Lundi 29 septembre 2008

PRESSE

LES ECHOS

29/09/08

Le maire de Paris réagit à la décision du secrétaire d'Etat au Développement de la région-capitale, Christian Blanc, qui veut bloquer le document approuvé par les élus du conseil régional francilien.     


 

La région-capitale vaut bien... un bras de fer ! Et c'est bien ce à quoi se livrent l'Etat et la région Ile-de-France à propos du dossier épineux de la révision du schéma d'aménagement de la région Ile-de-France   (Sdrif). Dernier épisode lundi quand Bertrand Delanoë, le maire PS de Paris, a estimé "inadmissible" que le gouvernement, en la personne de son secrétaire d'Etat au Développement de la région-capitale, Christian Blanc, veuille bloquer le Sdrif, adopté jeudi à une large majorité par le conseil régional à majorité de gauche.

"C'est inadmissible, dans ce pays je n'ai jamais vu ça, c'est une conception de la démocratie très autoritaire et très dangereuse", a affirmé M. Delanoë au cours d'un déjeuner de presse à la mairie de Paris. Il s'est dit "définitivement solidaire de la région, du Sdrif et de sa légitimité". Selon le maire, Christian Blanc "croit que la vie commence avec lui".

Quant aux critiques de M. Blanc contre le projet de rocade ferroviaire Métrophérique-Arc Express, M. Delanoë a estimé que "même si on avait 15 ans de retard, ce n'est pas une raison pour dire que ça n'est plus pertinent".

Intercommunalité à 120

Sur la réforme des collectivités locales, qui pourrait se traduire par une fusion des régions et départements _ Paris est à la fois une ville et un département _, le maire de Paris juge que "la pureté des intentions du gouvernement reste à démontrer".

"Je serai extrêmement vigilant pour qu'un objectif légitime de simplification ne soit pas en fait une opération politicienne pour affaiblir les collectivités locales, notamment les départements qui ont une vocation et une efficacité considérable en matière de politique sociale, bien plus que l'Etat", a-t-il déclaré.

Interrogé sur son projet de Paris-Métropole qui pourrait se traduire par une structure intercommunale souple regroupant 120 communes de la zone dense francilienne, le maire de Paris "constate que ceux qui vomissaient notre projet viennent maintenant aux réunions". Après avoir boudé ce projet, la droite a participé en masse le 25 juin aux assises de la métropole parisienne à la Plaine-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). (Source AFP)

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Samedi 27 septembre 2008
PRESSE
LIBERATION
QUOTIDIEN : samedi 27 septembre 2008
A.A.

Collectivités. Elysée et gouvernement envisagent la suppression d’une strate administrative .

C’est simple, imparable : «Moins d’échelons, c’est moins d’impôt, plus d’échelons, c’est plus d’impôt !» Lancée par Nicolas Sarkozy, la formule a beaucoup plu au public du discours prononcé, jeudi soir, à Toulon. Le chef de l’Etat a annoncé l’ouverture du «grand chantier» de la réforme des collectivités territoriales.

L’ambition est immense. Il s’agit d’en finir avec l’empilement des collectivités territoriales et peut-être même, audace suprême, avec le cumul des mandats. Communes, communautés de communes, départements, régions : depuis plus d’un quart de siècle, tous les gouvernements se désolent de cette exception française, source de gâchis et de confusion. Tous constatent le mal, aucun n’ose le remède. Pas même les décentralisateurs convaincus comme Deferre ou Raffarin (lire interview).

Dans son rapport pour «libérer la croissance», Jacques Attali proposait de clarifier la décentralisation en transformant les intercommunalités en agglomérations et en faisant «disparaître, en dix ans, l’échelon départemental». Pour rassurer les élus locaux, Nicolas Sarkozy déclarait, en janvier, le jour même de la remise du rapport : «Je ne crois pas que les Français sont prêts à renoncer à la légitimité historique des départements.»

Six mois plus tard, les Français seraient-ils mieux disposés ? Fin juin, lors d’un déplacement à Limoges, le chef de l’Etat revient sur la nécessaire réforme des collectivités territoriales. Et, le 17 juillet, il annonce, dans un entretien au Monde, que l’année 2009 sera celle d’une «réflexion approfondie» sur l’administration territoriale. Nicolas Sarkozy fait même de ce dossier la condition d’une éventuelle réforme du mode de scrutin aux élections régionales de 2010. En attendant ce big-bang territorial, le secrétaire d’Etat en charge des collectivités, Alain Marleix, présentera, en janvier, un projet de loi visant à rationaliser et à démocratiser les intercommunalités. Il ne s’agit, précise Marleix, que du «premier étage de la fusée». Pour la suite, l’Elysée a laissé entendre qu’une mission pourrait être confiée à Edouard Balladur. Sujet tabou depuis l’échec cuisant du général de Gaulle en 1969, le référendum serait sérieusement envisagé.

Sans attendre Balladur, le chef du groupe UMP à l’Assemblée, Jean-François Copé, s’est emparé du sujet. Il entend même en faire la première illustration des nouveaux pouvoirs du Parlement renforcé par la récente réforme de la Constitution. La réorganisation des collectivités territoriales pourrait ainsi devenir l’objet d’une compétition entre le Parlement et l’exécutif.

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Vendredi 26 septembre 2008
PRESSE
SIBYLLE VINCENDON
LIBERATION QUOTIDIEN
jeudi 25 septembre 2008

La guerre sévit dans le grand Paris. Elle oppose le conseil régional de gauche, dirigé par le socialiste Jean-Paul Huchon, et le gouvernement. Dans le champ de tir, le futur Schéma directeur de la région Ile-de-France (Sdrif), document qui fixe les grandes règles d’aménagement jusqu’en 2030. Le conseil régional doit le voter aujourd’hui mais le gouvernement a annoncé qu’il ne le transmettrait pas au Conseil d’Etat. S’il se confirme, ce bras de fer inédit créera un blocage de fait.

Le Sdrif, c’est quoi ?

La règle du jeu des grands aménagements. Secteurs ouverts à l’urbanisation, types de constructions (logements, activités, tertiaire, universités…), zones réservées aux futures routes ou infrastructures de transport, zones vertes sont, entre autres, dessinés à grands traits. Le schéma contient aussi des objectifs chiffrés : bâtir 60 000 logements par an, créer 28 000 emplois en moyenne annuelle, viser une croissance annuelle de 2 %. Pour la première fois, le document a été élaboré par la Région, et non plus par l’Etat. Il a été validé par une commission d’enquête publique.

Pourquoi le gouvernement n’en veut-il pas ?

Parce que le Sdrif est «insuffisant en matière de développement économique», a dit Christian Blanc, secrétaire d’Etat à la Région capitale. Lors de l’université d’été du Medef, Blanc a reproché à la Région de ne viser une croissance «que» de 2 %. Le schéma devrait prévoir un objectif deux fois plus élevé, estime-t-il. La Région prêche le réalisme d’une option légèrement meilleure que les prévisions de croissance nationale.

L’autre argument est celui du calendrier. Christian Blanc doit proposer un arsenal de projets et de moyens juridiques pour réorganiser la zone centrale de l’Ile-de-France, qu’on l’appelle Grand Paris ou Paris Métropole. Il a promis des annonces pour la fin 2008 et un ensemble complet fin 2009. Cette version totale comprendrait aussi un nouveau système de gouvernance. Le Sdrif arrive trop tôt pour lui. Attendez, dit-il en substance, et intégrez mes projets. On pourra le faire par la suite, répond la Région.

Le Sdrif est-il bloqué pour des raisons moins avouables ?

Les élections régionales de 2010 sont évidemment en filigrane derrière le conflit. Roger Karoutchi, le premier, puis Valérie Pécresse ensuite, sont partis en campagne pour obtenir la tête de liste UMP. Côté PS, plane l’incertitude sur le sort de Jean-Paul Huchon, qui pourrait être condamné à une inéligibilité en appel dans une affaire de prise illégale d’intérêt. Un blocage du Sdrif, soupçonne-t-on à la Région, pourrait «ralentir la livraison de projets pour amoindrir le bilan» de la gauche. Vision paranoïaque ? Oui, si ce que cache le blocage est en réalité l’annonce, fin 2009, d’une réorganisation profonde de la région, avec création d’une nouvelle collectivité. Valider un Sdrif qui n’intègre aucune structure de métropole serait en effet contradictoire avec ces grands plans.

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Vendredi 26 septembre 2008

>PARIS, 25 sept 2008 (AFP) - 15h55

Région Ile-de-France: Blanc présentera début 2009 une "esquisse" de projet

Christian Blanc, secrétaire d'Etat chargé du développement de la région-capitale, a annoncé jeudi qu'il présenterait début 2009 une "esquisse" de projet pour le développement de la région parisienne. "Nous présenterons une esquisse qui comprendra des pôles de développement identifiés, ainsi qu'un schéma de transport en Ile-de-France qui tiendra compte des développements économiques et sociaux", a-t-il déclaré devant la commission des Affaires économique de l'Assemblée nationale. Dévoilant pour la première fois une partie des travaux de son équipe, il a ajouté qu'il présenterait auparavant, "dans le courant de l'automne, un projet extrêmement important qui est le plateau de Saclay, l'équivalent de la Silicon Valley en région parisienne". Un second projet, "au moins aussi important" selon lui, dans le nord de l'Ile-de-France, sera prêt avant la fin de l'année. "Nous avons là le grand moteur économique de l'Ile-de-France qu'il faut libérer, en créant des cohérences", a estimé M. Blanc. Le secrétaire d'Etat avait indiqué à la mi-mai qu'il présenterait fin 2009 "un projet global pour l'avenir" de la région Ile-de-France, avec un mode de gouvernance. "Je me sens très à l'étroit dans le projet du SDRIF" (Schéma directeur régional d'Ile-de-France), a-t-il réaffirmé. Le gouvernement menace de bloquer ce projet d'aménagement du bassin parisien, que le conseil régional à majorité de gauche devait adopter jeudi.

 

>PARIS, 25 sept 2008 (AFP) - 17h58

"Métrophérique" autour de Paris: Christian Blanc exprime des réserves

Christian Blanc, secrétaire d'Etat chargé du développement de la Région capitale, a exprimé jeudi des réserves sur le projet "Métrophérique-Arc Express" de rocade ferroviaire autour de Paris. Interrogé par la commission économique de l'Assemblée nationale sur la pertinence de ce projet destiné à décongestionner le trafic intra-muros, M. Blanc a estimé que "le projet de la RATP aurait été très bien il y a 15 ans, mais aujourd'hui, il faut faire ce dont on aura besoin dans 15 ans". Début 2009, a-t-il ajouté, "nous présenterons une esquisse de projet pour la région parisienne qui comprendra des pôles de développement identifiés, ainsi qu'un schéma de transport en Ile-de-France qui tiendra compte des développements économiques et sociaux". De son côté, le président de la RATP, Pierre Mongin, a estimé que Métrophérique permettrait de transporter un million de voyageurs par jour, de réduire de 160.000 voitures le trafic quotidien dans la capitale, soit une économie de 100.000 à 200.000 tonnes de CO2, d'épargner 15 à 20 minutes de temps de trajet par voyageur, de valoriser les territoires, et de générer la création de 3.000 à 5.000 emplois pendant au moins cinq ans. Son investissement serait de 6 milliards d'euros hors taxe, un financement qui selon lui "doit pouvoir être trouvé", la durée des travaux étant d'au moins sept ans. Pour sa part, le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, a souligné qu'il existe un "consensus" sur un projet de rocade par métro souterrain.

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Jeudi 25 septembre 2008
PRESSE

Jean-Paul Huchon, président du conseil régional d'Île-de-France
LE MONDE POUR DIRECTMATINPLUS | 25.09.08

Dès le début de son mandat à la présidence de la république, Nicolas Sarkozy a signifié son intérêt pour la Région capitale et sa volonté de contrôler le cœur politique et économique de la France. Bien avant l'échéance municipale de 2008, la ville de Paris était considérée comme perdue pour la droite, c'est donc sur la région Ile-de-France que la majorité présidentielle a jeté son dévolu. Jean-Paul Huchon, président socialiste de la région Ile-de-France l'affirmait à la veille de l'élection de Nicolas Sarkozy le 6 mai 2007 : "Je suis la prochaine cible."

L'ancien président du conseil général des Haut-de-Seine n'a pas attendu pour engager le fer contre le président de région et ses projets : dans un discours, prononcé le 26 juin 2007, il porte les premiers coups : "Il n'y aura pas de France forte et ambitieuse si l'Ile-de-France se recroqueville sur elle-même." La volonté présidentielle de reprendre la main s'incarne avec la création d'un secrétariat d'Etat à la Région capitale et la nomination en mars 2008 de Christian Blanc à sa tête. Son rôle est de proposer "une vision globale du périmètre et de l'organisation de l'agglomération parisienne à l'horizon 2030". Etrangement silencieux depuis sa prise de fonction, Christian Blanc semble insensible au calendrier institutionnel de la région. Toutefois, c'est bien les 25 et 26 septembre prochains que les élus de la région voteront le shéma directeur pour les trente prochaines années.

Les élus de la région Ile-de-France doivent voter pour ou contre le projet de schéma directeur (Sdrif) que vous avez construit. Quels sont les principaux objectifs de ce plan ?

Jean-Paul Huchon : L'Ile-de-France est une région de 11,5 millions d'habitants qui doit relever quatre défis.

Premièrement, rester la région la plus attractive d'Europe, et donc rivaliser avec les autres grandes métropoles voisines comme Londres ou Berlin. Nous devons, pour cela, nous préoccuper de la santé du système de transports, de la compétitivité des universités et du secteur de la recherche. Nous investirons également pour encourager le développement de l'emploi. Le Sdrif table sur la création de plus de 700 000 emplois au cours des 25 prochaines années.

Ensuite vient le problème du logement. La région compte entre 350 000 à 400 000 mal logés. Le prix des terrains et la réticence d'un certain nombre de maires à construire ont contribué à créer un déficit de logements. Nous devons donc encourager la construction d'habitations à proximité des bassins d'emploi.

Le troisième défi, c'est rapprocher emplois, transports, logements, s'inspirer d'un modèle de ville dense et développer des déplacements plus économiques au point de vue énergétique.

Enfin, il faut regagner des espaces verts, mettre fin à l'urbanisation sauvage conduite durant la période précédente.

Aucun des objectifs du précédent Sdrif de 1994 n'a été atteint. A quoi attribué vous cet échec ?

En préalable, j'aimerais souligner que cet échec a été constaté en commun par la région et par l'Etat, donc par ce gouvernement. Il a échoué car il n'a été accepté par aucune des collectivités locales concernées. Il a été imposé par l'Etat et Edouard Balladur, alors Premier ministre, sans aucune concertation. Le Sdrif doit entraîner l'adhésion des populations, des élus et des opérateurs privés pour pouvoir engendrer une dynamique constructive.

Les chambres de commerce de Paris-Ile-de-France jugent insuffisant plusieurs points clefs de votre projet, comme la croissance ou l'offre foncière. Les élus de droite derrière Roger Karoutchi et le gouvernement y sont opposés. Ce schéma directeur ne souffrira-t-il pas d'un défaut d'adhésion ?

Depuis que la gauche a pris le Val-d'Oise, lors des dernières élections cantonales, six département de la région ont voté ce projet. Les autres ne l'ont pas fait pour des raisons politiques, pas des raisons de fond. C'est le fruit de centaines de réunions en concertation avec des milliers de personnes et l'ensemble des élus de la région. Par ailleurs, il ne faut pas mythifier Roger Karoutchi. Il n'est, au sein de la région, que le chef de l'opposition, il est candidat aux élections régionales de 2010, son objectivité réelle sur ce projet est sujette à caution.

Ce projet a été réalisé de concert avec le préfet de région et l'Etat. De l'avis général des services de Jean-Louis Borloo, ministre du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, ce projet a été bien modifié dans le sens de l'attractivité économique. Ceux qui demeurent dans la surenchère en exigeant des objectifs irréalisables, comme une croissance à 5 %, ne font que de la gesticulation politique.

Néanmoins, est-il possible pour un président de région de gauche de mener des projets ambitieux face à un gouvernement de droite ?

Nous verrons. L'Etat est clairement devant ses responsabilités. C'est à lui de choisir s'il veut retarder l'approbation de ce texte qu'il doit transmettre au Conseil d'Etat dans les six mois qui suivent son vote. Nous attendons donc le bon vouloir du gouvernement, mais quoi qu'il en soit les projets se feront ! Si le gouvernement, parce qu'il n'accepte pas le Sdrif, empêchait la réalisation de grands projets indispensables comme Arc Express (Rocade banlieue-banlieue à 7 ou 8 km de Paris), il se mettrait lui-même dans le corner.

Un projet qui trace les lignes de développement de la région pour les trente prochaines années, n'est-ce pas irréaliste ? Comment savoir aujourd'hui le besoin et les contraintes de l'année 2035 ?

L'argument ne tient pas. S'il est nécessaire de faire une évaluation dans dix ans nous la ferons. Les lignes de ce plan ne sont pas gravées ad vitam. Il y a un système d'évaluation prévu, c'est un outil de politique publique moderne, pas un "gosplan".

Est-ce que le Sdrif ne risque pas néanmoins de souffrir d'une campagne pour les régionales lancée très tôt par la droite ?

Les Franciliens, la campagne, ils s'en tamponnent. On ne démarre pas une campagne un an et demi avant l'échéance. Moi, je continue de faire avancer nos projets.

Propos recueillis par Eric Nunès

Le projet de Schéma directeur régional de l'Ile-de-France prévoit la création de 60 000 logements par an (contre 33 000 actuellement), de 28 000 emplois (contre en moyenne 23 000 par an depuis 1975), et table sur une croissance économique de 2 % par an sur les trente prochaines années. "Contre 1,7 % en moyenne sur les vingt ans passés", souligne Mireille Ferri, adjointe (Verts) de Jean-Paul Huchon, président PS de la Région. "Ce schéma est inacceptable", assène Christian Blanc. Le secrétaire d'Etat chargé de la région-capitale estime que l'ambition devrait être 4 % à 5 % de croissance. "Il ne suffit pas de dire "Croissance ! croissance !" pour qu'elle existe", s'agace M. Huchon. "Quand nous présenterons notre projet, les gens diront : 'Y'a pas photo !'", confie au Monde M. Blanc. (Le Monde)
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Mercredi 24 septembre 2008
PRESSE
PARIS, 23 sept 2008 (AFP)

Le secrétaire d'Etat M. Blanc, qui avait convié à son ministère de nombreux élus franciliens de tous bords, donnera quelques éléments sur les grands projets architecturaux souhaités par le président de la République entre février et avril 2009, a-t-il ajouté, selon l'un des participants à cette réunion.

Le secrétaire d'Etat a déploré que le conseil régional d'Ile-de-France présidé par le socialiste Jean-Paul Huchon ait décidé de maintenir à jeudi prochain son vote sur le projet de schéma directeur régional (SDRIF) à horizon 2030.

Il a de nouveau critiqué les hypothèses de croissance (2%) de ce SDRIF. En juin dernier, le secrétaire d'Etat avait affirmé que le gouvernement allait "faire des propositions pour enrichir" le texte, dont "la dimension économique" lui paraissait "très insuffisante". Depuis, il a menacé de bloquer le SDRIF. M. Blanc a fait part de son intention de s'appuyer sur les travaux de la conférence métropolitaine mise en place en 2006 par le maire de Paris, Bertrand Delanoë. Le secrétaire d'Etat à la région-capitale avait annoncé à la mi-mai qu'il présenterait fin 2009 "un projet global pour l'avenir" de la région Ile-de-France, avec un mode de gouvernance.

Dans sa lettre de mission, il lui avait été demandé par M. Sarkozy de "participer activement à la consultation internationale pour l'avenir du Paris métropolitain coordonnée par le ministère de la Culture et de la Communication" (concours d'architectes de Christine Albanel) .

M. Blanc doit notamment "restaurer une ambition d'urbanisme cohérente à l'échelle de l'agglomération" et "proposer une vision globale du périmètre et de l'organisation de l'agglomération à l'horizon 2030".

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Mercredi 24 septembre 2008
PRESSE
LE FIGARO
Sophie de Ravinel
23/09/2008
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Christian Blanc, ici avec le chef de file de l'UMP au conseil régional d'Île-de-France, Roger Karoutchi, doit remettre ses premières propositions sur le «Grand Paris» avant la fin de l'année. Crédits photo : LUDOVIC/REA

Le secrétaire d'État au Développement de la Région capitale, Christian Blanc, qui recevait mardi soir les parlementaires franciliens, cristallise les oppositions.

L'objectif principal de l'entourage de Christian Blanc consiste à gérer son silence. Faire en sorte que ce silence ne sonne pas vide. La tâche n'est pas facile. Un de ses confrères du gouvernement s'interroge d'ailleurs : «Il est ministre Christian Blanc ? Ah oui, c'est vrai, j'avais oublié…» Il y a six mois, Nicolas Sarkozy a demandé à l'ancien PDG de la RATP et d'Air France de plancher sur le Grand Paris. Celui-ci a constitué une «mission d'administration» forte de quarante personnes et s'est fixé une règle, expliquée fin juin aux Assises de la métropole : «Cette discrétion médiatique est un encouragement à travailler sur le fond des choses.» Certes. Mais pour beaucoup d'élus, y compris de la majorité présidentielle, le silence pèse alors que se profilent les primaires UMP pour le choix du candidat aux régionales.

Mardi soir, ils sont donc venus nombreux, une centaine, écouter le secrétaire d'État chargé du Développement de la Région capitale pour son premier grand raout, organisé à l'occasion des six mois de son installation. Les invités - parlementaires d'Ile-de-France et quelques architectes comme Roland Castro ou Antoine Grumbach - étaient mus par l'envie de l'entendre s'exprimer. De le voir surtout s'entretenir avec le président socialiste de la Région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon. Ils n'ont pas été déçus. Les échanges, selon un participant, auraient été vifs entre les deux hommes. Il faut dire que cette réception tombe pour la Région à un moment certes compliqué. Demain en fin de journée, elle devrait voter le schéma directeur pour la Région Ile-de-France (Sdrif), destiné à planifier son développement jusqu'en 2030. Roger Karoutchi, chef de file UMP au conseil régional, sait qu'il ne peut empêcher le vote du texte. Mais il va déposer 44 amendements. Ce Sdrif, pour lui et malgré les modifications apportées ces derniers mois, «ne répond toujours pas aux ambitions de développement d'une Région capitale». Pour éviter toute incompatibilité avec le Sdrif, les élus UMP de la Région, et avec eux le gouvernement, veulent surtout attendre les propositions concrètes de Christian Blanc. Le premier dossier, celui du Plateau de Saclay, sera présenté à la mi-octobre, alors qu'en décembre est attendu celui de la Plaine de France. Le ministre devra aussi intégrer les projets «Grand Paris» sur lesquels bûchent actuellement dix équipes d'architectes. Résultats attendus début 2009.

L'opposition entre l'État et la Région socialiste se cristallise sur ce Sdrif. Elle ne devrait qu'empirer. En effet, une fois le vote acquis, le schéma sera transmis au gouvernement. Or ce dernier n'a aucune intention de le transmettre tel quel au Conseil d'État, qui doit ensuite promulguer le décret nécessaire à son application.

 

Appel au «dialogue constructif»

Jean-Paul Huchon a déjà fait publiquement savoir qu'il entendait lancer une procédure juridique si, au terme du délai maximal de six mois, le gouvernement ne transmettait pas le dossier… Le Sdrif n'est pas encore né et le développement peut attendre. Déjà, le Medef Ile-de-France a appelé à un «dialogue constructif» entre la Région et l'État. Pour sa part, le Conseil économique et social d'Ile-de-France souhaite que le Sdrif, «s'il est approuvé», soit transmis «dans les meilleurs délais au Conseil d'État». «Une prolongation des délais, juge-t-il, serait de nature à rendre l'exercice plus difficile, voire impossible, au fur et à mesure que se rapprochent les échéances électorales pour la Région.»

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Mardi 23 septembre 2008
PRESSE

Lundi 15 Septembre 2008
Par Bertrand GRECO
Le Journal du Dimanche


Le bras de fer n'a jamais été aussi intense entre l'Etat et la région Ile-de-France. Objet du litige: l'adoption prochaine du nouveau schéma directeur (Sdrif), qui définit les orientations économiques et urbanistiques de l'Ile-de-France d'ici à 2030. Malgré son sigle rebutant, ce document "concerne très concrètement la vie quotidienne des gens", précise Jean-Paul Huchon, président PS du conseil régional, puisqu'il touche aux transports, au logement, à l'aménagement du territoire, à l'attractivité des entreprises, à l'emploi, etc.
Destiné à remplacer l'actuel schéma directeur datant de 1994, ce Sdrif aura en outre un caractère contraignant: les communes, collectivités territoriales ou entreprises publiques devront s'y conformer. L'élaboration de ce texte crucial pour l'avenir de la région a commencé en juillet 2004. Selon toute vraisemblance, sa version définitive sera adoptée le 26 septembre par le conseil régional. Sans pour autant mettre un terme à l'épreuve de force.

Car, entre-temps, la question du Grand Paris, portée par Nicolas Sarkozy, a resurgi dans le débat. Le président de la république a souhaité la création d'un secrétariat d'Etat chargé du "développement de la région capitale". Un portefeuille confié à Christian Blanc. Du coup, le Grand Paris et le Sdrif se retrouvent en rivalité. Etat contre Région. Droite contre gauche. En jeu: la mainmise sur les grands projets et l'avenir de l'agglomération parisienne. Le tout sur fond de primaires pour désigner le chef de file de l'UMP aux élections régionales de 2010. Roger Karoutchi, candidat actif et président du groupe UMP à la région, réclame un report du vote, afin d'attendre les premières propositions de Christian Blanc sur le Grand Paris, annoncées pour fin 2008-début 2009. "Ce serait une lourde erreur de vouloir passer en force", dit-il. Le Premier ministre a même écrit à Huchon, en juin, pour lui signifier le manque d'ambition de son schéma directeur. Le gouvernement Fillon menace donc de bloquer le dossier. Il en a les moyens, puisqu'il lui incombe de transmettre le texte au Conseil d'Etat, puis de l'approuver par décret.

"Le gouvernement ne peut pas se permettre de paralyser la région"

De son côté, Jean-Paul Huchon veut en finir au plus vite. "Quand on veut noyer son chien, on l'accuse de la rage, bougonne-t-il. Le gouvernement ne peut pas se permettre de paralyser la région en gelant un document aussi important pour de misérables raisons politiciennes. D'autant que l'adoption du Sdrif n'empêchera aucun futur projet de Christian Blanc." Le socialiste souligne que plusieurs "sujets de friction avec l'Etat" ont été supprimés. "On a levé nos réserves sur le développement de la Défense ou de Roissy. On accepte le projet de liaison CDG Express [avec un arrêt à Plaine-de-France], et même des projets d'autoroute, comme le bouclage de la Francilienne." En matière de transports, priorité est donnée à la rocade ferroviaire Arc Express (aussi appelée Métrophérique), ce qui contente tout le monde. Sont également inscrits dans le texte : le dédoublement de la ligne 13, le prolongement d'Eole à l'Ouest (pour délester le RER A) et de neuf lignes de métro, ou encore l'achèvement du tramway des Maréchaux.

Le Sdrif prévoit aussi la construction de 60.000 logements par an, en renforçant la "densité". Sus aux pavillons ! "Maisons de ville" et "petits immeubles collectifs avec jardin" devront, autant que possible, sortir de terre dans le tissu urbain existant, bien desservis par les transports en commun. Autre concession faite au gouvernement : les 30% de logements sociaux en Ile-de-France à l'horizon 2030 ne sont plus une "obligation" mais un "objectif" à atteindre. Quant au volet "développement économique", l'ambition est chiffrée à 700 000 créations d'emploi d'ici à 2030, soit 28 000 par an. Ces projections se fondent sur une hypothèse de croissance démographique de 1,2 million d'habitants supplémentaires (12,6 millions dans vingt-deux ans) et de croissance économique de 2% par an.

C'est là que le bât blesse pour Christian Blanc et Roger Karoutchi. "Nous sommes désespérément en désaccord sur la politique économique, plaide le second. Pourquoi seulement 2%? Le Grand Londres affiche une croissance moyenne de 5 %, Barcelone de 6%. Pourquoi ne pas être plus ambitieux ?" En face, Huchon ironise: "Si Karoutchi a une martingale pour passer de 2% à 4%, qu'il le dise au Premier ministre qui peine à atteindre 1% pour la croissance nationale. Il fait de la surenchère parce qu'il s'imagine qu'il doit être un opposant virulent pour s'imposer dans sa campagne interne. Mais, comme disait Michel Rocard : 'On ne fait pas pousser de l'herbe en tirant dessus.'"
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Lundi 22 septembre 2008
Cet article du Monde montre les limites d'une politique partisanne. Le Secrétariat d'Etat à la Région Capitale se doit d'être au-dessus de tout soupçon concernant les enjeux du Grand Paris et de la Région Ile de France.

Nous restons toujours dans l'attente d'un calendrier, une méthode, voire un Projet clairs pour le Grand Paris, qui ne pourra se contenter d'une simple consultation d'architectes !...

Antonio Duarte


PRESSE
LE MONDE
Béatrice Jérôme
Article paru dans l'édition du 23.09.08.

"Blanc, on se demande bien ce qu'il fout !", s'exclamait récemment un élu UMP de Paris. Christian Blanc, le secrétaire d'Etat chargé du développement de la région-capitale, devait réunir, mardi 23 septembre, l'ensemble des parlementaires d'Ile-de-France, mais aussi le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et Jean-Paul Huchon, le président, socialiste, du conseil régional. Le rendez-vous est d'autant plus attendu que bon nombre d'élus de droite de la région expriment leur perplexité, voire leur "inquiétude", sur la "méthode Blanc".

En mars, l'ancien PDG de la RATP et d'Air France s'est vu confier par Nicolas Sarkozy le chantier du Grand Paris, avec pour mission de rendre la région économiquement plus "attractive", pour rivaliser avec les autres "villes-monde", et, à cette fin, d'imaginer de nouveaux "modes d'organisation" institutionnels de cette collectivité.

Six mois après, M. Blanc, fidèle à son goût du secret, observe toujours le plus grand silence sur ses projets. "A chaque fois qu'on veut avoir des informations, son cabinet ne nous donne rien", se désole un conseiller ministériel. "On guette des annonces. Mais cela commence à faire long", s'impatiente Philippe Dallier, sénateur (UMP) de la Seine-Saint-Denis, auteur d'un rapport, au printemps, sur le Grand Paris. M. Blanc s'en tient au calendrier qu'il s'est fixé en mai. Fin 2008, il présentera des propositions très "concrètes" sur le développement du pôle de Saclay (Yvelines) et sur celui de Plaine de France (Seine-Saint-Denis). Mais il attendra "fin 2009" pour dévoiler son "projet global" de réaménagement de la région et d'une nouvelle "gouvernance".

Dans la majorité, cette dernière échéance paraît d'autant plus lointaine que deux autres ministres, Valérie Pécresse (enseignement supérieur) et Roger Karoutchi (relations avec le Parlement) s'expriment, eux, presque chaque jour sur les enjeux régionaux dans le cadre de la compétition acharnée à laquelle ils se livrent dans la perspective des primaires internes à l'UMP prévues en mars. S'ils se défendent d'être handicapés par la discrétion de M. Blanc, ils n'en sont pas moins prudents sur leur programme, de peur d'être démentis in fine par les annonces du secrétaire d'Etat.

"Je suis prêt, et j'ai même hâte que nos idées sortent", répond M. Blanc, dont le cabinet précise qu'il a consulté plus de 200 personnes en six mois. Mais, dit-il, "(il attend) les conclusions de la consultation sur le Grand Paris". Lancée par M. Sarkozy, celle-ci réunit dix équipes d'architectes et d'urbanistes qui doivent rendre leurs travaux début 2009. "Il se peut qu'il n'en sorte rien, comme il se peut qu'il y ait un jaillissement d'idées", dit-il. Au final, "le seul vrai pilote du projet sera le président de la République".

En accord avec M. Karoutchi, M. Blanc a encouragé François Fillon à se lancer dans un bras de fer politico-juridique avec la Région. En jeu : le projet de Schéma directeur de la région Ile-de-France (Sdrif) que M. Huchon s'apprête à faire voter le 26 septembre par la collectivité. Le premier ministre envisage de ne pas transmettre le projet de Sdrif au Conseil d'Etat après son adoption par le conseil régional. Ce qui aura pour effet d'empêcher sa mise en oeuvre. "Blanc a un ego surdimensionné. Il pense qu'il n'y a que son calendrier qui doit s'imposer", déplore M. Huchon.

L'arbitrage de M. Fillon ne fait pas l'unanimité au gouvernement. Le ministre de l'aménagement du territoire, Jean-Louis Borloo, imaginait un compromis possible entre la Région et l'Etat. "Il n'y a pas que des âneries dans ce schéma directeur, ajoute Pierre Bédier, président (UMP) du conseil général des Yvelines, notamment quand il prévoit de reconstruire la ville sur la ville pour éviter l'étalement urbain." Le secrétaire d'Etat à l'outre-mer, Yves Jego - qui a renoncé à être candidat à la Région -, estime "que le PS a beau jeu de dire que la droite bloque le Sdrif pour des raisons politiques". M. Blanc répète que sa mission de construire un Grand Paris "se situe au dessus et au-delà des échéances politiques".

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Jeudi 11 septembre 2008

PRESSE
20 Minutes,  11/09/2008

Article par Alexandre Sulzer

Jean-Paul Huchon, président (PS) du conseil régional d'Ile-de-France, a engagé hier un bras de fer avec l'Etat en présentant une version finalisée du Schéma directeur francilien (Sdrif) qui prévoit l'aménagement de la région d'ici à 2030. Un document-fleuve, auxquelles quelques modifications ont été apportées (voir encadré) après l'avis d'une commission d'enquête, et qui doit être approuvé le 26 septembre par l'assemblée régionale.

C'est sans compter sur l'Etat qui a demandé le report de ce vote dans l'attente de propositions concrètes de la part de Christian Blanc, secrétaire d'Etat à la Région-capitale. Le gouvernement reproche également à la région son manque d'ambitions économiques. « On se calme, on boit frais et on avance », s'énerve Jean-Paul Huchon, qui table sur une croissance moyenne de 2 % par an. Et menace le gouvernement de recours s'il refuse de transmettre le projet au Conseil d'Etat dans les six mois pour approbation.

Revenant hier sur sa vision de l'aménagement régional lors d'un chat sur 20minutes.fr, le président de la région s'est dit opposé à l'installation d'un circuit de F1 en Ile-de-France, qui « poserait des problèmes d'environnement et de circulation ». Il a également indiqué que le développement de tours, souhaité par le maire (PS) de Paris, n'était pas prioritaire. Enfin, Jean-Paul Huchon a appelé à la réunion en octobre de différents partenaires pour réaliser plus de 15 000 logements étudiants d'ici à 2013.

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