Samedi 16 août 2008

PRESSE

LA GAZETTE.fr

Intercommunalité - 25/08/2008

Dans une interview au site de La Gazette, le vice-président (UMP) du conseil général des Hauts-de-Seine et maire de Sèvres, rare élu de la majorité à avoir participé à la plupart des éditions de la conférence métropolitaine, défend le projet de syndicat mixte.

Etes-vous partisan du syndicat mixte d’études proposé par la conférence métropolitaine ?
J’y suis favorable depuis longtemps. Le syndicat mixte permet d’éviter une communauté urbaine qui disposerait de trop de pouvoirs et impliquerait l’embauche de trop de nouveaux fonctionnaires.

Quel doit être le périmètre du syndicat mixte ?
La zone la plus urbanisée de l’Ile-de-France dépasse les limites de Paris et des trois départements de la petite couronne. Elle comprend aussi le nord de l’Essonne, l’est des Yvelines et le sud-est du Val d’Oise.

Dans son rapport, Philippe Dallier (UMP) défend une option avancée en 1936 par votre grand-père André Morizet (maire SFIO de Boulogne-Billancourt) visant à créer une fonction de "maire du Grand Paris", qui supposerait aujourd’hui, la suppression du poste de maire de Paris…
Cette référence m’a touché, mais j’ai quelques doutes sur sa pertinence actuelle. Comment serait assuré l’impératif de proximité dans un ensemble de 6 à 7 millions d’habitants ? Les communes, qui ont toujours eu une grande importance en Ile-de-France, ne peuvent être cantonnées à l’état-civil.

Quel rôle doit jouer le conseil régional ?
La région va continuer à exercer une place centrale sur les transports. Mais le syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF) souffre d’un manque d’autofinancement qui devient inquiétant. Sur le volet logement, je suis très sceptique quand j’entends parler d’un syndicat régional. Dans ce domaine, la région a vocation à faire de la programmation, pas de l’opérationnel.
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Samedi 16 août 2008

Aménagement du territoire - 25/06/2008

Les "Assises de la métropole", au cours de laquelle gauche et droite ont pour la première fois confronter leurs idées pour le "Grand Paris", se sont ouvertes le 25 juin 2008 sur la proposition de création d'une nouvelle structure.
Le secrétariat de la "conférence métropolitaine", créée par le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë en 2006 pour la coopération entre la capitale et les communes proches, a proposé de transformer cette structure en un "syndicat mixte d'étude" ouvert aux communes, à la région, aux départements et aux intercommunalités.

Il s'agirait d'une structure "plus intégrée mais souple", "la formule la plus adaptée pour répondre aux défis posés par la métropole", selon Daniel Guiraud, maire PS des Lilas, qui a fait cette proposition à l'ouverture des "Assises" à la Plaine-Saint-Denis (Seine-Saint Denis). "Ce syndicat est l'étape qui convient pour aujourd'hui", a dit Bertrand Delanoë, saluant une "méthode pragmatique, soucieuse de créer des étapes". "Paris est une commune, un département parmi d'autres dans une ambition partagée. Paris ne revendique aucun leadership dans notre ambition commune", a-t-il déclaré devant un parterre d'une centaine d'élus de tous bords, en présence de Christian Blanc, secrétaire d'Etat à la région capitale. "Il faut que l'Etat partage avec les collectivités d'Ile-de-France le souci de faire régner un certain ordre dans le partage de l'effort en matière de logement social", a-t-il dit, s'adressant au ministre.

Le secrétaire d'Etat Roger Karoutchi, leader de l'opposition UMP au conseil régional, s'était "félicité" dès le 24 juin de la proposition de "syndicat mixte", après avoir lui-même proposé en février une structure de ce type.
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Vendredi 27 juin 2008
PRESSE
LE FIGARO

Laurence Chavane
26/06/2008 | Mise à jour : 11:16 |
Commentaires 3
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Bertrand Delanoë et Patrick Devedjian posent la question de la solidarité financière entre les collectivités de la région.

Un invité surprise s'est imposé mercredi lors des premières Assises de la métropole, organisées à La Plaine-Saint-Denis (93) à l'initiative du maire de Paris : le vrai partage des richesses entre les territoires de l'Ile-de-France. Ce sujet sensible est en effet apparu comme la première préoccupation des nombreux élus de la Ville de Paris, de la Région, des départements et des communes rassemblés. Tous partis confondus. «Nous sommes tous interdépendants, il n'y aura pas d'Ile-de-France florissante, s'il n'y a pas de métropole florissante. Je ne braderai pas les intérêts de Paris mais Paris a besoin que ses voisins soient forts», a assuré d'emblée Bertrand Delanoë (PS). Et à la surprise de l'auditoire, Patrick Devedjian, président du conseil général des Hauts-de-Seine (UMP) qui s'oppose régulièrement à l'idée que son département soit la «vache à lait» de la région, a à son tour souscrit à l'idée du «partage des richesses et du développement».

Certes avec des conditions, comme «la mise à égalité des territoires» en matière d'accès aux transports et de voies de communication qui sont les «vrais vecteurs de la richesse». Et l'étude des mécanismes des dotations d'État à l'ensemble des collectivités locales (65 milliards d'euros par an) pour vérifier s'ils sont «toujours pertinents et au bon endroit».

«Je ne crois pas trop à la générosité spontanée des élus», devait tempérerClaude Pernès (Nouveau Centre), le maire de Rosny-sous-Bois qui préside l'association des maires d'Ile-de-France (Amif). Prompt également à considérer qu'«il y a d'autres méthodes que de s'attaquer au coffre-fort des Hauts-de-Seine». Créateur du fonds de péréquation d'Ile-de-France (180 millions d'euros abondés par Paris et les Hauts-de-Seine), Claude Pernès juge indispensable de «redimensionner» cette enveloppe. L'idée partagée est de garantir à toute commune au moins 75 % de la ressource moyenne régionale.

«Difficile de rester populaire»

Jean-Paul Huchon, le président du conseil régional d'Ile-de-France (PS), a ainsi rappelé que 910 communes franciliennes sur 1 982 ne bénéficient pas de ce niveau moyen. Il considère donc qu'il faut tripler ce fonds pour qu'il atteigne 500 millions d'euros et mettre les droits de mutation (perçus par les départements lors d'une vente d'un bien immobilier) «dans le paquet de solidarité». C'est aussi audacieux car le boom immobilier a considérablement enrichi les départements les plus attractifs, au foncier élevé qui connaissent souvent le plus grand nombre de transactions.

Mais l'idée de redistribution et de péréquation circulait dans les Docks Pullman de Saint-Denis. Le maire, Didier Paillard, avait d'ailleurs accueilli les élus en mettant à sa façon les pendules à l'heure : «Rester une ville populaire est ce qu'il y a de plus difficile quand il est si facile de vendre des terrains à des promoteurs et de reléguer toujours plus loin la population.»

Du coup, l'autre sujet qui fâche, la gouvernance de la Région capitale, a pratiquement été occulté. Les élus franciliens ont sans doute compris que l'urgence de réorganiser l'Ile-de-France face à la concurrence mondiale impose la recherche de consensus.

 

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Vendredi 27 juin 2008
La question du regroupement des Départements, vieux serpent de mer français, refait surface au gouvernement ! C'est Xavier Bertrand qui relance la proposition qui figurait dans le rapport de Jacques Attali.

Alors que le Sénateur Dallier avait fait débat en proposant un audacieux regroupemement des départements de la première couronne parienne, la question semble posée de manière plus acrue dans l'agglomération parisienne car c'est aujourd'hui la seule métropole française à être à cheval entre 5 Départements ! Ce morcellement territorial ne facilitant guère la péréquation financière ou des politiques communes...

Antonio Duarte

PRESSE

«Le débat qu'avait porté Jacques Attali est toujours d'actualité» et doit avoir lieu «le plus tôt possible», a dit le ministre du Travail.
AFP
LIBERATION.FR : vendredi 27 juin 2008

Le ministre du Travail Xavier Bertrand a déclaré ce matin que le débat lancé par la commission Attali sur la suppression des départements était «toujours d'actualité», proposant «des regroupements».





«Le débat qu'avait porté Jacques Attali est toujours d'actualité» et doit avoir lieu «le plus tôt possible», «sans tabou», a déclaré sur Europe 1 Xavier Bertrand, qui est aussi secrétaire général adjoint de l'UMP.

«En France, vous avez une forme de mille-feuilles administratif et politique devenu complètement indigeste : vous avez les mairies, il faut les garder; vous avez les communautés de communes, il faut les encourager comme les communautés urbaines. Mais en plus vous avez les pays, les départements, les Régions, l'Etat et vous avez l'Europe. Est-ce qu'on peut faire plus simple ? Oui», a-t-il exposé.

«Mais plutôt que de supprimer, on peut faire quelque chose de plus construit en regroupant. (...) Les compétences des Régions, des départements et des intercommunalités ça se regarde, on peut certainement regrouper plutôt que de chercher à fusionner», a-t-il dit. Selon lui, les Français veulent «avoir l'action la plus efficace, sans complexité administrative, ni coût budgétaire».

Fin janvier, Nicolas Sarkozy s'était dit en désaccord avec la proposition de la commission Attali de supprimer les départements, qui ont «la légitimité historique». Jeudi lors d'un déplacement à Limoges, le chef de l'Etat a cependant à nouveau évoqué la nécessité selon lui d'aborder la question des structures territoriales.

Nouveau couac du gouvernement sur les départements


Il n’est «aucunement question d’une suppression du département», assure le secrétaire d’Etat aux Collectivités Territoriales, qui contredit ainsi Xavier Bertrand, lequel déclarait ce matin que le débat sur la suppression des départements était «toujours d’actualité».
AFP
LIBERATION.FR : vendredi 27 juin 2008

Couac, le retour. A la suite de propos de Nicolas Sarkozy, mais surtout de Xavier Bertrand aujourd’hui, le secrétaire d’Etat à l’Intérieur et aux Collectivités Territoriales Alain Marleix a affirmé qu’«il n’est aucunement question d’une suppression du département».

«A la suite des interprétations données aux propos tenus par le président de la République le 26 juin à Limoges», Alain Marleix «tient à souligner qu’il n’est aucunement question d’une suppression du département», indique un communiqué. Le chef de l’Etat «a parlé, comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises et notamment pendant la campagne électorale des élections présidentielles, de la nécessité de réformer l’organisation de l’Administration territoriale, entre les communes, les communautés de communes, les agglomérations, les pays, les départements, les régions», souligne Alain Marleix.

«La France subit un empilement administratif qui constitue une fâcheuse exception en Europe», poursuit toutefois le secrétaire d’Etat, qui ajoute que «la nécessité d’une réflexion conduisant à une réforme en profondeur est d’ailleurs engagée avec les grandes associations représentatives des collectivités locales et le Parlement.»

Ce matin, le ministre du Travail Xavier Bertrand a déclaré que le débat lancé par la commission Attali sur la suppression des départements était «toujours d’actualité» et qu’il devait avoir lieu «le plus tôt possible» et «sans tabou». Hier à Limoges, le chef de l’Etat a lui évoqué la nécessité d’aborder la question des structures territoriales. «Il va falloir qu’un jour - je me demande si ce ne sera pas un chantier pour 2009 -, on parle des structures territoriales en France. Parce que nous sommes arrivés à un degré de complexité sans précédent», a-t-il dit.
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Vendredi 27 juin 2008
PRESSE
LIBERATION
SIBYLLE VINCENDON
QUOTIDIEN : jeudi 26 juin 2008

Généralement invisible, Christian Blanc, secrétaire d’Etat à la Région capitale, était présent hier aux Assises de la Conférence métropolitaine qui se tenaient à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Depuis qu’il a été nommé, son seul commentaire public avait été celui de sa lettre de mission. Hier, ses intentions se sont précisées. Tandis que le fort contingent d’élus présents se souciaient surtout de solidarité ou de gouvernance, Christian Blanc, en bon chef d’entreprise qu’il fut, a surtout parlé économie.

La salle réunissait pour la première fois gauche et droite, présidents de conseils généraux, les socialistes Bertrand Delanoë et Jean-Paul Huchon, les UMP Patrick Devedjian et Roger Karoutchi, bref, le tout-métropole. En fin de séance, Christian Blanc prend la parole. «Je reviens de la Silicon Valley et tous mes interlocuteurs m’ont dit : "Dans quinze ans, toutes les voitures seront électriques". Nous sommes tous pour les transports collectifs et je suis de ceux-là, mais il ne faut pas se tromper d’investissements.» Plus tard, il précisait : «Si on ne fait pas du tout de routes, dans les quinze ou vingt ans qui viennent, nos petits-enfants s’en étonneront.» Surprenant. Depuis des mois, les débats sur l’agglomération tournent, entre autres, autour de la nécessité d’une rocade de métro interbanlieue. Mais jamais autour de la route, perçue comme facteur de pollution.

Que comprendre ? La suite du propos éclaire. Un point de contexte. Depuis deux ans, la région Ile-de-France élabore un schéma de développement, le Sdrif. Le gouvernement n’en veut pas et un rapport de force s’est engagé sur ce document. Qu’en dit Blanc ? «Le Sdrif me paraît insuffisant en matière de développement économique.» Dans ce type de schéma, on prévoit où se bâtiront, par exemple, les grandes zones d’entreprises, comme on le fit pour la Défense.

«Mutations». Le Sdrif de la région, pour Blanc, ne compte pas assez de sites économiques. «La région capitale est le lieu d’un foncier très important sans lequel il n’est pas possible de mener des mutations», a-t-il dit. D’ores et déjà, son équipe travaille sur deux de ces terrains : le plateau de Saclay, au sud, et la plaine de France au nord, dans le voisinage de l’aéroport Charles-de-Gaulle. «Il ne s’agit pas de créer des usines, a-t-il expliqué. Mais de la recherche, du tertiaire, ce qui va créer de la valeur.» Au fil des mots, une partie du puzzle se compose : ces quartiers d’affaires ne peuvent se brancher sur les bouchons de l’A86 qui font le quotidien de la banlieue d’aujourd’hui. Et les transports collectifs ne sont pas la clé de l’attractivité pour les fonctions dites métropolitaines supérieures (cadres, chercheurs…). D’où des routes pour les voitures électriques.

Tout cela a été évoqué à petites touches. En rupture avec tout ce que l’on venait d’entendre. Les participants avaient débattu de la gouvernance. La Conférence métropolitaine, réunion informelle, va être transformée en syndicat mixte d’étude ouvert aux élus de l’agglomération. Est-ce l’embryon d’une future collectivité ? Philippe Laurent, maire de Sceaux, répond : «Nous sommes un certain nombre à le penser mais pas tous.» Mireille Ferri, vice-présidente (Verts) du conseil régional, reflète l’allergie régionale à cette idée : «Ne nous précipitons pas vers des choses qui ne sont pas mûres.» Pour Christian Blanc, «d’abord le projet, ensuite la gouvernance».

Solidarité. Sur la solidarité financière entre collectivités riches et pauvres, même temporisation. L’économie en premier. «Est-ce que vous avez déjà vu de la solidarité s’effectuer sans développement économique ?» a-t-il demandé. On n’est pas très loin de la position de Patrick Devedjian, président (UMP) du riche département des Hauts-de-Seine, qui n’a promis aucun partage de ressources : «L’égalité doit se faire par la création de richesses.»

Des pistes avaient pourtant été suggérées : la région veut augmenter l’actuel Fonds de solidarité (Fsrif) auquel Paris accepte de contribuer plus. Le président (PS) de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, veut mutualiser les droits de mutation. Et beaucoup ont réclamé une taxe professionnelle unique.

 


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Vendredi 27 juin 2008
PRESSE
LIBERATION
SIBYLLE VINCENDON
QUOTIDIEN : mercredi 25 juin 2008

Partie capitale pour le Grand Paris

Collectivités. Les Assises de la métropole se tiennent aujourd’hui à Saint-Denis.

Mélange détonnant ? Peut-être. La séance de lancement des Assises de la métropole, qui se tient ce matin à Saint-Denis, réunit pour la première fois gauche et droite sur l’avenir du Grand Paris. L’urgence est là : fin 2008, le gouvernement aura élaboré des textes pour organiser le cœur de l’Ile-de-France. Il disposera aussi des idées des dix équipes d’architectes retenues lors d’une consultation internationale. Les élus ont intérêt à avoir préparé des contre-propositions.

La puissance invitante, c’est la Conférence métropolitaine, réunion initiée par Paris et quelques élus militants de la cause métropolitaine. Les patrons UMP des Hauts-de-Seine l’ont toujours boudée. Cette fois, Patrick Devedjian, président du conseil général et même Jean Sarkozy, nouvel élu, seront là. Présence aussi de Roger Karoutchi, président du groupe UMP au conseil régional et ministre du gouvernement Fillon, pourtant «boycotteur» de la Conférence depuis toujours. Christian Blanc, secrétaire d’Etat à la Région capitale, viendra également.

Retour sur les épisodes de ce feuilleton, via quelques-uns des personnages principaux.


 

En quête d’une autre bataille
QUOTIDIEN : mercredi 25 juin 2008

Bertrand Delanoë. Le maire (PS) de Paris est, avec son adjoint (PCF) Pierre Mansat, le fondateur de l’idée même d’un Grand Paris, qu’il préfère appeler plus modestement Paris Métropole. Longtemps, les deux mécanos n’ont même pas donné un nom à cette démarche de rapprochement avec les collectivités voisines, avançant pas à pas avec une discrétion de loup déguisé en grand-mère. En 2006, ils ont abouti à la Conférence métropolitaine, club de 96 collectivités, dont certaines de droite. L’UMP a officiellement boycotté la Conférence métropolitaine jusqu’à maintenant.

Ce qu’il veut. Roi du «chaque chose en son temps», Bertrand Delanoë a toujours refusé d’évoquer un périmètre idéal de la métropole, ou un futur système de gouvernance. «Le projet d’abord», répète en boucle son adjoint. Mais le maire a vite posé qu’il faudrait mutualiser les ressources fiscales et que la capitale passerait à la caisse. En mai, il annonçait dans Libération qu’il ne souhaitait pas diriger Paris Métropole.

En coulisses. Si Bertrand Delanoë ne se voit pas diriger le Grand Paris, c’est sans doute qu’il vise plus haut. Au-delà de son cas, la Ville de Paris est soupçonnée de vouloir s’agrandir pour régler ses besoins de logements sur le territoire des voisins.



Dans l’ombre du Président
QUOTIDIEN : mercredi 25 juin 2008

Christian Blanc. Le secrétaire d’Etat à la Région capitale, nommé en mars, doit «définir une vision» à l’horizon 2030, organiser un schéma d’ensemble, penser un périmètre, une gouvernance et préparer, pour début 2009, les lois pour appliquer tout ça.
e qu’il veut. Mystère. Christian Blanc est l’homme le plus silencieux du gouvernement : une seule conférence de presse, au bout de deux mois. Il y a révélé deux projets : un pôle technosciences à Saclay (sud) et l’aménagement de la plaine de France (nord-est). Le pilotage de la consultation des dix équipes d’architectes pour le Grand Paris, lancée en octobre par le chef de l’Etat, a été confié au ministère de la Culture et pas à lui. A lui, en revanche, la recherche active, et discrète, de financements privés pour les futurs grands équipements, dont les deux rocades - métro et train - de liaison interbanlieue.

En coulisses. L’ombre portée de Nicolas Sarkozy plane sur Christian Blanc. Le Président, qui veut la métropole depuis juin 2007, ne s’est pas retrouvé en position de force après des municipales peu favorables à la droite. Du coup, sa créature non plus. Jean-Louis Borloo a obtenu de l’avoir sous sa tutelle alors qu’un rattachement à Matignon aurait été plus logique.


 

Un seul département
QUOTIDIEN : mercredi 25 juin 2008

Electron libre du Grand Paris, Philippe Dallier, sénateur UMP de Seine-Saint-Denis, ne décide rien mais pèse dans le débat. Son arme, c’est l’atypique rapport qu’il a rendu en avril à l’Observatoire de la décentralisation. Pas vraiment dans le ton feutré du Sénat, ce travail propose de fusionner les quatre départements du centre de l’Ile-de-France (75, 92, 93 et 94) en un seul. Et d’en faire élire le président au suffrage universel direct. Publiquement, toutes les parties en présence ont hurlé. En privé, certains disent que le seul défaut de Dallier, c’est d’aller trop vite à la conclusion.


Le conquérant pressé
QUOTIDIEN : mercredi 25 juin 2008

Roger Karoutchi. Mises à part ses fonctions de président du groupe UMP au conseil régional d’Ile-de-France, le ministre des Relations avec le Parlement n’a pas une vocation évidente à se mêler à tout propos du Grand Paris. Pourtant, il le fait. Réunissant la presse, multipliant les communiqués, en particulier dès que le président socialiste de la région bouge un cil. Longtemps, il a aussi parlé à la place de Christian Blanc, qui se taisait.

Ce qu’il veut. Ce fut fluctuant. Parti, pendant la campagne municipale, d’un simple syndicat mixte ouvert aux communes volontaires, il a passé la surmultipliée après la nomination de Christian Blanc. Désormais, il est pour une loi d’organisation. Sur la péréquation fiscale entre les riches Hauts-de-Seine dirigés par l’UMP et les autres, il élude.

En coulisses. Karoutchi veut avant tout diriger la liste UMP aux régionales de 2010, face à son concurrent Yves Jégo. Le débat sur la métropole lui sert de tribune permanente pour exister. Derrière lui, Nicolas Sarkozy sait que, dans les grandes collectivités d’Ile-de-France, seule la région pourrait être reconquise par la droite à brève échéance. Karoutchi espère être le conquérant ad hoc.

L’homme qui freine
QUOTIDIEN : mercredi 25 juin 2008

Jean-Paul Huchon. Le président (PS) de la région Ile-de-France pense qu’il n’y a qu’une région capitale : l’Ile-de-France telle qu’elle est. Il admet qu’elle a besoin d’être réorganisée et a son plan pour le faire : le Sdrif (Schéma de développement de la région Ile-de-France), soit le document prévu par la loi. Sous la pression des événements, il a consenti qu’une commission, dirigée par un fidèle, le socialiste Jean-Paul Planchou, élabore des scénarios pour le cœur de l’agglomération. Ce travail suggère une série de grandes intercommunalités tout autour de Paris. Mais aucun mariage de la capitale avec personne.

Ce qu’il veut. Ou plutôt, ce qu’il ne veut à aucun prix. Jean-Paul Huchon rejette toute structure au centre la région. Le Sdrif, dit-il, doit suffire puisqu’il a été validé début juin par la commission d’enquête publique.

En coulisses. Huchon dit qu’il est «l’homme à abattre» , ce qui est un peu fort. Mais il faut reconnaître que sa vie n’est pas calme. Le jour de la validation du Sdrif, Matignon a fait savoir que l’Etat ne le signerait pas. Sarkozy l’accuse publiquement de négliger les transports collectifs. Enfin, poursuivi pour prise illégale d’intérêt, Huchon risque l’inéligibilité en appel.


par Grand Paris publié dans : Actualité Grand Paris
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Jeudi 26 juin 2008
PRESSE

Ce rassemblement a du coup incité Christian Blanc, nommé en mars secrétaire d'Etat à la région capitale par Nicolas Sarkozy pour mettre en musique le projet présidentiel de Grand Paris, à sortir de sa discrétion médiatique. M. Blanc a approuvé la création de ce fameux "syndicat mixte". Ce, pour ne pas rester en dehors de cette opération. Et afficher une volonté de concertation, quitte à légèrement amender le scénario qu'avait conçu M. Sarkozy. "D'abord les projets, ensuite la gouvernance", avait pourtant insisté le président de République en recevant, samedi 21 juin, les élus UMP parisiens. "Je ne serai pas un technocrate enfermé dans sa tour de silence qui, le moment venu, sortira une vérité", a expliqué pour sa part le secrétaire d'Etat. "Je présenterai d'ici la fin 2008 les prémisses d'un projet pour la région parisienne et avant la fin 2009 un projet de gouvernance", a-t-il exposé. Mais "je m'appuierai sur le syndicat mixte", s'est-il engagé. Pour les élus de gauche proches du maire de Paris, Bertrand Delanoë, à l'initiative de la manoeuvre, le syndicat mixte "est la première étape vers la création d'une future nouvelle collectivité locale", comme le résume Pierre Mansat, adjoint PCF au maire de la capitale.

 

COMMUNAUTÉ D'AGGLOMÉRATION

 

"Les élus veulent pouvoir orienter les décisions que l'Etat pourrait prendre, notamment en matière de redistribution des richesses entre les communes", a ajouté Philippe Laurent, maire (app. UMP) de Sceaux (Hauts-de-Seine), favorable à terme à la création d'une communauté d'agglomération à l'échelle de la petite couronne.

"Ce syndicat mixte doit d'abord nous inciter au partage", a insisté Bertrand Delanoë. Le maire de la capitale s'est dit de nouveau prêt, mercredi, à "mutualiser" les recettes de taxes professionnelle de Paris avec les collectivités d'Ile-de-France. Nous devons "être imaginatifs" pour mettre en commun d'autres ressources, a-t-il insisté. "Dès le 1er janvier 2009, il suffirait d'un amendement dans la prochaine loi de finance" pour mutualiser ces taxes sur les transactions immobilières, a fait valoir Claude Bartolone, président socialiste du département de Seine-Saint-Denis. La manne fiscale des droits de mutation profite aujourd'hui surtout à Paris et aux Hauts-de-Seine. Son éventuelle redistribution est surveillée de près par les élus UMP. "Je suis d'accord pour partager mais l'égalité entre les territoires se fera aussi par la création de richesses", a ainsi prévenu M. Devedjian. "Le développement économique" avant tout, a appuyé M. Blanc.

Ce dernier a surpris l'auditoire en évoquant les priorités en matière d'infrastructures. "Il ne faudra pas se tromper dans les investissements", a-t-il insisté. Sans mettre en cause l'idée d'un métro en rocade autour de Paris, il a déclaré : "Dans quinze ans, toutes les voitures seront électriques. Si on ne construit plus du tout de routes, nos concitoyens ne comprendront pas."

Béatrice Jérôme
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Lundi 23 juin 2008
PRESSE
JDD
Dimanche 22 Juin 2008
Propos recueillis par Bertrand GRECO
 
Candidat UMP aux élections régionales en Ile-de-France en 2010, Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, snobait la Conférence métropolitaine. Il a changé d'avis et se rendra mercredi aux "Assises de la métropole". Les maires de la petite couronne et les élus de la région plancheront cette fois sur la "gouvernance de la métropole".

Pourquoi participez-vous mercredi à la Conférence métropolitaine de Bertrand Delanoë, alors que vous la boycottiez jusqu'ici?
Au début, cette Conférence métropolitaine était une opération publicitaire visant à montrer que Paris discutait avec ses voisins. Mais chaque fois qu'un problème concret se posait, Bertrand Delanoë décidait de manière unilatérale, sans consulter les communes limitrophes. Ainsi, il a fermé le tunnel de Charenton ou la sortie sur Vanves, il a déclassé des logements sociaux à la Garenne-Colombes, sans informer les maires concernés. Nous n'avions aucun intérêt à être les figurants de cette mise en scène. Ceci dit, on observe un changement ces derniers temps. Je constate que Bertrand Delanoë, Claude Bartolone ou d'autres, acceptent désormais de dialoguer avec la droite et le gouvernement sur la question du Grand Paris. Dès lors, dans la mesure où le débat est lancé, toutes les tribunes doivent être utilisées. Il ne s'agit pas d'institutionnaliser la Conférence métropolitaine, qui n'a pas de base légale, ni aucun pouvoir de décision. Mais de diagnostiquer ensemble ce qui ne va pas dans cette région et tenter de trouver des solutions.

Quelles propositions concrètes comptez-vous faire?
Je dirai que la définition d'un Grand Paris ne doit pas être classiquement territoriale, mais construite sur de grands projets, permettant la relance de l'emploi, de la croissance, du logement, des transports... en petite comme en grande couronne. Avant de penser à la structure, il faut d'abord se mettre d'accord sur ces grands projets. J'ai proposé la création d'un ou deux grand campus universitaires, d'un grand pole d'affaires à l'Est (Val-de-Marne ou Seine-et-Marne), d'une ou deux écopolis en grande couronne. Je défends non seulement Métrophérique, en proche couronne, mais aussi la rocade ferrée SNCF reliant les tangentielles. Bien sûr, je soutiens à fond le développement d'un grand pole d'innovation et de technologie sur le plateau de Saclay ou encore le pole aéroportuaire de Roissy, souhaités par le Président de la République. Le Grand Paris doit être une chance à saisir, au-delà des clivages politiques. Et surtout, il faut absolument refuser l'enfermement de Paris sur lui-même, ou sur les communes limitrophes. Une marginalisation de la grande couronne remettrait en cause la totalité des solidarités en Ile-de-France.

"Nous sommes en compétition"

Cette Conférence métropolitaine a pour thème la "gouvernance de la métropole"...
La priorité, ce sont les projets. Après, on réfléchira à un modèle le plus léger possible. Je ne crois pas à la création d'une nouvelle entité territoriale qui se rajouterait au mille-feuilles déjà très lourd en Ile-de-France. Imaginons une structure ad hoc, définie par une loi cadre _en 2009_, qui regrouperait tous les acteurs et permettrait des actions et des financements complémentaires. Aujourd'hui, les contraintes légales et réglementaires sur les grands chantiers nous freinent: nous mettons des années de plus qu'il y a vingt ou trente ans pour réaliser des opérations. Or, nous sommes en compétition avec le Grand Londres, Berlin, Barcelone, Amsterdam... Il faut donc une loi cadre, pour faciliter les grands chantiers par des dérogations aux normes et règles trop tatillonnes.

Le Grand Paris ne risque-t-il pas de "faire pschitt", comme le pronostique Jean-Paul Huchon?
Il y est opposé depuis le début. C'est une position absurde. On n'est pas là pour défendre nos chapelles. A part lui, tout le monde _à droite comme à gauche_ est conscient que quelque chose ne marche pas dans notre région. La dynamique régionale est en panne. Il est de notre devoir de trouver des solutions pour relancer la machine. Il ne s'agit pas de déclarer la guerre aux institutions, mais à l'immobilisme.

Nicolas Sarkozy a évoqué l'idée d'un référendum sur cette question. Qu'en pensez-vous?
Il en a parlé. Je ne sais pas s'il imagine un référendum sur la gouvernance ou sur un projet global. Il en dira plus à l'automne. Je ne vois pas pourquoi on ne demanderait pas aux Franciliens leur avis. Ils pourraient choisir entre deux projets, par exemple. Pour cela, il est sage d'attendre les propositions que feront les dix équipes d'architectes et urbanistes mandatées par le Président. Et celles de Christian Blanc, qui, pour l'instant, consulte et prépare le grand projet commun.

Les présidents des conseils généraux de gauche en Ile-de-France se sont réunis cette semaine. Ils réclament une "solidarité financière"...
Je m'étonne de voir ces cinq départements de gauche Paris n'était pas invité, d'ailleurs organiser des réunions... sans la région. Cela ressemble fort à un désaveu, une remise en cause de la région. Ce n'est pas la volonté du Président de la République lorsqu'il lance le Grand Paris. Quant aux "solidarités financières", on verra. D'abord, mettons nous d'accord sur ce qu'on veut réaliser ensemble, ensuite on parlera des financements. Il faut faire les choses dans l'ordre.
par Grand Paris publié dans : Actualité Grand Paris
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Vendredi 20 juin 2008
PRESSE
Le Journal du Dimanche 
Dimanche 15 Juin 2008
Propos recueillis par Hervé GUENOT


Laurent Lafon, maire (Nouveau Centre) de Vincennes, président du groupe Centre à la région Île-de-France et membre du secrétariat de la Conférence métropolitaine, explique comment il aborde les prochaines assises de la Métropole. Il plaide pour que les élus élaborent d'abord "une méthode" et précise pour le JDD ses trois priorités pour l'Ile-de-France.

Les Assises de la Métropole se tiennent dans le cadre de la Conférence métropolitaine le 25 juin à La Plaine-Saint-Denis. De quoi se compose la Conférence métropolitaine et quelle est sa fonction?
La conférence métropolitaine a été lancée avant même que le Grand Paris ne soit l'objet de débats publics. Les élus de première couronne, de toutes tendances, souhaitaient disposer d'un lieu de dialogue. Pourquoi cette instance? Parce que nous avons constaté, nous, élus, que certaines politiques publiques dans l'agglomération parisienne ne sont pas menées avec assez d'efficacité: transports, logements, développement économique, disparités sociales et territoriales. Sur ces quatre sujets, nous sommes confrontés à des problématiques spécifiques, d'où la nécessité d'entamer ce dialogue entre nous. C'est l'émergence du fait métropolitain qui soutend la conférence métropolitaine aujourd'hui. Nous souhaitons lui donner une visibilité plus grande à travers ces assises de la métropole. Tous les maires sont invités, les responsables associatifs et économiques aussi, de même que le secrétaire d'Etat au développement de la région capitale, Christian Blanc. Pour que l'Etat puisse également nous écouter.

Une partie de la droite francilienne a traîné les pieds pour participer à cette conférence métropolitaine. Est-ce parce que c'était au départ une idée du maire de Paris?
Je ne peux répondre à la place de ceux qui n'étaient pas là au départ: moi, j'y étais. Je constate que les positions évoluent... Tant mieux. Sur ce dossier du Grand Paris ou de Paris Métropole, nous ne pouvons pas rester au simple stade des prises de position à travers les médias. Il est temps désormais de discuter entre nous. C'est pourquoi le secrétariat de la conférence métropolitaine invite tous les élus à participer à ces assises.

"Le Grand Paris n'a pas vocation à tout faire"

Quels thèmes aimeriez-vous voir aborder lors de ces assises? Mode de gouvernance? Solidarité Est-Ouest?
Il faut éviter certains écueils. Le Grand Paris n'a pas vocation à tout faire. Certaines politiques publiques, gérées par les communes, sont efficaces grâce à leur proximité. Pas question de transférer la gestion des cimetières ou la gestion des théâtres locaux. Mais il y a quatre dossiers à traiter au niveau du Grand Paris: les transports, le logement, le développement économique et un autre, transversal: les disparités sociales, fiscales. Car un territoire ne peut se développer si ces disparités ne sont pas davantage maîtrisées. Et réduites.

Qu'attendez-vous comme décisions concrètes de ces assises?
Les dossiers sont complexes, nous avons donc besoin d'une méthode de travail. J'attends qu'on élabore cette méthode. Comment avancer? L'Etat a défini son calendrier. A nous maintenant de travailler parallèlement pour définir notre vision du Grand Paris. Les assises doivent nous permettre de définir le cadre et le calendrier de travail des prochains mois. Si nous voulons que nos propositions soient prises en compte, c'est maintenant qu'il fait les élaborer. Demain, il sera trop tard.

Quelle est votre position sur le Grand Paris? Faut-il supprimer les départements? Aller vers une communauté urbaine?
Pour l'heure, la structure institutionnelle du Grand Paris n'est pas la question essentielle. En posant aujourd'hui la question de la structure, on risque de polariser le débat sur les institutions existantes. Alors qu'il faut créer une structure spécifique pour l'agglomération parisienne. Travaillons d'abord sur les politiques publiques (transports, logement) et sur la question essentielle du financement. Et la structure découlera de ces champs de réflexion. Cela étant, la création d'une agglomération parisienne ne s'oppose pas aux départements ou à la région, de même les villes de seconde couronne ont intérêt à ce que toute la région soit tirée par une métropole active.

Quel rôle alors pour la région?
En tant que conseiller régional, je regrette que la région ait une position défensive sur ce sujet majeur. Elle aurait au contraire avantage à ce que le coeur central soit mieux structuré. Que je sache, la région Rhône-Alpes a bénéficié du dynamisme de l'agglomération lyonnaise. Avec le Grand Paris, la région Ile-de-France sera tirée vers le haut. Mais il faut reconnaître que, quelles que soient les alternances politiques, la région n'a pas été en mesure de porter des politiques fortes depuis 1976. Malgré tous les contrats de plans, la région n'a pas sorti un seul projet véritablement structurant en matière de transport. Même remarque sur le logement. La région n'a pas répondu aux problèmes du coeur central de l'agglomération: il faut bien en tirer les conclusions.

"La crédibilité est le premier défi du Grand Paris"

Certains estiment que Christian Blanc joue le rôle d'un superpréfet, chargé de mettre sous tutelle une région Ile-de-France et une capitale qui votent à gauche. Bref, le gouvernement voudrait récupérer par l'administratif un pouvoir perdu dans les urnes. Qu'en pensez-vous?
Je pense que la nomination de Christian Blanc est une bonne chose pour l'Ile-de-France, d'abord parce que l'homme a des qualités indéniables. C'est aussi la preuve que l'Etat a un intérêt particulier à voir se structurer l'agglomération parisienne. Des élus locaux en régions seraient ravis qu'un secrétaire d'Etat soit nommé pour aider au développement de leur territoire. Pourquoi n'en serait-il pas de même en Île-de-France? Je crois qu'il est logique que l'Etat ait un rôle à jouer en Île-de-France, notamment dans les financements.

Quelles sont, selon vous, les priorités absolues en Ile-de-France?
Trois priorités. D'abord les transports. La situation actuelle ne peut durer: le retard s'accumule. Le constat est connu, et nous avons des projets pour débloquer la situation. Mais on butte sur deux écueils: la question du financement et la complexité des procédures. Un vaste débat doit être engagé pour proposer des pistes concrètes pour le financement: emprunt public, fiscalité, partenariat, toutes les options doivent être évaluées. Ensuite, c'est la question du logement pour laquelle il faudra une intervention publique forte. Comment agir et avec quels moyens? Enfin, il faut réduire les fortes disparités sociales et fiscales qui déséquilibrent l'Ile-de-France et fragilisent sa situation sociale: tout le monde sait que les émeutes de banlieue peuvent se reproduire. Agir pour le développement de tous, c'est un véritable enjeu.

Sur ces dossiers, il y a une urgence. Comment gérer cette urgence?
Il y a urgence, c'est vrai. Mais la difficulté vient de la dichotomie entre l'urgence à trouver des solutions aux problèmes quotidiens des Franciliens et les politiques de long terme à mettre en oeuvre pour améliorer le dynamisme et l'attractivité de l'Ile-de-France. C'est cette dichotomie qui crée une tension supplémentaire. D'où encore la nécessité de ces assises de la conférence métropolitaine.

On parle beaucoup de transports collectifs - RER A, ligne 13, Tangentielle Nord. Cette fébrilité des pouvoirs publics ne cache-t-elle pas une inquiétude après des années d'inertie?
Cela illustre, encore une fois, que la gouvernance du territoire métropolitain n'est pas satisfaisante. Il y a un an, l'Etat et la région élaboraient le contrat de projets 2007-2013 pour définir les financements publics alloués par l'Etat, la région et les départements. Nous avons fait des demandes précises en matière de transports. Nous ne parvenions pas à débloquer les financements. Puis, tout d'un coup, en raison d'un emballement médiatique et d'une pression des usagers, on promet une pluie de milliards sur l'Ile-de-France. Cela ne donne pas une image de sérieux et de crédibilité. La crédibilité, c'est finalement le premier défi du Grand Paris.
par Grand Paris publié dans : Actualité Grand Paris
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Jeudi 5 juin 2008
LIBERATION
QUOTIDIEN : mercredi 4 juin 2008
SIBYLLE VINCENDON

Les dix équipes d'architectes et d'urbanistes sélectionnées ce matin vont devoir définir leur perception de la future métropole. Premières pistes évoquées.

Ce matin, Nicolas Sarkozy dévoilera la liste des dix équipes d’architectes et urbanistes sélectionnées pour dessiner l’avenir du Grand Paris. La liste n’est plus guère un secret depuis qu’une commission d’appel d’offres l’a dressée le 21 mai et que Libération et le Moniteur expert l’ont révélée (1). Richard Rogers (Royaume-Uni), Finn Geipel (Allemagne), le groupement MVRDV (Pays-Bas), Bernardo Secchi (Italie) et, côté français, Djamel Klouche, Yves Lion, Jean Nouvel, Christian de Portzamparc, Antoine Grumbach et Roland Castro enverront un représentant à l’Elysée. Chaque groupe aura cinq ou six phrases pour expliquer au Président sa vision du «Grand pari de l’agglomération parisienne», titre de la consultation.

Quarante-trois équipes avaient déposé un dossier pour faire partie des dix. Les retenus doivent maintenant réfléchir pendant sept mois sur «la métropole du XXIe siècle de l’après-Kyoto» et appliquer le fruit de leur pensée au cas particulier de Paris. Ils devront aussi creuser un thème de leur choix : mobilités, habitat, économie… Trois séminaires émailleront ces travaux, mi-septembre, mi-novembre et mi-janvier. Enfin, l’ensemble sera exposé à la Cité de l’architecture à Paris.

Il n’y aura donc pas une solution, mais des pistes multiples. Lancée par Sarkozy à l’automne, cette consultation aurait pu être l’alignement de quelques vedettes de l’architecture mondiale plus ou moins inspirées. Son organisation au sein du ministère de la Culture lui a donné une orientation beaucoup plus «jus de crâne», même si la liste des dix ne brille guère par ses découvertes de talents méconnus. Il est vrai que la réorganisation d’une métropole comme Paris n’est pas non plus un exercice pour débutants.

Tout ça pour quoi ? Avoir des idées et essayer d’y voir clair. La démarche de création d’une métropole a été entamée par Paris, avec la conférence métropolitaine initiée par Pierre Mansat, adjoint PCF aux Relations avec les collectivités territoriales. Elle s’est emballée depuis que Nicolas Sarkozy l’a prise en main, à sa manière ultravolontariste, avec évocation d’une communauté urbaine et, surtout, nomination d’un secrétaire d’Etat à la région capitale. Depuis, c’est guéguerre politique tous les jours sur ce qu’il y aura à gouverner.

Un peu d’urbanisme, donc, pour faire une pause. Déjà, les équipes ont esquissé stratégies et méthodes. Voici un best-of, glané au fil des dossiers.

(1) Libération du 23 mai.

Qu’est ce que la métropole ?

«La métropole a cessé d’être un lieu (que l’on peut dessiner) pour devenir une condition (que l’on peut, plus ou moins, décrire pour tenter de la définir).» Equipe Klouche

C'est quoi, une métropole ? Toutes les équipes disent en gros que ce n'est pas une ville, un endroit géographique, mais des réseaux et des flux. Il y a, écrit MVRDV, «un fonctionnement métropolitain de fait. [.] On peut très bien imaginer des cartes métropolitaines de flux et de réseaux, de bassins d'emploi, de logements et d'équipements complètement décalées entre elles, dans l'espace et dans le temps». La métropole, c'est aussi une organisation par pôles, tout le contraire de la ville «radioconcentrique» (un centre vers lequel tout converge). L'équipe Klouche évoque les développements de la grande périphérie : «D'autres modes de vie, [.] comme si la ville n'était plus du tout ce qu'on croyait ou ce qu'on voudrait qu'elle soit.» Enfin, sur le plan économique, la métropole est aussi une «position concurrentielle à l'échelle mondiale», écrit l'équipe Portzamparc. L'organiser, c'est éviter qu'elle ne soit que cela.

Quelles frontières ?

«Comment penser aujourd’hui Paris quand cette métropole est vendue par les guides Michelin avec Eurodisney en ouverture ?» Equipe MVRDV

Question majeure : jusqu'où va la métropole parisienne ? Réponse carrée de l'équipe Castro : «Le Grand Paris transforme une capitale de 10 kilomètres sur 10 en une métropole de 30 sur 30.» Réponse audacieuse de l'équipe Grumbach : le Grand Paris est «un territoire englobant à la fois Paris, Rouen et Le Havre». Toutes les grandes métropoles, estime-t-elle, «ont accès à la mer». Les autres urbanistes vont moins loin. «La perspective n'est pas un plus grand Paris, toujours plus grand, mais un Paris autre», note l'équipe Klouche. Le propos est subtil, mais n'aide guère à tracer une frontière. L'équipe Lion tente une ébauche : «Le centre économique principal va désormais de Nanterre à Montreuil et de Saint-Denis à Boulogne.» D'autres englobent l'Ile-de-France dans son ensemble, comme l'équipe Rogers, qui compte 11,3 millions d'habitants dans la métropole, soit «plus que Londres ou New York». La notion d'«archipel» revient souvent dans les dossiers, ce qui ne facilite pas non plus les tracés nets.

Quel lien au public?

«Une campagne de photographies aériennes sera menée lors de la phase initiale du travail [.] sous un angle type "vue d'oiseau".» Equipe Geipel

Comment montrer ce qu’on projette ? Problème clé de l’urbanisme. Les dix équipes doivent produire de quoi nourrir l’exposition qui clôturera le processus en janvier 2009. Pas facile. Deux maquettes de 2 mètres sur 3 sont demandées, mais l’avenir d’une agglomération ne se représente pas avec des maisons miniatures. Les résultats pourraient frôler l’art contemporain, avec ce que cela implique d’abstraction. Or, il faut aller vers les profanes. «Faire de l’urbanisme dans la région parisienne avec l’objectif de construire sur des territoires déjà construits implique d’emblée une relation forte avec le public», note l’équipe Lion, qui milite pour «une exposition itinérante et ambitieuse».

Cartes, plans, graphiques seront dans tous les dossiers, avec aussi de la vidéo à haute dose (équipe Lion), des films d’animation et un grand tableau multimédia (équipe Klouche) ou des atlas (équipe Grumbach).

Les maquettes géantes seront sans doute les rendus les plus spectaculaires. Mais pas forcément les plus faciles à décrypter, car elles risquent d’être très conceptuelles.

Quels thèmes ?

«Le paysage d'Ile-de-France n'est pas assez honoré. Où est la Marne, où est la vallée ? Pourtant, les ciels y sont exceptionnels, le climat plutôt confortable.» Equipe Lion

La consultation demande aux équipes de creuser des thèmes. Certaines annoncent clairement la couleur, comme celle de MVRDV, qui traitera de l'habitat et explorera «l'histoire des Paris du futur». En clair, un travail historique sur les plans et prospectives appliqués à Paris par le passé. L'équipe Klouche se penchera sur «les réseaux, les déplacements, les mobilités». Au fil des dossiers apparaissent les thématiques qui s'imposent dans une consultation sur la métropole «de l'après-Kyoto». «La problématique la plus structurante risque d'être la lutte contre le changement climatique», pose ainsi l'équipe Portzamparc. Pas facile avec Paris au milieu. «La patrimonalisation du bâti», qui empêche de modifier les immeubles, «constitue un obstacle spécifique au traitement [.] des "épaves thermiques" quasi-impossibles à rénover», pointe-t-elle. La question des espaces naturels, l'artificialisation des sols, revient souvent. L'équipe Grumbach veut développer «l'agriculture urbaine». Les quartiers sensibles sont peu évoqués, sauf par l'équipe Castro, spécialiste du sujet.

Quelle méthode ?

«L'historien, le philosophe, le géographe, l'économiste, le sociologue, l'ingénieur, l'architecte urbaniste, le piéton. tous parlent de la même chose, aucun n'en parle sur le même plan.» Equipe Portzamparc Les dix équipes retenues fédèrent, sous la houlette d'un architecte urbaniste, des laboratoires de recherche urbaine, des paysagistes, des ingénieurs, des économistes, des graphistes, sans compter les multiples compétences sur lesquelles elles s'appuieront. Certaines équipes revendiquent jusqu'à 250 experts. D'où l'importance des méthodes de travail. «Le risque est grand pour cette étude de devenir une synthèse de l'art sur le Grand Paris», pointe justement l'équipe Lion. Une note méthodologique était demandée à chaque groupe. On y trouve des principes généraux, du type : «Proposer des stratégies et des desseins plutôt que des projets et leurs dessins» (équipe Nouvel). Mais aussi des organisations précises : master class avec l'université technique de Berlin, le MIT et Harvard (équipe Geipel), analyse statistique fouillée avec la London School of Economics (équipe Rogers). L'équipe Portzamparc désigne un directeur de projet et celle de Nouvel un comité de pilotage.

Qui gouvernera ?

«Une gouvernance urbaine efficace est la condition la plus importante pour permettre le changement urbain.» Equipe Rogers

Comment diriger le futur Grand Paris ? Epineuse question face à la mosaïque institutionnelle actuelle. Seul le Britannique Rogers promet la «définition d'un système de gouvernance [.] démocratique, efficace et capable de rendre des comptes». L'équipe Lion fait «le pari que c'est le grand projet qui inspirera le changement des règles et non l'inverse».
par Grand Paris publié dans : Actualité Grand Paris
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