoles. En ce domaine, il n’existe pas de vérité révélée. Le dogmatisme serait la pire des choses. Il faut faire confiance aux dynamiques territoriales. L’histoire des chefs de file, en revanche, je n’y crois pas du tout. A cause des interdits constitutionnels, ce mécanisme ne peut pas être coercitif. Je crois bien davantage à une spécialisation des structures.
«Au final, le sujet qui fâche, l’interdiction du cumul des mandats n’est pas abordé. Serait-il sain de laisser la réforme de l’agriculture uniquement aux agriculteurs ? De l’université aux professeurs agrégés ? A l’évidence, non. Au Sénat, les conseils généraux décident de l’avenir du département. De droite, comme de gauche, ils se retrouvent sur des positions conservatrices. Le seul moyen de mener à bien cette réforme des collectivités, cette réforme d’utilité publique, c’est le référendum.»

Propos recueillis par Raphaël Richard et Jean-Baptiste Forray

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Lundi 29 juin 2009
PRESSE
LA GAZETTE - Décentralisation - 22/06/2009

Le secrétaire d’Etat aux Collectivités locales Alain Marleix a prononcé le 19 juin devant l’Assemblée générale de l’Association des maires de Corrèze un discours relatif à la future réforme des collectivités, dans lequel il s’est prononcé pour la création de «conseillers territoriaux».

Le secrétaire d’Etat a-t-il confirmé la volonté répétée du gouvernement d’instituer un tel dispositif malgré l’opposition de certaines associations d’élus et son absence du rapport «Belot» ? Il a en tout cas été bien plus explicite que Nicolas Sarkozy dans son discours devant le congrès le 22 juin. Le chef de l’Etat n’a prononcé qu’une courte phrase sur la réforme territoriale : «Nous ne nous déroberons pas devant la réduction du nombre d’élus régionaux et départementaux»…
Alain Marleix avait lui affirmé trois jours plus tôt que «la création d’un mandat commun serait un signal fort envoyé à nos concitoyens sur la simplification (…) On peut par ailleurs raisonnablement penser que ces conseillers communs auraient à cœur de mieux coordonner l’action du conseil régional et celle du conseil général».

La seule discussion encore en cours semble porter pour lui sur le mode de scrutin. «Je souhaite, à titre personnel, que le mode de scrutin retenu maintienne un fort ancrage local pour ces élus en milieu rural, a indiqué le secrétaire d’Etat. A ce titre, le canton, obligatoirement redessiné (…), me semble le seul de nature à garantir que le conseiller territorial connaîtra bien nos campagnes et sera véritablement présent, même si en milieu urbain d’autres solutions sont possibles, dont le scrutin proportionnel.»

Intercommunalités en mutation
Autre élection, plus consensuelle, sur laquelle Alain Marleix s’est prononcé, celle des conseillers communautaires en même temps que les conseillers municipaux selon un système de fléchage. «Cette légitimité renforcée donnera au président de l’intercommunalité une véritable autonomie, tout en maintenant le rôle central du maire», estime-t-il.

«L’intercommunalité à fiscalité propre est la solution et doit devenir la règle. La couverture totale du territoire devra donc intervenir avant la fin du mandat municipal en cours», a-t-il observé par ailleurs.
«Ces intercommunalités doivent être plus larges qu’aujourd’hui et elles doivent également disposer de compétences elles-aussi renforcées», a-t-il ajouté.

Peu sur les finances
Alain Marleix s’est aussi exprimé sur la réforme de la fiscalité locale, et notamment la suppression de la taxe professionnelle : «Cette compensation sera assurée pour l'essentiel par des transferts d'impôts, conformément aux exigences constitutionnelles. Le recours éventuel à des dotations pour compenser cette suppression ne pourra donc concerner qu’une part limitée du produit perdu.»

Le président de la République a lui seulement assuré le 22 juin qu’il fallait «repenser le système de fiscalité locale qui en a bien besoin»… La réunion du 29 juin au ministère de l’Intérieur entre le gouvernement et les représentants des élus permettra sans doute d’en savoir plus.

Alain Marleix attaché au statut de la FPT

«Le gouvernement ne peut pas soutenir des initiatives visant à généraliser le contrat à la place du statut dans nos collectivités territoriales, comme le souhaitent certains parlementaires. Je suis très clair là-dessus, la proposition de loi à laquelle je fais allusion, si elle était inscrite à l’ordre du jour du Parlement, ne recueillerait pas le soutien du gouvernement», a indiqué le secrétaire d’Etat pour écarter les inquiétudes à ce sujet.
Il a également précisé ne pas à être défavorable à la création d’un centre national de gestion, «mais le préalable repose sur la construction d’un consensus entre élus concernés par ce sujet».
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Lundi 29 juin 2009
PRESSE
AFP Décentralisation - 23/06/2009

L'UMP est prête à accepter le principe d'une réduction de 30% du nombre des élus régionaux et départementaux, dans le cadre de la réforme des collectivités locales, a indiqué le 23 juin son secrétaire général Xavier Bertrand.

"Pour l'UMP c'est clair, nous sommes prêts à faire l'effort de réduire de 30% le nombre d'élus départementaux et régionaux", qui pourraient être remplacés par des conseillers territoriaux, a-t-il déclaré sur Europe 1.
"On parle bien souvent d'économies. Nous, nous sommes prêts à les faire", a-t-il dit, en indiquant que le nombre d'élus passerait ainsi de 6.000 à 4.000.

Xavier Bertrand a souhaité que cette réforme intervienne avant les régionales de 2010.
"Il le faut parce que ce que nous proposons c'est que le mandat des prochains conseillers régionaux soit seulement de quatre ans (2010-2014)" au lieu de six actuellement, a-t-il expliqué.
En revanche, pour les prochaines régionales de 2010, a-t-il ajouté, "je souhaite que l'on garde le même mode de scrutin" de listes, à deux tours.

Régionales 2010
Pour l'élection de mars prochain, l'UMP pourrait ainsi faire des listes uniques avec ses alliés dès le premier tour, dans les régions où ce serait "pertinent", et fusionner les listes de la majorité présidentielle au second, dans les autres, selon des responsables de la majorité.

Pour l'élection éventuelle des futurs conseillers territoriaux qui siègeraient à la fois au département et à la région, l'UMP étudie l'option d'un scrutin mixte - moitié proportionnel, moitié uninominal à deux tours - selon Dominique Perben, membre du comité Balladur qui a été chargé de plancher sur la réforme territoriale. Le député du Rhône a par ailleurs conduit pour l'UMP une mission au côté du sénateur UMP Jean-Patrick Courtois, auprès des élus sur ce chantier.
Le parti présidentiel arrêtera ses propositions à l'occasion d'un bureau politique le 30 juin à 12h, selon M. Bertrand.

Actuellement la gauche administre plus de la moitié des départements, et 20 régions sur 22 en France métropolitaine.

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Lundi 29 juin 2009
PRESSE
AFP Décentralisation - 25/06/2009
«Nicolas Sarkozy reprend en main les collectivités» -

Interview de Claudy Lebreton, président de l’ADF
Le président de l’Assemblée des départements de France (ADF) et de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains, Claudy Lebreton, réagit au remaniement gouvernemental et donne son avis sur ses conséquences sur la réforme à venir des collectivités.

Le départ de Michèle Alliot-Marie du ministère de l’Intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales peut-il, selon vous, modifier les contours de la réforme territoriale ?
Il n’est pas neutre. Michèle Alliot-Marie n’était pas en phase avec le rapport «Balladur». Les conseillers territoriaux (NDLR : issus de la fusion des mandats départementaux et régionaux) ne lui convenaient pas. Elle voulait préserver ce qui fonctionne dans les collectivités et favoriser le consensus.

Mais que vous dit que son successeur, Brice Hortefeux ne sera pas sur cette ligne là ?
Brice Hortefeux est le plus proche ami politique de Nicolas Sarkozy. Il défendra les conseillers territoriaux. Après son discours devant le Congrès, le 22 juin, Nicolas sarkozy indique aussi par ce remaniement qu’il reprend en main la réforme territoriale et les collectivités. Il va y avoir du sport !

Brice Hortefeux n’a-t-il, pourtant pas montré lors de son passage, entre 2005 et 2007, au ministère délégué aux Collectivités territoriales qu’il savait créer des consensus ?
En 2005, il a été nommé à ce poste, alors qu’il n’avait jamais été en charge d’un exécutif local. Il a vite appris. Nous avons appris à nous connaître. Nos relations étaient plutôt correctes.

Pourquoi êtes-vous si hostile aux conseillers territoriaux ?
Avec ces conseillers, on voit très bien où l’on va : vers la fusion des départements et des régions. La fusion des mandats, contrairement à ce qu’indique l’UMP, ne permet de réaliser aucune grande économie. Les indemnités actuelles des conseillers généraux et des conseillers régionaux représentent 71 millions d’euros, soit 0,03% de nos budgets. Nous allons avec l’ARF prendre une initiative commune dans les tous prochains jours pour notamment rappeler cela.

Espérez-vous encore changer le contenu du projet de loi présenté, en principe, le 27 juillet ?
Le gouvernement annoncera son projet dans la torpeur de l’été. Ce qui comptera, c’est la discussion en septembre au Sénat. Pour l’instant, beaucoup de parlementaires de droite, présidents de conseils généraux, ne parlent pas des conseillers territoriaux. Mais il est des silences qui valent parfois condamnation…
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Lundi 29 juin 2009
PRESSE
AFP Décentralisation - 26/06/2009
 
Une semaine après la présentation du rapport sénatorial de la mission «Belot» sur la réforme des collectivités, l’Association des maires des grandes villes de France (AMGVF) regrette le «manque d’ambition» de ce document.

Salué par l’Assemblée des départements de France et l’Association des régions de France, le rapport est notamment critiqué par l’AMGVF «sur le très faible nombre de grandes villes concernées par le statut de métropole».
«il est nécessaire de permettre à celles qui le souhaitent de franchir une étape nouvelle vers l’unification des compétences communales et intercommunales. Le rapport affaiblit donc considérablement l’ambition métropolitaine de la réforme», ajoute l’association.

«Ces propositions sont très en retrait par rapport à l’objectif initial de la réforme», juge-t-elle également.
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