Région Ile de France

Lundi 20 novembre 2006

 Point de vue signé par Jean-Marie Le Guen, député de Paris,

Paru dans le quotidien LIBERATION  daté du 4 février 2005



En annonçant sans concertation l'implantation de deux nouveaux sites administratifs de grande ampleur dans Paris (le ministère des Affaires étrangères et le TGI), Jean-Pierre Raffarin n'a pas seulement rappelé aux Parisiens les méthodes détestables de l'équipe municipale précédente, il a aussi souligné l'absurdité de vouloir insérer dans le tissu dense et presque achevé des limites actuelles de Paris des fonctions et des symboles qui se rattachent pourtant à la capitale.


Alors que l'agglomération parisienne a la chance de constituer, par sa taille, la première métropole européenne, l'étroitesse des limites administratives de Paris en fait l'une des plus denses et des plus petites villes capitales. Ce déséquilibre entre la définition administrative et politique de Paris et la vie quotidienne, qu'elle soit économique ou sociale, de la métropole constitue, à l'évidence, un grave handicap pour le dynamisme, les solidarités, la vie démocratique de l'ensemble urbain. Où trouver en effet dans Paris l'espace pour développer des projets ? Comment mutualiser dans l'agglomération les richesses, notamment fiscales, et lutter contre les ghettos ? Comment le citoyen qui vit l'agglomération peut-il appréhender, dans les limites étriquées du découpage administratif actuel, un projet global qui engage son environnement urbain ?


Il y a déjà plus de dix ans, les socialistes parisiens réfléchissaient à la constitution d'un « Grand Paris ». Si riche que fût cette réflexion, imaginer que l'on puisse par une décision venue d'en haut redécouper les territoires administratifs et les fonctions politiques de la région parisienne paraît illusoire et, à certains égards, dangereux. C'est plutôt au niveau du terrain qu'il faut commencer à tisser les solidarités de fait que la vie réelle imposera. Déjà autour de Paris se constituent des communautés de communes qui montrent que l'intérêt collectif peut prendre le pas sur les querelles de clochers. Des politiques communes se mettent en œuvre, et l'on voit bien que les Jeux olympiques, qui cristallisent aujourd'hui l'ambition de Paris, ne sont possibles qu'avec le concours décisif de la Région et la coopération des communes périphériques.


Mais il faut hâter ce mouvement car l'intérêt général pâtit de voir s'accumuler ici richesse fiscale et suradministration et là pauvreté et sous-investissement public. Chacun de nous est victime de ces divisions anachroniques : la croissance vertigineuse des prix de l'immobilier et l'exclusion territoriale qui l'accompagne procèdent d'abord de l'insuffisance de la politique de logement, politique impossible quand on ne produit pas assez de « ville » au sens de territoires urbains aménagés, bénéficiant d'équipements publics.


Face à ces retards, l'Etat a un rôle décisif à jouer. François Mitterrand, hier, a eu la volonté de bousculer les conservatismes étriqués en imposant le déménagement du ministère des Finances du Louvre vers l'est de la capitale. Il a aussi installé le ministère de l'Equipement à La Défense, même si celui-ci ne s'est toujours pas complètement réalisé. C'est aujourd'hui ce mouvement qu'il faut amplifier en installant au-delà du périphérique mais toujours au cœur de la région capitale au moins deux ministères de fonction régalienne, à la fois symbole et force d'attraction. C'est ainsi que l'Etat inscrira le nouvel horizon de la capitale et permettra à l'aménagement de la métropole de faire un saut décisif.


Mais le seul aménagement de la région n'est pas en cause, en bougeant les ministères on répondra aussi au besoin ardent de les moderniser. En quittant le quai d'Orsay, le ministère des Affaires étrangères recherche une fonctionnalité qui corresponde au renouveau de son action. Lorsque l'on regarde les Etats-Unis, personne ne pense que le Pentagone a déchu parce qu'il a franchi le Potomac.

Le développement de la qualité de la vie dans l'agglomération comme sa compétitivité internationale justifient des actions fortes qui bousculent les petites habitudes. Ainsi il est possible de rendre à Paris une souplesse d'aménagement et un espace auxquels aspirent ses habitants, tout en relançant une ambition pour l'aménagement de la région capitale. La maxime de Sénèque que citait Paul Delouvrier il y a quarante ans en exergue du schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme de la région parisienne reste plus que jamais d'actualité : « Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que l'on n'ose pas, c'est parce que l'on n'ose pas qu'elles sont difficiles. »

Par Jean-Marie Le Guen
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Lundi 16 juillet 2007

[PRESSE]

LE FIGARO

LAURENCE CHAVANE.

Publié le 16 juillet 2007


François Fillon a écrit à Jean-Paul Huchon pour lui demander de surseoir à l'enquête publique sur la révision du SDRIF.

L'ÉPREUVE de force est engagée entre l'État et le conseil régional d'Ile-de-France sur le rôle de la première région française dans la compétition mondiale. Selon nos informations, le premier ministre, François Fillon, a envoyé, jeudi 12 juillet, une lettre au président de Région Jean-Paul Huchon (PS) lui demandant de surseoir à l'enquête publique sur la révision du SDRIF, le schéma directeur de la région Ile-de-France. Il y rappelle les ambitions internationales de Nicolas Sarkozy pour le coeur de la France.

Ce n'est pas un hasard si ce même jeudi, le président de la Région a annoncé haut et fort qu'il venait de signer l'arrêté portant ouverture de l'enquête publique. Il pousse les feux en faisant franchir sans tarder une nouvelle étape au projet d'aménagement adopté par la Région en février dernier.

Certes, l'affaire prend à ce stade apparemment l'allure d'une bataille de procédure, voire d'une nouvelle bisbille politique entre la droite et la gauche. Mais l'État et la Région sont incontestablement en désaccord sur le fond. Ils n'ont pas la même vision des enjeux de développement et divergent sur la façon de relancer l'attractivité de l'Ile-de-France dans la course où s'affrontent les grandes puissances.

La région parisienne a un rôle particulier à jouer par rapport aux autres « régions capitales » européennes. Du fait de son histoire et de sa géographie, c'est elle qui entraîne - qu'on le veuille ou non - le reste du pays. Et l'affaiblissement des positions de l'Ile-de-France dans le paysage national se confirme d'année en année. Les dernières statistiques 1997-2006 (Acoss) montrent que l'emploi a progressé de 16 % en Ile-de-France contre 17,1 % pour la moyenne nationale, dont 24,7 % en Paca. Et l'activité se déplace de Paris vers les petite et grande couronnes.

Paris n'est pas à l'abri du monde

Cela signifie que les embauches sont moins porteuses dans les endroits les plus accessibles du marché de l'emploi. Que Paris ne tire plus autant leur croissance. Dans une étude Une région de projet : l'avenir de Paris, publiée fin 2006 par la Diact, l'urbaniste Paul Chemetov et l'économiste Frédéric Gilli mettent aussi en garde : « Paris doit rester un indiscutable centre du monde, il serait funeste de se tromper d'échelle. » L'échelle, c'est ce qui oppose l'État, les Hauts-de-Seine, le Val-d'Oise, les Yvelines et les chefs d'entreprises (Medef, CGPME, CCI) à la Région qui craint le développement du territoire à deux vitesses. Les points de désaccord portent sur l'extension du pôle de la Défense, l'équilibrage entre l'Ouest et l'Est et la liaison rapide CDG -Express. L'État veut relancer le quartier de bureaux emblématique et n'accepte pas que la Région contrecarre cette « opération d'intérêt national ». Il privilégie le développement des « territoires économiques majeurs » et veut conforter Roissy comme grande porte d'entrée européenne.

Denis Baupin, adjoint au maire de Paris, l'élue régionale Catherine Candelier et Mireille Ferri, vice-présidente de la Région, qualifient dans Le Monde du 13 juillet la liaison avec Roissy d'« infrastructure ferroviaire dédiée aux golden boys afin qu'ils puissent rejoindre plus rapidement l'aéroport de Roissy sans s'arrêter dans les contrées défavorisées de l'Est pour éviter d'y côtoyer la plèbe ». Cela en dit long. Pour ces élus, la France doit se développer dans la bulle de Globalia à l'abri du monde. Rien que la ruée des Britanniques sur l'immobilier hexagonal démontre le contraire.

L'avis du Conseil de Paris sur le futur SDRIF est attendu demain. Il donnera aussi le ton sur la création d'un Grand Paris, une autre bataille de pouvoir qui oppose cette fois-ci le maire de Paris au président de Région. Car une intercommunalité entre la capitale et les communes alentour qui est jugée utile par le chef de l'État, affaiblirait le poids politique de l'élu régional.

Par Grand Paris
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Mardi 17 juillet 2007

[TRIBUNE LIBRE]

Le Grand Paris doit se fonder à partir des grands pôles existants et avec la coopération de leurs élus.


Par Par PATRICK BRAOUEZEC, , député de Seine- Saint-Denis, président de l’agglomération Plaine- Commune., Patrick Braouezec, député de Seine- Saint-Denis, président de l’agglomération Plaine- Commune.


LIBERATION / QUOTIDIEN : mardi 17 juillet 2007

La question du Grand Paris revient, par la voix du président de la République. A sa façon autoritaire habituelle, sous couvert d’efficacité, et sans s’embarrasser de détours théoriques, celui-ci invoque le principe d’urgente nécessité comme une évidence simple. Ce n’est pas parce qu’on ne tourne plus autour du pot que l’on n’est pas dans une démarche politicienne de court terme. Et cela, sans le moindre égard pour l’ensemble des élus locaux et pour les quartiers populaires.

La question du Grand Paris et du devenir de la région capitale est tout sauf une question technique de bonne administration ou de bonne entente entre les élus locaux. C’est vrai aussi dans le cadre de notre coopération avec la capitale. La conférence métropolitaine témoigne à sa façon de l’ambiguïté de l’exercice. Si le thème du Grand Paris y est le plus souvent éludé, il constitue en fait un non-dit aveuglant, structurant de nombreux documents d’étude. Or, il ne s’agit pas seulement de donner un espace nouveau à un simple besoin de dialogue, avec l’objectif affiché de régler de façon consensuelle des problèmes flagrants, après des décennies de mépris et de relégation entre Paris et ses banlieues populaires.

C’est une question de société, une question de valeurs et d’avenir à construire. Nous nous devons d’en relever les enjeux. En effet, il y a un point qui fait consensus, que toutes les études sur le Sdrif (schéma directeur de la région Ile-de-France, ndlr) mettent en avant comme un problème majeur : ce sont les inégalités sociales et économiques dont souffre cette région pourtant la plus riche de France (avec les plus bas revenus par famille concentrés dans la banlieue nord de la capitale).

Décréter le Grand Paris de cette façon, c’est renforcer les mécanismes en cours et c’est un développement de l’Ile-de-France de plus en plus inégalitaire. Les familles modestes et les couches moyennes se verront ainsi constamment reléguées toujours plus loin de la centralité parisienne. C’est dangereux socialement, en termes de développement durable, c’est renforcer l’étalement urbain, et c’est un frein à la compétitivité de notre région. Deux ans de travail et d’échanges entre les collectivités territoriales sur le Sdrif ont permis d’aboutir à un schéma de développement qui prend en compte des orientations favorisant le rééquilibrage. Balayer cela au détour d’un discours, en laissant croire à l’indétermination et à la frilosité des élus, est évidemment une insulte pour la démocratie et pour les populations.

La communauté d’agglomération que je préside est la preuve que des coopérations intercommunales très étroites et cohérentes sont possibles en Ile-de-France, sur d’autres critères que la concurrence, l’hégémonie ou la préservation de l’entre-soi des riches. Nous relevons le défi d’un développement solidaire tendant à faire de notre bassin de vie une centralité urbaine émergente, attractive, pôle de dynamisme économique mais aussi social, urbain, environnemental. Avec une ambition majeure : ne pas chasser de cette centralité les populations dans leur diversité.

Car la bonne santé de notre société repose sur la cohésion sociale qui est aussi la capacité à vivre ensemble, à faire de la ville le terreau d’un mélange de cultures, de créativités, de projet collectif où chacun aurait sa part active. Nous ne vivrons pas bien si nous sommes enfermés chacun dans un parcours prédéterminé. Déplacer le curseur administratif parisien pour y englober la petite couronne, c’est poursuivre simplement une histoire d’hégémonie monocentrée dont il est urgent de sortir. D’autant que se joue pour nous le devenir d’un territoire comme La Plaine- Saint-Denis, riche de potentialités de toutes sortes, où se cristallisent enjeux et convoitises.

Il est urgent de porter un autre regard sur ces territoires. Il s’agit de définir plusieurs pôles de centralité. On peut d’ores et déjà en déterminer cinq ou six existants, en plus de Paris, qui a bien sûr une place déterminante dans ce réseau : Plaine-Commune - Plaine-de-France, Seine-Amont, l’Est parisien, au même titre que la Défense ou Issy-les-Moulineaux. Ainsi on peut envisager des dynamiques nouvelles, fondées sur des synergies et des coopérations, un rééquilibrage régional avec des centralités qui ne soient pas synonymes d’exclusion, comportant l’ensemble des services qui font la qualité de la ville dense, pour tous, y compris les familles modestes.

Cela suppose des politiques publiques affirmées à tous les niveaux, depuis l’Etat jusqu’à la commune, avec des choix d’investissement ; et en accompagnant la création des intercommunalités indispensables à une gouvernance collective, à la bonne échelle de territoire. Ainsi nous participerons tous à un élan nouveau au service des populations en même temps qu’à l’attractivité de notre région.

Par Grand Paris
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Jeudi 26 juillet 2007

Comme nous l'avons souvent souligné, la concentration trop forte de logements sociaux dans certains territoires asccentue les discrimination ssociales et urbaines. Il devient nécessaire de plafonner le seuil de logements sociaux dans chaque commune afin d'éviter l'effet "ghetto", qui crée une spirale défavorable (niveau scolaire, commerces, etc) !...

[PRESSE]

 

Objectifs


Le Schéma directeur de la région Ile-de-France vise à rapprocher logements, emplois et transports en commun pour lutter contre l'étalement urbain. D'ici 2030, le Sdrif prévoit la création de 60 000 logements par an soit 1,5 million en vingt-cinq ans. La construction annuelle moyenne entre 1990 et 2005 a été de 40 800. Elle chute depuis 2000. Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne devront construire 29 400 logements par an contre 20 800 en moyenne depuis 1990.


Agenda


Du 15 octobre au 8 décembre. Enquête publique.


A l'été 2008, au plus tôt, adoption du texte définitif par la région. Pour entrer en application, il devra être validé par le Conseil d'Etat. La décision de le transmettre relève du gouvernement.


LE MONDE | 25.07.07 | 14h02 •


Jusqu'ici les attaques frontales et médiatiques sont venues de la droite. Le 26 juin, Nicolas Sarkozy a tiré, le premier, contre le schéma directeur de la région Ile-de-France (Sdrif). Elaboré par le conseil régional présidé par le socialiste Jean-Paul Huchon, ce document - encore au stade de projet - a pour ambition de planifier l'aménagement du territoire à l'horizon 2030.


Le 18 juillet, le premier ministre, François Fillon, a prévenu M. Huchon que le gouvernement ne donnerait pas son feu vert si la copie définitive du Sdrif n'intégrait pas certaines demandes de l'Etat, à l'issue de l'enquête publique prévue d'octobre à décembre.


Plus discrètes jusque-là, les critiques commencent aussi à se faire entendre à gauche. Certains élus socialistes franciliens reprochent au Sdrif, en imposant un programme trop lourd de logements sociaux à l'est, de tourner le dos à son objectif affiché : permettre aux départements les plus pauvres de rattraper leur retard économique par rapport à l'ouest.


Pour répondre à la demande de logements et enrayer l'étalement urbain, le Sdrif, élaboré sous la houlette de Mireille Ferri, vice-présidente (Verts) à la région, prévoit que, sur les 60 000 logements à construire chaque année à l'échelle régionale, près de 30 000 le soient à Paris et dans les trois départements limitrophes. La Seine-Saint-Denis devra ainsi augmenter de 109 % sa construction totale de logements, le Val-de-Marne de 60 %, les Hauts-de-Seine de 21 %.


Ces trois départements devraient créer environ 5 000 logements sociaux par an chacun, ce qui suppose un effort de rattrapage plus important pour les Hauts-de-Seine que pour le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis. Mais, si les objectifs du Sdrif sont respectés, ce dernier département verra, au final, sa proportion de logements sociaux passer de 36 % en 2005 à 44 % en 2030 : un niveau toujours nettement plus élevé que la moyenne régionale (33 %).


"La concentration de logements continue d'être imposée aux mêmes, s'insurge Gilbert Roger, le maire PS de Bondy (Seine-Saint-Denis). C'est bien en Seine-Saint-Denis que les pouvoirs publics veulent construire toujours plus et rien dans les Hauts-de-Seine et les Yvelines. Pourquoi ?"


Les conseils généraux (PCF) de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne ont donné un avis favorable au Sdrif. M. Roger reproche aux élus communistes de son département "une erreur de stratégie". "Ils veulent engranger des logements sociaux pour se constituer un stock électoral, dit-il. Les mauvais résultats des dernières législatives du PCF montrent que ce n'est plus payant. Face aux problèmes sociaux, une partie de l'électorat de gauche finit au contraire par quitte le département." Le maire de Bondy entend faire du logement un thème de la campagne du PS local pour la conquête du conseil général aux cantonales de 2008.


"La Seine-Saint-Denis, dirigée par le PCF, ne doit pas continuer à supporter seule la demande croissante de logements sociaux dans la région, estime Bertrand Kern, le maire PS de Pantin (Seine-Saint-Denis). Il nous faut sortir du partage historique de la région entre les gaullistes à l'ouest et les communistes à l'est." Pour Olivier Galiana, conseiller régional PS, "le Sdrif a prévu beaucoup de logements sociaux en Seine-Saint-Denis parce que le pouvoir régional n'a pas voulu en imposer suffisamment à Paris. L'exécutif de la région s'est autocensuré pour ne pas fragiliser Delanoë".


"Un mauvais procès", réplique Pierre Mansat, adjoint PCF de Bertrand Delanoë chargé des relations avec les collectivités territoriales. Le Sdrif assigne à la capitale l'objectif de création de 20 % de logements sociaux d'ici à 2030 contre 15 % aujourd'hui. Un effort très important compte tenu "des contraintes foncières de l'espace parisien", a rappelé Bertrand Delanoë, le 16 juillet. Le maire de Paris s'est toutefois engagé à dépasser l'objectif du Sdrif pour atteindre la barre des 25 % d'ici à 2030. Confronté à la montée des réticences des élus de la gauche francilienne, M. Huchon n'entend pas, du coup, transiger avec les exigences du Sdrif en matière de logement dans les Hauts-de-Seine. "Je continuerai à plaider notamment auprès de l'Etat pour que le plan de renouveau du quartier d'affaires de La Défense - avec à la clé 150 000 m2 de nouveaux bureaux - inclue davantage de logements", affirme le président de la région.


Inscrite dans le Sdrif, cette recommandation est "impossible à réaliser", prévient d'emblée Roger Karoutchi, président du groupe UMP au conseil régional. "Les derniers terrains disponibles pour construire des logements près de La Défense ont été transférés à la ville voisine communiste de Nanterre, par le gouvernement de Lionel Jospin", affirme-t-il. Egalement secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, il aimerait lui aussi que le Sdrif revoie à la baisse ses exigences en matière de logement dans l'agglomération parisienne.


Par Grand Paris
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Vendredi 27 juillet 2007
[TRIBUNE LIBRE]

LE FIGARO Publié le 27 juillet 2007

Rubrique Débats & Opinions


Par François Ascher, professeur à l'Institut français d'urbanisme (université Paris-VIII), président de l'Institut pour la ville en mouvement (PSA Peugeot Citroën).

Développer, aménager et gérer les régions mégapolitaines, dans lesquelles vivent et travaillent des millions de personnes, est un défi contemporain qu'aucun pays n'est encore parvenu à relever de façon totalement satisfaisante, et qui va bien au-delà de la question de l'avenir de la seule zone centrale. De fait, les problèmes sont d'une extraordinaire complexité et l'évolution du monde actuel ne cesse de rendre les choses plus difficiles : la globalisation, les changements sociaux et de modes de vie, les nouvelles technologies de l'information, les enjeux environnementaux, non seulement changent les donnes, mais créent toutes sortes d'incertitudes qui rendent les politiques urbaines à long terme très problématiques.

La question de l'avenir de l'agglomération parisienne est donc à situer dans ce contexte, avant toute mise en cause des politiques qui ont été menées... ou non menées. De même, si la dimension institutionnelle de l'affaire sera probablement in fine très importante, il est clair qu'elle ne peut être séparée de la question des choix stratégiques à effectuer. La première urgence n'est donc, ni de mettre sur pied un nouveau dispositif institutionnel, ni de lancer toute une série d'actions concrètes, mais d'élaborer les grands axes d'un projet mégapolitain adapté à ce monde et aux conditions propres de l'Ile-de-France.

Ce projet stratégique n'existe pas aujourd'hui. Le schéma directeur (Sdrif) qui a été préparé depuis deux ans a été l'occasion de riches débats, mais il est plus un catalogue d'actions possibles qu'un ensemble structuré de solutions clairement hiérarchisées.

Par ailleurs, beaucoup d'initiatives se sont développées depuis quelques années en Région Ile-de-France, qui sont également prometteuses : des coopérations intercommunales originales ont ouvert des perspectives innovantes, des modes nouveaux d'association du monde politique local et de la société civile ont été expérimentées, quelques opérations urbaines remarquables ont été réalisées, quelques projets d'infrastructures ont vu le jour. La Région n'est pas endormie, mais il lui faut un projet d'ensemble capable d'intégrer toutes les dynamiques locales dans une dynamique commune. La Région Ile-de-France n'est pas une mosaïque de territoires. Son aménagement et son développement exigent donc de prendre en compte sa dimension de système.

Le projet stratégique qu'il faut donc élaborer, ne doit évidemment pas résulter d'une démarche technocratique, car les solutions seront autant politiques que techniques, et la démocratie y sera aussi essentielle que l'expertise... et la contre-expertise.

Comment peut-on donc agir au stade où nous en sommes, étant entendu que les intérêts des élus de la Région sont incroyablement variés et contradictoires et relèvent tout à la fois des intérêts immédiats des populations et des territoires qu'ils représentent, des partis politiques auxquels ils appartiennent, ou de leur sensibilité particulière à tel ou tel enjeu ?

Une première étape pourrait consister à décider le plus légitimement possible du dispositif d'élaboration du projet qu'il s'agit de mettre en place au plus vite. Pourquoi ne pas constituer, par exemple, un comité qui ferait rapidement des propositions au gouvernement, en y joignant l'avis de tous les acteurs sociaux consultés à cette occasion ?

Pendant cette période et pour ne pas perdre de temps, un groupe d'experts pourrait être chargé d'expliciter les grands choix qui sont à faire, lister les priorités qui sont à établir, commander les études qui manquent encore. Par exemple, les grands projets de transports doivent résulter des choix d'aménagement, de la localisation des pôles à privilégier, des relations que l'on veut promouvoir entre les différentes composantes de la région ; et non l'inverse ! Plusieurs scénarios ou combinaisons sont probablement possibles, pour polariser, axialiser, articuler, répartir, réunir ou séparer les fonctions, les populations et les territoires. En témoignent les choix différents adoptés par Londres, Tokyo, la Randstad aux Pays-Bas, et par des régions un peu plus petites, comme celles de Madrid ou Berlin. Les choix franciliens actuels n'ont jamais été posés clairement en ces termes. Il est urgent de le faire et c'est tout à fait faisable.

Nous pourrions alors espérer au début de l'année prochaine, disposer d'une proposition de dispositif institutionnel et d'une formulation claire des choix à faire. La démocratie pourra trancher alors selon des modalités qui sont à préciser mais qui ne relèveront pas de la recherche d'un impossible compromis entre toutes les communes et entre tous les départements, et entre toutes les forces sociales et politiques. On ne peut en effet promouvoir l'intérêt général en suivant une logique de plus petit dénominateur commun.

Certains s'inquiéteront probablement des opérations politiques qui pourraient être menées à cette occasion. Ils n'ont pas tort et il faut éviter toute naïveté en la matière. Mais par ailleurs, étant donné ce qu'est notre pays, sa vivacité démocratique, le degré actuel de la décentralisation et la complexité du système urbain, aucun projet stratégique, quel qu'il soit, ne pourra être mis en oeuvre s'il ne recueille pas une large adhésion. La tâche à accomplir est ardue, mais la Région dispose déjà de beaucoup d'éléments, de connaissances, d'expérience du débat. Fin 2008 devrait donc être une échéance réaliste pour décider du projet francilien stratégique et mettre sur pied son dispositif de pilotage. Ensuite, l'imagination, la créativité et la combativité de tous les acteurs, le dynamiseront, le corrigeront, l'adapteront, autrement dit, rendront effectif et le potentialiseront.


Par Grand Paris
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Samedi 4 août 2007
Jean-Paul HUCHON tente de convaincre que le SDRIF élaboré sous la houlette de la Région IDF mérite d'être adopté, dans le bras de fer qui l'oppose désormais à l'Etat, tout en étant un peu à court d'arguments solides !...

[TRIBUNE LIBRE]


LE FIGARO - Publié le 04 août 2007


Par Jean-Paul Huchon, Président de la Région Ile-de-France.


Le sort de la métropole francilienne à l'horizon 2030 ne peut se résumer au devenir d'un pôle, fût-il le premier quartier d'affaires européen à la Défense, ou au taux de logement social d'un département, fût-il celui, ô combien crucial, de la Seine-Saint-Denis. Non, le projet d'aménagement du territoire régional ne peut être vendu par lot à l'encan : il est global ou il n'est pas.


Que peut-on comprendre des priorités de transport si l'on néglige pollutions et gaz à effet de serre ? Rien ! Que peut bien signifier le choix de la densification si l'on fait fi des réalités urbaines ? Pas grand-chose ! Que nous disent les chiffres de construction de logements s'ils ne sont pas corrélés à ceux de l'emploi ? Encore moins !


Prenons au hasard... l'exemple de la Seine-Saint-Denis. C'est le département francilien dont l'emploi a le plus progressé durant la période 2000-2005 : + 7 %, le département qui a capté 19 % de la construction de bureaux en Ile-de-France depuis 2000 contre 12 % à Paris, ou 10 % en Essonne, et c'est aussi le département qui affiche le taux de création d'entreprises le plus élevé en Ile-de-France.


Là comme dans toute la Région, il nous faut doubler le rythme de construction de logements. Pourquoi ? Parce que le développement de l'emploi s'y fera à un rythme bien supérieur, et aussi parce que là se trouve un gisement insoupçonné : le nord et l'est du coeur d'agglomération concentrent aujourd'hui les potentialités foncières et les espaces urbains en mutation les plus vastes de la région parisienne.


À condition bien sûr d'y soutenir ce développement économique et les transports collectifs. À condition aussi de ne plus y concentrer le logement social - de tous les départements, c'est celui où l'effort fixé par le projet régional est le plus faible - tout en veillant à le répartir autrement entre communes populaires et communes résidentielles. Parce qu'il n'y a pas que des cités dortoirs dans le « 93 »...


De cet exemple, pris parmi beaucoup d'autres, on comprend qu'il nous faut réparer les erreurs du passé : l'urbanisation déconnectée des réseaux de transport, les pôles d'emplois sans âme toujours plus éloignés des espaces de vie, les frontières administratives et autres « barrières d'octroi » sans rapport avec les réalités vécues. Et, plus difficile encore, préparer l'avenir ! Avec une question simple mais tellement complexe à mettre en oeuvre : comment adapter la civilisation urbaine européenne à l'heure des réseaux, des mutations productives et du changement climatique !


Aujourd'hui, chaque métropole européenne développe des projets urbains phares, de Thames Gateway à Londres au 22@ à Barcelone en passant par le projet Stadshavens de Rotterdam. Et l'Ile-de-France ne fait pas exception : des Batignolles au plateau de Saclay en passant par le pôle du Bourget, les docks de Saint-Ouen ou encore Seine-Amont-Orly, la Région déborde de projets... Mais peu de métropoles européennes ou mondiales ont l'opportunité que nous avons saisie de faire émerger un projet d'ensemble pour construire une métropole socialement et économiquement performante tout en étant résolument écologique.


L'Ile-de-France de 2030 que le conseil régional propose, et avec lui les grandes collectivités franciliennes, les acteurs de l'aménagement, les urbanistes, les citoyens aussi, est une métropole d'un seul tenant associant Paris, la banlieue et les villes nouvelles, organisée en cinq faisceaux à partir des grands axes de transports et de nos pôles économiques internationaux. C'est une agglomération nécessairement dense car là est notre héritage, mais aussi la clef de notre avenir : les déplacements y sont simplifiés, les capacités d'innovation et de création y sont démultipliées, les grands services publics y sont accessibles. C'est une ville à vivre avec sa ceinture verte, ses nouveaux quartiers écologiques, ses corridors verts, en symbiose avec les vastes espaces forestiers et agricoles franciliens. C'est, enfin, une communauté solidaire où élever ses enfants, accueillir de futurs Franciliens venus du monde entier ou, tout simplement, bien vieillir.


Ce que je défends là, c'est un pari métropolitain qui rompt avec des décennies de logiques cloisonnées et de ségrégation territoriale, qui engage une véritable révolution des transports régionaux et de l'urbanisme et qui exige aussi des évolutions institutionnelles et fiscales.


Bien sûr, ce projet impose des arbitrages locaux pour lesquels il faut convaincre. Certainement, ce projet contrecarre des logiques de fiefs toujours dangereuses à affronter. Forcément, ce projet est coûteux et exige un investissement public sans précédent. Vous l'aurez compris, une véritable bataille politique est engagée autour de l'aménagement de la région parisienne.


Après plus de deux années de débats et de négociations, nous sommes enfin près d'aboutir et, surtout, de passer à l'action. Nous, c'est-à-dire le conseil régional, Paris, une majorité de conseils généraux, la plupart des grandes villes d'Ile-de-France et nombre d'acteurs et d'urbanistes. Alors, quelles que soient les tentations autoritaires ou les grandes et les petites manoeuvres préélectorales, nous restons ouverts à toutes les propositions de bonne volonté, mais nous ne laisserons pas mettre en péril le devenir métropolitain dont nous avons collectivement la responsabilité. L'avenir de l'Ile-de-France vaut mieux que de médiocres préparatifs d'artillerie pour une élection municipale où on tenterait sans succès d'opposer Paris à la Région ou pour une élection régionale encore bien lointaine.


Par Grand Paris
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Dimanche 18 mai 2008
Le Président de la Région IDF demeure sceptique sur la création d'une véritable intercommunalité à l'échelle métropolitaine. Nous regrettons sa position qui n'est justifiée que par un protectionnisme excessif de l'échelle régionale. Il faut rappeller que Paris et la première couronne ne représentent que 6% du territoire régional !!!

L'existence d'un Grand Paris, au-delà de son extrème nécessité pour régler les problèmes urbains, sociaux,  économiques et administratifs du coeur d'agglomération, ne représente guère une menace sérieuse sur les prérogatives régionales. La plupart des projets" annoncés par Christian Blanc, notamment en matière de transport, vont dans le sens d'une réelle amélioration des transports régionaux et vont nécessiter une contribution de l'Etat qui facilitera leur mise en oeuvre et soulagera les finances régionales...

Jean-Paul Huchon devrait prendre la mesure de l'enjeu politique et citoyen de la réalisation d'un Grand Paris et se rallier à la cause...

Antonio Duarte



Propos recueillis par Bertrand GRECO
Le Journal du Dimanche

Le président PS du Conseil régional d'Ile-de-France, également président du Syndicat des transports en Ile-de-France (Stif) et fidèle strauss-kahnien, répond à Christian Blanc sur "Région capitale", Jean Sarkozy sur la RN13, évoque ses relations avec le maire de Paris Bertrand Delanoë et Dominique Strauss-Kahn. Il revient aussi sur les "élucubrations du sénateur Dallier".

Christian Blanc, le secrétaire d'Etat chargé de la "Région capitale", est sorti de son silence cette semaine. Etes-vous rassuré par ses intentions?
Je m'attendais à une issue de ce type. Je note avec plaisir qu'il n'est plus question des billevesées institutionnelles. Le secrétaire d'Etat exclut même le vocable "Grand Paris". Il ne parle plus de bâtir une hypothétique nouvelle institution venant surajouter une structure au mille-feuille francilien et créant une sorte d'agglomération dans l'agglomération. Fini de jouer, on passe enfin à un travail sur les projets. Je connais bien Christian Blanc, c'est un homme qui ne parle pas sans réfléchir et qui a beaucoup de bon sens; et il est arrivé à la même conclusion que moi.

Vous avez l'air de penser que le Grand Paris est enterré. Dans sa lettre de mission, Nicolas Sarkozy requiert pourtant "l'invention d'un nouveau mode de gouvernance et de financement"...Franchement, le machin fait un peu pschitt! Christian Blanc dit que la priorité, ce sont les projets. Ensuite seulement, on pourra examiner les questions de gouvernance, sur lesquelles personne n'est d'accord. L'échéance est fixée à fin 2009, on peut donc considérer qu'il donne du temps au temps. Quand vous proposez de faire voter une loi en pleine campagne électorale des régionales de 2010, il y a deux significations possibles: soit vous voulez faire un coup politicien électoral -je ne suis pas tellement sûr que ce soit le style de Christian Blanc-, soit vous enterrez le machin de façon habile. Je vous parie que ça n'aboutira pas.

Au départ, vous vous sentiez menacé par la nomination de Christian Blanc...
Il y avait de bonnes raisons de penser que la cohérence et l'unité de la région pouvaient être menacées par des velléités scissionnistes. Regardez les élucubrations du sénateur Dallier qui voudrait supprimer les départements centraux. L'Etat semble enfin s'être rappelé que la Région existe... et qu'elle a des moyens! Rien ne peut se faire sans la Région.

Ne trouvez-vous pas suspect que le secrétaire d'Etat à la Région capitale soit précisément un ancien rocardien, que vous connaissez très bien, depuis très longtemps?
Que certains au gouvernement veuillent lancer ainsi la campagne des régionales, c'est leur problème. Christian Blanc reste mon ami et, visiblement, nous sommes à peu près sur la même longueur d'onde. Il y a trois points sur lesquels je me sépare de lui. 1) Moi qui suis attaché à la décentralisation, je ne comprends pas qu'on puisse nommer un ministre sur une région. C'est une vision jacobine. 2) Je ne crois pas que l'Ile-de-France soit en déclin. Je constate même le contraire: jamais elle n'a été aussi attractive, le taux de chômage est nettement plus bas ( 6,9%) que dans les autres régions, l'implantation de sièges de grandes entreprises internationales bat des records, devant le Grand Londres. D'ailleurs, je suis sûr que les décideurs économiques et ceux qui célèbrent le mythe du Grand Londres vont commencer à déchanter, avec la crise des subprimes. 3) Je ne vois rien, dans le projet de Christian Blanc, sur l'urgence absolue de résoudre la crise du logement, qui est aussi un élément d'attractivité..

Deux grands projets sont évoqués par Nicolas Sarkozy et Christian Blanc: un "cluster technologique et scientifique d'envergure mondiale" à Saclay et l'aménagement de la Plaine de France, entre Roissy et Saint-Denis. Ça vous convient?
Bien sûr. Je dis depuis longtemps que le plateau de Saclay est la future Silicon Valley de l'Ile-de-France et qu'il faut lui donner les moyens de se développer. C'est d'ailleurs la Région qui finance l'essentiel des outils de recherche, le Synchrotron, les nanotechnologies, Neurospin,la rénovation de l'université d'Orsay, etc. Quant au grand centre d'affaire à l'est, complémentaire à la Défense, je salue cette idée avec d'autant plus de ferveur que je l'ai inscrite à notre schéma directeur, comme un élément de rééquilibrage à l'Est de l'activité. C'est même un des points sur lesquels l'Etat nous critiquait, nous reprochant de ne pas assez défendre la Défense. Je vois que le Grenelle de l'environnement et que la réflexion personnelle de Christian Blanc ont permis à l'Etat de s'aligner sur nos positions. Il se trouve que je suis le président de l'établissement public de la Plaine de France. On a justement pleins de projets sur cette zone, comme la prolongation de la ligne 7 jusqu'au Bourget ou l'extension du grand musée de l'air (l'équivalent du musée de Washington sur l'espace).

Comment financer ces grands projets?
J'ai bien compris que le secrétaire d'Etat n'a aucun moyen financier. Et il n'a dégagé aucune piste de ressources supplémentaire, alors que le projet Arc Express [la rocade de banlieue], qu'il n'a même pas évoqué, a un coût estimé entre 6 et 10 milliards d'euros. J'attends toujours que le gouvernement m'explique comment il compte financer ces travaux. Et j'attends toujours la part que l'Etat, s'est engagé à mettre sur le contrat de Projet 2007-2013: il est en retard de plus de 110 millions par an. Mes adversaires politiques disent que l'Etat doit se "réinvestir" en Ile-de-France. Pour cela, il faut d'abord investir. Moi, je n'ai pas peur de dire que la Région devra lancer un grand emprunt pour réaliser Arc Express. La seule idée nouvelle émanant du gouvernement semble résider dans ce qu'on appelle la récupération de la rente foncière: quand on fait une opération de promotion immobilière ou d'activité, une partie des ressources de cette opération doit être utilisée à développer des infrastructures et des services publics. Ce peut être une piste intéressante.

Que pensez-vous de l'idée de Jean Sarkozy d'organisez un référendum à Neuilly sur l'enfouissement de la RN13 entre la Porte Maillot et la Défense?
Lors du Grenelle de l'environnement, Jean-Louis Borloo a dit qu'il manque 28 milliards d'euros pour rénover et améliorer le système de transports en Ile-de-France. Vous croyez que je vais utiliser un milliard pour couvrir l'avenue du général de Gaulle, alors que le projet n'est pas techniquement au point et que le maire de Neuilly lui-même, M. Fromantin, ne semble pas très motivé? Jean Sarkozy peut penser ce qu'il veut, il est jeune, plein de fougue, mais il doit peut-être travailler sa vision de l'intérêt général.

Alors que la ministre de l'Intérieur s'apprête à annoncer un plan d'amélioration de l'offre de taxis, Bertrand Delanoë propose la création d'une "agence du taxi" à l'échelle de la métropole. Y êtes-vous favorable?
Pourquoi pas? Mais il aurait été utile de me consulter... surtout si c'est à l'échelle de la métropole. Quant à la l'idée de réserver une voie aux taxis sur l'A1, j'y souscris totalement. Je suis même prêt à payer la peinture pour matérialiser la séparation.

A propos de la crise du logement, Christine Boutin _ministre du Logement_ et le préfet de région ont clôturé cette semaine des états généraux. Partagez-vous leurs propositions?
J'ai participé loyalement à ces états généraux, mais je n'ai pas attendu Mme Boutin pour faire un constat alarmant. Il faut construire 60.000 logements en Ile-de-France, 374 000 personnes sont en attente d'un logement social. Problème: l'Etat ne fait pas appliquer la loi SRU [20% des logements sociaux]. Mme Boutin propose de territorialiser les objectifs, je dis banco... et bon courage! Elle propose aussi de diminuer le plafond de ressource HLM, c'est-à-dire d'exclure 10% des demandeurs (près de 50.000 personnes): cela revient à casser le thermomètre pour ne pas voir la fièvre. Et à pénaliser la classe moyenne. Mme Boutin voudrait aussi proposer des solutions d'hébergement temporaires, de piètre qualité pour les plus pauvres, et vendre une partie du parc HLM, alors qu'il faut en construire davantage. Je ne peux pas être d'accord. Avec les mesures de Mme Boutin, la situation du logement ne va pas bouger d'un caramel.

Que proposez-vous pour le logement?
Il faut que le gouvernement accepte de financer un grand plan pour le logement social. Il faut multiplier par trois, quatre ou cinq les pénalités de la loi SRU, si l'on veut créer une incitation à construire. Actuellement, elles sont d'un montant ridicule. Je propose enfin la création d'un Syndicat du logement (Slif) -sur le modèle du Stif (transports)- qui aurait autorité sur la programmation de construction de logements.

Le Schéma directeur de la région (Sdrif) -projet d'aménagement pour les 30 prochaines années- en discussion depuis trois ans doit bientôt être définitivement voté. L'Etat ne l'approuvait pas jusqu'ici. Etes-vous optimiste?
Le 11 juin, la commission d'enquête publique remettra son rapport. Début septembre, le conseil économique et social de la région donnera son avis. Et la dernière semaine de septembre, le conseil régional adoptera le Sdrif définitif... bien avant les propositions du secrétaire d'Etat. Après, le gouvernement peut ou non décider de transmettre le dossier au conseil d'Etat. S'il ne le transmet pas, on revient au schéma de 1994. Mais j'ai des raisons de penser que le gouvernement ne s'opposera pas frontalement au Sdrif. Car le dossier a beaucoup évolué. Nous avons pris beaucoup de précautions pour rapprocher les points de vue entre le gouvernement et la Région. Quand il sera mis en oeuvre, le Sdrif deviendra une loi prescriptive, c'est-à-dire qu'il s'imposera à tous les PLU des communes franciliennes.

Vos relations avec Bertrand Delanoë se sont-elles dégradées? Pourquoi n'avez-vous pas signé sa contribution pour la rénovation du PS?
Pour la signer, il aurait fallu qu'il me l'envoie. Je n'ai pas été sollicité. En tout état de cause, je pense qu'il nous faut un dirigeant qui se préoccupe surtout de remettre le parti sur ses pieds idéologiquement et d'organiser une opposition intelligente face à la majorité. Il faut protéger nos présidentiables. Mes relations avec Bertrand Delanoë ne sont pas dégradées: je lui donne un sacré coup de main sur le tramway, sur la navette fluviale, sur le logement social, sur l'amélioration de la station Châtelet-Les-Halles... Je continue à aider Paris chaque fois qu'il en a besoin. Par ailleurs, je suis un ami de Dominique Strauss-Kahn et je n'ai pas renoncé à l'idée qu'il soit candidat en 2012.

De battre, ma gauche s'est arrêtée, de Jean-Paul Huchon et Denis Jeambar (Seuil, 2008).
Par Grand Paris
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Jeudi 29 mai 2008

PRESSE
LE MONDE | 28.05.08

En annonçant, mardi 27 mai, une rallonge de "250 à 300 millions d'euros" à destination de la RATP pour moderniser le RER A, Nicolas Sarkozy a repris l'offensive contre Jean-Paul Huchon, le président (PS) de la région Ile-de-France qui pilote le Syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF). "Il y a un problème de gouvernance" dans la région, a déploré M. Sarkozy. Dans un entretien au Monde, M. Huchon, qui vient de proposer à l'Etat de participer à un plan de développement des transports franciliens de 17 milliards d'euros sur dix ans, répond aux attaques.

N'êtes-vous pas affaibli par les critiques de M. Sarkozy ?

On dirait que je suis devenu l'ennemi public numéro un ! C'est un honneur d'être ciblé ainsi ! Si Nicolas Sarkozy m'attaque autant, c'est parce que les Franciliens voient ce que la région fait pour eux. C'est cela qui doit gêner Roger Karoutchi (le président du groupe UMP au conseil régional) ou Yves Jego (élu UMP de Seine-et-Marne) qui trépignent en disant : "La région ! La région !" Je les attends avec beaucoup de tranquillité. Le jour de l'épreuve électorale, ils auront des difficultés car j'ai une vraie proximité avec le grand public.

Patrick Devedjian vous reproche une mauvaise gestion des transports.

M. Devedjian n'a pas de leçon à me donner. A la tête de l'UMP, il a tout raté. A la tête du conseil général des Hauts-de-Seine, il est assis sur un tas d'or qu'il ne veut pas partager avec personne et surtout pas avec les départements défavorisés.

M. Karoutchi vous accuse de "matraquage fiscal" et de gaspiller l'argent de la région dans des opérations à l'étranger ?

C'est une plaisanterie ! La taxe foncière - la seule que la région perçoit sur les ménages - n'a augmenté en moyenne que de 6 à 8 euros depuis 2004 pour chaque foyer. M. Karoutchi n'a jamais compris l'importance de la coopération décentralisée. Et pour cause, il ne voyage pas.

Pourquoi dénoncez-vous l'idée du Grand Paris ?

Je suis régionaliste - et même fédéraliste. Je ne veux pas d'une nouvelle structure qui affaiblirait la cohérence du projet régional. Une communauté urbaine de 7 millions d'habitants, ce serait la mort de la région Ile-de-France dans sa cohésion et sa solidarité. Heureusement l'idée, lancée par M. Sarkozy, a fait long feu.

Christian Blanc, secrétaire d'Etat au développement de la région-capitale, a-t-il les moyens de ses ambitions ?

Le développement du plateau de Saclay (Essonne, Yvelines), qu'il juge prioritaire, ne fait pas l'unanimité parmi ses amis politiques. Ses collègues ministres, Valérie Pécresse et Nathalie Kosciusko-Morizet, élues de ce territoire, ne veulent pas voir surgir 50 000 logements dans les champs de blé actuels ! Comme M. Blanc, j'ai envie que Saclay devienne une Silicon Valley. La région est très impliquée dans ce projet comme elle l'est dans celui de Plaine-de-France (Seine-Saint-Denis) ou dans le développement de Roissy que M. Blanc veut accélérer. Je ne suis pas certain que pour orchestrer de tels projets, un ministre ou un préfet aient plus de légitimité qu'un président de région élu par 6,5 millions de personnes.

Propos recueillis par Béatrice Jérôme
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Vendredi 13 juin 2008
PRESSE
LE MONDE | 11.06.08

Après Nicolas Sarkozy, François Fillon confirme la volonté de l'Etat de reprendre en main le destin de l'Ile-de-France. Une semaine après que le président a convié à l'Elysée une pléiade d'architectes pour leur confier la mission de dessiner le Grand Paris, le premier ministre a adressé, mardi 10 juin, une lettre au président socialiste de la région, Jean-Paul Huchon, dans laquelle il lui reproche de porter "une vision d'une région urbaine en recul, en repli, qui n'est pas celle d'une métropole du plein emploi". Dans ce courrier, que Le Monde s'est procuré, M. Fillon déplore le manque d'"ambition" du projet de schéma directeur de l'Ile-de-France (SDRIF) élaboré par la région. "Le gouvernement n'envisage pas d'approuver le document dans sa version actuelle", indique le premier ministre.

Son refus se justifie, à ses yeux, par le "modeste objectif" de croissance annuelle "de 2 %" prévu par le SDRIF et la "perspective" de création "de 28 000 emplois" par an. Le premier ministre rappelle que la croissance francilienne était de 2,4 % entre 1995 et 2002 et que "depuis plusieurs années, l'Ile-de-France enregistre entre 40 000 et 70 000 emplois nouveaux annuels".

Faisant état de "divergences" portant notamment sur l'aéroport de Roissy, que M. Sarkozy veut développer alors que la Région défend le principe d'un "couvre feu" la nuit, M. Fillon rappelle à M. Huchon qu'il appartiendra désormais à Christian Blanc, secrétaire d'Etat au développement de la région capitale, "d'élaborer pour la région parisienne une vision fondée sur une ambition beaucoup plus forte en matière de développement économique". La Région ne sera donc plus pilote en matière d'aménagement : le premier ministre indique qu'elle sera associée à un "travail partenarial" mené par M. Blanc. M. Fillon conteste aussi " les orientations très contraignantes" pour les communes du Sdrif en matière de logement.

Le courrier du premier ministre est parvenu à M. Huchon alors que ce dernier espérait recevoir, mercredi, un "avis favorable" de la commission d'enquête publique appelée à se prononcer sur la copie régionale avant sa rédaction définitive.

Béatrice Jérôme



Par Grand Paris
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Lundi 23 juin 2008
PRESSE
LE MONDE | 20.06.08

Convaincu que "les têtes qui se trouvent au sommet de l'Etat ne pensent qu'à (le) dézinguer", Jean-Paul Huchon, le président PS de la région Ile-de-France, a décidé de passer à la contre-offensive. Cible de Nicolas Sarkozy - qui déplore son "immobilisme" dans la modernisation du RER A et relaye du coup la campagne très active de Roger Karoutchi, candidat (UMP) déclaré à la présidence de la région -, l'actuel patron de l'Ile-de-France a présenté, jeudi 19 juin, un plan de 17,8 milliards d'euros pour les transports franciliens.

M. Huchon a mobilisé les grands élus PS d'Ile-de-France : Claude Bartolone, président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Michel Berson, celui de l'Essonne, Vincent Eblé, celui de Seine-et-Marne, ainsi que Bertrand Delanoë, maire de Paris, tous soucieux de "ne pas laisser la région perdre ses prérogatives en matière de transports" au moment où M. Sarkozy évoque "une reprise en main par l'Etat".

Pour eux, il faudrait 13,7 milliards d'euros supplémentaires d'ici à 2020 pour répondre aux besoins de déplacements des Franciliens. 4,1 milliards d'euros sont aujourd'hui consacrés par l'Etat et les collectivités à ce secteur. Dans les dix ans à venir, la priorité devrait être donnée, estiment-ils, à la rénovation du réseau RER et des trains de banlieue et à "l'accélération" de trois grands chantiers : la prolongation de la ligne 14 du métro parisien pour désaturer la ligne 13, du RER E jusqu'à la Défense (projet Eole) et la création d'un métro circulaire autour de la capitale.

"Arc-Express devrait être mis en oeuvre d'ici dix ans et à terme faire le tour de Paris", a souhaité M. Huchon qui ne s'est jamais montré aussi déterminé à soutenir ce projet. Alors que seulement 25,5 millions d'euros d'études sont prévus dans le contrat de plan Etat-région 2007-2013 pour cette rocade, la réalisation de la boucle complète est estimée à 6 milliards d'euros.

M. Huchon et ses collègues de gauche proposent que la région et les 8 départements d'Ile-de-France contribuent pour un tiers à l'effort supplémentaire de 13,7 milliards d'euros pour les transports. Le Syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF) qui finance le fonctionnement des transports, presque exclusivement à la charge de la région et des départements depuis 2006, pourrait contracter "un grand emprunt de 3 à 4 milliards", a proposé M. Huchon, qui préside cet organisme. Des partenariats public-privé, notamment pour Arc-Express, et une participation plus importante des entreprises assureraient le second tiers. Reste à convaincre l'Etat pour le tiers restant.

Conviés jeudi par M. Huchon, ni Dominique Bussereau, ministre des transports, ni Jean-Louis Borloo, ministre de l'écologie, n'ont répondu à l'invitation. M. Borloo a proposé en revanche à M. Huchon et aux élus franciliens de les recevoir le 9 juillet à son ministère pour discuter du plan de la région.

Béatrice Jérôme


Par Grand Paris
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