Actualité Grand Paris

Dimanche 19 novembre 2006

Paris est la seule métropole française, la seule capitale européenne, à ne pas s'être dotée d'un cadre de réflexion et d'acion politique à l'échelle de son agglomération urbaine. Avec une superficie de 105 km2 seulement, la capitale française ne peut rivaliser avec Londres, Rome ou Berlin, dix à quinze fois plus grandes et dotées de structures métropolitaines.

Alors que le Plan de Déplacement Urbain d'Ile-de-France (PDUIF) vient d'être adpoté, que le Schéma Directeur de la Région Ile-de-France (SDRIF) est en cours d'élaboration ; que le Plan Local d'Urbanisme (PLU) de Paris et que le Plan de Déplacement de Paris (PDP) vont être approuvés, avec des logiques souvent antagonistes plutôt que complémentaires, il est urgent de favoriser la création d'un Grand Paris !

La création d'un Etablissement Public de Coopération Intercommunal (EPCI) sous forme notamment de Communauté Urbaine comme la loi de 1999 sur l'intercommunalité le permet est devenu une nécessité pour Paris et les communes limitrophes. Cela permettrait d'avoir un aménagement cohérent à l'échelle de l'agglomération dense de Paris, qui est le cadre de vie quotidien de plusieurs millions de franciliens. Le temps est venu d'adapter les structures administratives à la réalité sociologique, économique et urbaine de la métropole.

Avoir une politique commune en matière d'aménagement, d'urbanisme, de logement, de transports, de développement économique ou d'environnement permettrait de gagner en efficacité, mais aussi en solidarité.

Nous vous invitons ceux qui souhaitent y contribuer activement à rejoindre l'Association Grand Paris (www.grandparis.com) pour contribuer à porter cette communauté d'intérêts auprès des pouvoirs publics, des collectivités territoriales et des citadins !

Antonio Duarte

Président de l'Association Grand Paris


Par Antonio Duarte
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Dimanche 19 novembre 2006
 
Les élus de la capitale et de la couronne ravis après leur réunion.
Par Guillemette ECHALLIER
QUOTIDIEN : Samedi 8 juillet 2006 - 06:00
    
 
«C e n'est pas le syndicat des voisins de Paris mais une réunion de maires qui s'intéressent ensemble à l'avenir de la zone métropolitaine.» La formule est du maire (PS) des Lilas (Seine-Saint-Denis), Daniel Guiraud, et tous les participants à la première conférence métropolitaine, qui s'est tenue vendredi à Vanves (Hauts-de-Seine), l'ont reprise à la sortie de la réunion. Un pas a été franchi : c'en est fini d'un Paris seul et sourd à sa banlieue. «Cela vaut vraiment le coup de s'associer, résume le maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë. On va travailler ensemble sur la zone de l'agglomération mais dans la dynamique de la région.» 
Un clin d'oeil à Jean-Paul Huchon, président (PS) de la région, qui a pesé pour que cette conférence ne se limite pas à la petite couronne. «La région a besoin de discuter avec les élus locaux et il faut avoir un lieu pour produire du consensus», se réjouit Huchon. Pour Philippe Laurent, maire (UDF) de Sceaux (Hauts-de-Seine), «mettre les maires en première ligne, eux qui sont au contact direct des problèmes, c'est une démarche qui manquait.» 
Pierre Mansat, adjoint (PCF) de Delanoë aux relations avec les collectivités territoriales qui a porté ce projet, est ravi : «C'est la fin de la domination écrasante de Paris sur la banlieue.» Point de crispation : les transports. «Il faut élaborer avec les maires un plan de transports collectifs au niveau de la zone dense, dit Denis Baupin, adjoint (Verts) aux transports à Paris. Et pourquoi pas mettre en place un métro en rocade ou des navettes sur la Seine ?» 
Prochaine réunion à la rentrée. Et tous espèrent que les élus UMP, absents vendredi, seront au rendez-vous.
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Dimanche 19 novembre 2006
 

Première réunion d'élus franciliens pour réfléchir à l'organisation du coeur de la capitale.

Par Sibylle VINCENDON

QUOTIDIEN : Vendredi 7 juillet 2006 - 06:00

La mairie de Vanves (Hauts-de-Seine) a sans doute connu ses heures de gloire. Mais ce n'est pas lui faire insulte que d'écrire qu'elle accueille ce matin une rencontre qui pourrait faire date dans ses annales. La première conférence métropolitaine, dont le nom n'évoque rien à personne, réunira une cinquantaine d'élus franciliens à l'appel d'une trentaine d'entre eux pour dessiner les prémices d'une organisation du coeur de l'agglomération parisienne. Ce que certains appellent le «Grand Paris», expression qui a le don d'exaspérer les élus de banlieue.


Car la Mairie de Paris est à la manoeuvre. Et cela ne facilite guère les choses. Généralisées par la loi Chevènement de 2001, les intercommunalités, qui marient des villes de 100 000 habitants à des bourgs de 500, ont toujours été délicates à mettre en place. Autour de la capitale, c'est encore plus compliqué. Paris fait peur. Résultat : peu de structures ont été créées, et toutes tournent le dos à la ville centre. Les vingt premières années de la décentralisation ont été utilisées par des communes de l'ouest parisien pour bâtir des bureaux à tout-va et accumuler des trésors de taxe professionnelle. Les inégalités entre les collectivités de la première couronne sont abyssales.

Adjoint de Delanoë aux relations avec les collectivités territoriales d'Ile-de-France, le communiste Pierre Mansat est à l'origine de la conférence métropolitaine. Il a signé une quinzaine de conventions avec les villes riveraines de Paris, même de droite, a suscité travaux universitaires, séminaires et colloques sur les relations Paris-banlieue et, in fine, a installé comme une évidence l'idée qu'il existe de fait un coeur d'agglomération. Sur la conférence elle-même, son bébé, il a avancé prudemment : c'est «quelque chose de formalisé mais pas institutionnel».

Politiquement, ce fut davantage coton, même à gauche. Jean-Paul Huchon, président PS de la région, a mis des mois à admettre que cette zone fasse l'objet d'un atelier spécifique dans le cadre de l'élaboration du futur schéma directeur régional de l'Ile-de-France (Sdrif). C'est fait et il sera présent ce matin. Autre méfiant : Patrick Braouezec, président PC de la communauté d'agglomération Plaine Commune, qui regroupe huit villes de Seine-Saint-Denis. Il a «le sentiment que la ville de Paris cherche à régler extra-muros des questions qu'elle ne peut pas régler intra-muros . L'intercommunalité ne peut pas se faire sur une sorte d'étalement de Paris». Lui plaide pour un développement à partir de cinq ou six pôles, tel Plaine Commune. Il se plaint «du discours à géométrie variable» de son camarade Mansat. «D'un côté, il nous dit que c'est informel, pas institutionnel, puis, d'un autre, qu'on va essayer de régler des questions fondamentales comme le logement. Comment peut-on régler la question du logement de manière informelle ?» La journée s'annonce animée. La suite dira si elle fait date.


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Dimanche 19 novembre 2006
 Face à la gauche et à l'UDF, la majorité ne sait quelle stratégie adopter.

Par Guillemette ECHALLIER

QUOTIDIEN : Vendredi 7 juillet 2006 - 06:00

Y être sans y être. C'est l'impossible posture des élus UMP des communes de la proche banlieue parisienne. Le trio Roger Karoutchi, président du groupe UMP au conseil régional d'Ile-de-France, Françoise de Panafieu, candidate de la droite aux municipales 2008 de Paris, et Claude Goasguen, président du groupe UMP au Conseil de Paris, ont appelé lundi au boycott de la conférence métropolitaine. «Si c'est pour aller à une farce, ce n'est pas la peine, soutient Vincent Roger, porte-parole de Panafieu. On demande au maire de Paris des actes en matière d'intercommunalité, pas de simples réunions.»

 

Sur la stratégie à adopter, les élus UMP sont partagés entre respect de la position de leur camp et intérêt pour cette rencontre inédite avec cinquante autres élus de la banlieue. L'UDF, elle, a tranché en appelant à participer à la conférence, aux côtés des élus de gauche.

Christian Cambon, maire UMP de Saint-Maurice (Val-de-Marne), justifie son absence : «Cette initiative tombe au plus mauvais moment, en pleine période électorale. Pourquoi avoir attendu la fin du mandat ?» Président de l'Association des maires des villes riveraines du bois de Vincennes, Cambon reproche le manque de respect des chartes de coopération signées avec la Mairie de Paris. Certains, en revanche, ont décidé de s'y faire représenter et ont missionné des «observateurs», histoire de ne pas perdre une miette des discussions. «Je suis contre ce genre de grand-messe mais, par politesse envers Bertrand Delanoë, j'ai décidé d'envoyer la secrétaire générale du syndicat mixte des Côteaux et du Val-de-Seine, explique Jean-Pierre Fourcade, maire UMP de Boulogne-Billancourt, la deuxième ville de l'agglomération parisienne. J'ai des relations convenables avec Paris et je suis partisan de rester au stade des rapports bilatéraux.» Il ajoute : «Je ne suis de toute façon pas favorable à l'émergence d'une structure concurrente de celle de la région.» Une position pourtant défendue par l'UMP Paris : créer une véritable intercommunalité, à l'image de ce qui existe à Lyon, Marseille ou dans les autres capitales européennes. Longtemps absent des préoccupations de la droite parisienne, ce thème sera au centre de la campagne de Panafieu, qui a lancé depuis mai les assises de «Paris, coeur d'agglomération».

Comme son homologue de Saint-Cloud, Jacques Gautier, maire UMP de Garches et premier vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine, a exprimé son «intérêt pour ce lieu informel d'échanges entre gens de bonne volonté». En vacances, il a demandé à un adjoint, Yves Moreaux, d'y assister... sans participer. Illustration de cet exercice d'équilibriste, le conseil général des Hauts-de-Seine, fief sarkozyste, est représenté, à la demande de Gautier, par un conseiller UDF d'Issy-les-Moulineaux, Denis Larghero.

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Dimanche 19 novembre 2006
 

Philippe Laurent, maire UDF de Sceaux, vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine :


«On ne peut plus penser à l'échelle intra-muros»


par Alain AUFFRAY

QUOTIDIEN : mardi 13 juin 2006



 

Philippe Laurent, maire (UDF) de Sceaux, est vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine et de l'Association des maires de France. Dans le débat sur le PLU (plan local d'urbanisme), il donne plutôt raison aux Verts. L'implantation de bureaux et de logements doit, selon lui, se décider au niveau de l'agglomération.


Paris décide de son avenir et la banlieue n'a pas voix au chapitre. Qu'en dites-vous ?


Longtemps, la banlieue s'est laissé tout imposer. Mais c'est fini. Les villes de la zone dense d'Ile-de-France ­ une centaine de communes ­ ont relevé la tête. Elles ont su développer des lieux de vie et de culture. Et il faut reconnaître que les choses ont changé avec Bertrand Delanoë. Il nous propose une conférence métropolitaine d'agglomération, cela va dans le bon sens. Les élus parisiens ont compris qu'il n'était plus possible de raisonner à l'échelle de Paris intra-muros.


C'est pourtant ce que fait le Conseil de Paris en délibérant sur le PLU...


Le PLU c'est une obligation juridique. Le problème c'est qu'il va être voté alors que le SDRIF, le schéma directeur de la région Ile-de-France, est en cours d'élaboration. Or ce schéma s'imposera à Paris comme à toutes les communes d'Ile-de-France.


Les grandes lignes du schéma régional vous satisfont-elles ?


On parle de 60 000 logements à construire par an dont près de 40 000 dans la zone dense. Là où il y a des équipements publics et des transports en commun. Là où il y a de la vie. Il n'est pas question d'aller construire tous les logements au fin fond de la Seine-et-Marne. Et ce SDRIF s'élabore sous la responsabilité de Mireille Ferri, vice-présidente Verte de la Région. Chacun comprend aujourd'hui qu'il faut en finir avec l'étalement de l'urbain. Cela coûte très cher en terme d'énergie.


Entre bureaux et logements, comment trouver le bon équilibre ?


Plus une ville fait de bureaux, plus elle touche de taxe professionnelle. Plus elle fait des logements, plus elle paie de charges. Pour sortir de cette fiscalité perverse, il faudrait une taxe professionnelle d'agglomération. Les Verts ont raison de pointer le danger d'une tertiarisation de la capitale. Voyez Londres : on a laissé cette ville se vider de ses logements. Il n'y a que 700 000 habitants sur une surface où Paris en compte 2 millions.


Pour favoriser l'emploi local, le PCF pousse à la construction de bureaux. Est-ce le bon choix ?


Ce qui manque à Paris ce sont, plus que les bureaux, les emplois de service et le petit commerce. Le PCF raisonne trop à l'intérieur du périphérique. L'équilibre doit s'apprécier au niveau de la petite couronne. Le PLU n'est pas adapté à cette réflexion. Il faut raisonner sur la zone dense.


L'UMP et Françoise de Panafieu plaident pour un renforcement de l'intercommunalité. Cela doit vous satisfaire...


On est en pleine démagogie. Ces gens n'ont rien fait quand ils étaient au pouvoir. En plaidant pour une communauté urbaine, l'UMP surenchérit. A Bordeaux, il a fallu 40 ans pour y arriver. Si ce modèle leur plaisait tant, pourquoi n'ont-ils rien fait quand ils étaient à l'hôtel de ville ?


 

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Dimanche 19 novembre 2006

Regrouper dans un même ensemble la capitale et les communes alentour: le projet du maire de Paris divise à gauche et à droite.


par Sibylle VINCENDON

QUOTIDIEN : jeudi 25 mai 2006


 

Cela aurait dû n'être qu'une rencontre de routine entre élus. Et voilà que le déjeuner qui a réuni hier à l'Hôtel de Ville les maires de Paris et de quelques-unes des communes voisines est devenu un enjeu politique à risque. Parce qu'il pouvait se transformer en acte de naissance du Grand Paris. Ranimée la semaine dernière par l'architecte Roland Castro, qui part en campagne présidentielle sous la bannière de son mouvement pour «l'utopie concrète», reprise dans les jours qui suivaient par Françoise de Panafieu, tête de liste UMP pour les municipales à Paris, l'idée, qui dort depuis vingt ans, semble ressurgir.


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Hier autour de la table, il y avait entre autres, Bertrand Delanoë, maire (PS) de la capitale, et Jean-Paul Huchon, président (PS) de la région Ile-de-France. Et sur la table, un menu explosif : la «conférence métropolitaine», club informel de collectivités que mitonnent les Parisiens depuis quelques mois. Or l'idée même que la capitale et les communes de la zone centrale de l'agglomération puissent se regrouper sous quelque forme que ce soit exaspère Jean-Paul Huchon. Le président de la région dit à qui veut l'entendre qu'autour de Paris, «l'agglomération, c'est la région» et qu'il ne se voit pas en président de la Grande Couronne. Quand l'essentiel de la population et de la richesse est concentré dans la petite. A peine sorti de table, il se réjouissait hier d'avoir écarté cette perspective. Première satisfaction : «Bertrand Delanoë a rappelé que tout ça se fait dans le cadre de la région.» Deuxième joie : «Pas question de déboucher sur une quelconque forme institutionnelle, ni aujourd'hui, ni demain, ni après-demain.» Pas de communauté urbaine en vue. Bonheur ultime, «on a élargi le cercle jusqu'aux villes nouvelles», soit «potentiellement 300 et quelque maires intéressés». Racontée par Huchon, cette réunion «sympa, claire et conviviale» a débouché sur une «conférence régionale métropolitaine ou métropolitaine régionale comme vous voudrez», structure suffisamment vaste pour y noyer toute initiative un peu nerveuse.


Pierre Mansat, l'adjoint communiste de Bertrand Delanoë, chargé des relations avec les collectivités territoriales d'Ile-de-France, aurait-il vu enterrés hier sous son nez des mois d'efforts ? Depuis 2001, il a construit patiemment des relations avec la trentaine de communes riveraines de Paris, et les trois départements limitrophes. Il a initié un séminaire de recherche de trois ans sur les relations Paris-Banlieue. Mieux, il a obtenu de haute lutte que la «zone dense», soit 40 à 80 communes, selon l'endroit où l'on fait passer le trait, fasse l'objet d'un atelier spécifique dans le cadre de la révision du Schéma directeur régional d'Ile-de-France (Sdrif). La région, pilote de ces travaux, a fait cette concession l'an dernier. Etait-ce la seule victoire de Pierre Mansat ? La réponse arrivera début juillet. Quelque part en banlieue, et «sans puissance invitante», aura lieu une «conférence métropolitaine de l'agglomération, initiée par des élus du coeur de l'agglo, dans le cadre régional», résume prudemment Mansat.


On est bien loin de l'idée d'une communauté urbaine, comme l'a évoquée Françoise de Panafieu. Le Grand Paris divise à gauche ? Il scinde aussi à droite. Aucun maire de droite des Hauts-de-Seine ne veut se marier avec le poids lourd qu'est la capitale laissait entendre hier un élu UMP participant au déjeuner. «C'est l'UMP de Paris qui fait sa campagne», résumait, fataliste, un des participants.

 

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Dimanche 19 novembre 2006
 

LE MONDE | 23.05.06 | 15h05 • Mis à jour le 23.05.06 | 15h05

Les grandes manoeuvres reprennent entre la gauche et la droite autour du "Grand Paris", un projet qui reviendrait à créer un échelon intermédiaire, tant sur le plan géographique que sur le plan politique, entre l'Ile-de-France et la commune de Paris. Dans les deux camps, le constat est le même : Paris, à l'étroit dans ses 105 kilomètres carrés, ne peut plus régler ses problèmes de transports, de logements ni assurer son rayonnement économique sans rechercher des accords avec les villes qui l'entourent.


47 % de la population francilienne vit sur 4 % du territoire de la région

L'expression "Grand Paris" date des années 1920. A l'époque, élus et urbanistes se proposaient d'élargir les frontières administratives de la capitale pour tenir compte de son essor démographique. Mais leur projet n'a jamais vu le jour. En 1964, la suppression du département de la Seine a isolé Paris au sein d'un espace morcelé entre les sept départements franciliens actuels, rendant, de ce fait, encore plus hypothétique l'idée du "Grand Paris".


Dans les faits, pourtant, l'interdépendance entre la capitale et les 79 communes les plus proches est devenue une réalité pour la population. Cette "zone dense" concentre 47 % de la population sur 4 % du territoire de la région. Y sont rassemblés 60 % des emplois et 90 % des déplacements de la région. Y sont aussi localisés plus de 80 % des logements sociaux d'Ile-de-France. 300 000 Parisiens travaillent en proche banlieue. Plus de 500 000 habitants de la Petite Couronne exercent leur activité professionnelle à Paris.


Depuis 2001, la ville a multiplié les accords de coopération avec les villes de cette "zone dense". Paris réaménage une dizaine de ses "portes" et finance des programmes de construction de logements à Saint-Denis et à Saint-Ouen.


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Mais les divergences réapparaissent sur les contours de ce Grand Paris : la gauche parisienne souhaite créer une structure informelle, la droite défend une solution plus institutionnelle avec, à la clé, des transferts de compétences. Les positions des uns et des autres diffèrent aussi selon que les élus sont parisiens ou franciliens.


Le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, devait recevoir, mercredi 24 mai, une bonne dizaine d'édiles de banlieue ainsi que le président (PS) de la région, Jean-Paul Huchon, pour préparer la tenue d'une "conférence métropolitaine", si possible avant l'été. Lancée en 2003, l'idée consiste à créer un "lieu d'échanges, sans domination institutionnelle", entre élus, pour élaborer des propositions communes en accord avec la région et les départements, explique Pierre Mansat, adjoint (PCF) au maire de Paris. Ce chargé des relations avec les collectivités territoriales affirme avoir recueilli l'adhésion d'une petite trentaine d'élus de toutes étiquettes.


Toutefois, cette conférence métropolitaine ne fait pas l'unanimité : la gauche régionale est pour le moins réservée sur une initiative qu'elle juge menaçante pour elle-même. Huchon préférerait, à tout prendre, qu'elle se tienne au niveau régional. "En limitant l'agglomération à la petite couronne, expose-t-il, les communistes parisiens cherchent à sauvegarder ce qui reste de la "ceinture rouge". La droite veut en faire un outil d'encerclement de Delanoë. Pour moi, la taille de l'agglomération, c'est la région." D'autres élus à gauche soutiennent M. Huchon : Jean-Luc Laurent, le maire chevènementiste du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), et Jean-Paul Planchou, maire (PS) de Chelles (Seine-et-Marne) et président du groupe socialiste de la région.


Candidate (UMP) à la Mairie de Paris, Françoise de Panafieu a battu le rappel sur le même thème, lundi 22 mai, à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne) devant une centaine d'élus de droite : "Il nous faut aller au-delà de la coopération pour envisager un mariage entre Paris et ses voisins et créer une structure qui soit opérationnelle", a-t-elle affirmé en se référant à l'exemple du "Grand Londres". Pour la droite, même si le terme est tabou, l'idée d'aller vers une forme de communauté urbaine est dans les esprits.


En charge de ce dossier dans l'équipe de campagne de Mme de Panafieu, le député (UMP) de Paris, Claude Goasguen, préconise dans son livre, Allô Paris bobo (Ramsay, 2006) de créer un "établissement public de coopération intercommunal", incluant Paris et les communes limitrophes. Les villes transféreraient à cet échelon leurs compétences en matière de développement économique et de "politique sociale de l'habitat".


Mme de Panafieu, qui n'écarte pas le scénario Goasguen, se donne jusqu'au mois de décembre pour affiner ses propositions, après concertation avec les élus UMP. "Paris ne peut plus pratiquer la politique autoritaire actuelle", déclare-t-elle, prenant l'exemple du tramway parisien, décidé et réalisé, selon elle, "sans aucune concertation" avec les communes limitrophes. Tout en se défendant d'exploiter la grogne des élus banlieusards contre la "politique anti-voitures" de Paris, la candidate UMP aux municipales de 2008 veut faire de ce dossier un cheval de bataille contre M. Delanoë.


Béatrice Jérôme

Article paru dans l'édition du 24.05.06

Par Le Monde
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Dimanche 19 novembre 2006

L'expression "Grand Paris" date des années 1920. A l'époque, élus et urbanistes se proposaient d'élargir les frontières administratives de la capitale pour tenir compte de son essor démographique. Mais leur projet n'a jamais vu le jour. En 1964, la suppression du département de la Seine a isolé Paris au sein d'un espace morcelé entre les sept départements franciliens actuels, rendant, de ce fait, encore plus hypothétique l'idée du "Grand Paris".
 

Dans les faits, pourtant, l'interdépendance entre la capitale et les 79 communes les plus proches est devenue une réalité pour la population. Cette "zone dense" concentre 47 % de la population sur 4 % du territoire de la région. Y sont rassemblés 60 % des emplois et 90 % des déplacements de la région. Y sont aussi localisés plus de 80 % des logements sociaux d'Ile-de-France. 300 000 Parisiens travaillent en proche banlieue. Plus de 500 000 habitants de la Petite Couronne exercent leur activité professionnelle à Paris.

Depuis 2001, la ville a multiplié les accords de coopération avec les villes de cette "zone dense". Paris réaménage une dizaine de ses "portes" et finance des programmes de construction de logements à Saint-Denis et à Saint-Ouen.

 

Par Le Monde
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Dimanche 19 novembre 2006
 20 Minutes | édition du 23.05.06


L'idée d'un « Grand Paris » refait surface. Depuis plusieurs jours, partis politiques et collectivités ont relancé le débat autour d'une structure pour gouverner le coeur de l'Ile-de-France. A Paris, Bertrand Delanoë et son adjoint chargé des Relations avec les collectivités, Pierre Mansat (PCF), se rapprochent des collectivités de la « zone dense » de l'Ile-de-France, soit l'ex-département de la Seine, pour mettre en place « avant l'été » une conférence métropolitaine. « Un lieu de dialogue au coeur de l'Ile-de-France sur des sujets communs, comme les transports, le logement, l'environnement », explique Pierre Mansat. « Il n'a convaincu que vingt-cinq villes, et cette conférence n'aura aucun pouvoir décisionnaire. Ce sera comme parler dans le vide », se moque Roger Karoutchi, président du groupe UMP au conseil régional.


« Paris n'aura pas plus d'importance que les autres dans cette structure », jure par ailleurs Pierre Mansat. C'est pourtant l'un des points qui inquiètent Jean-Luc Laurent, maire (Mouvement républicain et citoyen) du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), et vice-président en charge du Logement à la région : « Une telle organisation pourrait mener à ce genre de dérives. » Pour le maire du « KB », « le postulat est juste : les communes ne peuvent pas répondre seules aux défis qui les attendent en matière de transport, de logement... Mais c'est toute l'Ile-de-France qui est concernée par ces problèmes, qui appellent donc des réponses au niveau régional. » Aussi l'élu suggère-t-il la création d'une conférence territoriale régionale. Pilotée par la région.


Tous, en tout cas, admettent que « quelque chose ne va pas dans la gouvernance au coeur de l'Ile-de-France, qui n'est pas à l'échelle des enjeux. » Et qui sera à coup sûr au coeur des prochaines municipales.


Mickaël Bosredon

 

Par 20 minutes
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Dimanche 19 novembre 2006

20 Minutes | édition du 23.05.06

 

Ils ne parlent pas encore de créer une communauté d'agglomérations, mais le principe est largement étudié. Hier, des élus UMP franciliens lançaient des pistes pour rééquilibrer Paris et les communes limitrophes en matière de transport, de logement et de développement économique, lors d'assises organisées à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne). Ils font bloc contre la politique de Bertrand Delanoë, « qui s'enferme dans ses vingt arrondissements et agit sans prendre en compte la banlieue », selon Roger Karoutchi, président du groupe UMP à la région. Leur solution : établir des instances intercommunales et un cadre juridique sur un « coeur d'agglomération », entre Paris et les communes voisines.


« Elles pourront prendre des formes différentes selon les sujets », précise Roger Karoutchi. « Il ne s'agit pas d'ajouter des strates de décision supplémentaires, mais de coordonner le territoire », précise Françoise de Panafieu, députée-maire du 17e et candidate UMP aux prochaines municipales à Paris.


Sur le dossier du transport, les élus UMP imaginent « une autorité organisatrice de proximité, en dessous du Syndicat des transports d'Ile-de-France, pour établir des financements et des projets communs entre la RATP et la SNCF ». En effet, jusqu'à présent, « ces deux entreprises sont en concurrence et ne se concertent pas ». « Nous sommes tout de même le seul pays au monde où sur une même ligne un conducteur descend pour laisser la place à un autre lors de l'interconnexion RATP-SNCF ! », s'indigne Roger Karoutchi.


Les élus UMP ont entamé un tour des municipalités franciliennes pour déterminer « les responsabilités qu'elles sont prêtes à laisser ou non à une instance intercommunale ».


Magali Gruet

 

Par 20 minutes
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