Loyers à Paris : souvent plus que 34% des revenus

Publié le par Grand Paris

PRESSE
LES ECHOS [ 16/02/09   ]

Le loyer des parisiens représente 34% de leurs revenus, contre 20% ailleurs en France.Le fait de vivre seul, dans un petit logement et d'avoir des ressources qui diminuent en raison d'un changement de situation (retraite et chômage notamment), pénalisent les locataires de la capitale, selon l'Adil 75.    

A la différence du marché de l'accession à la propriété qui tourne au ralenti, le marché de la location fait preuve de fermeté. D'ailleurs, l'impossibilité pour nombre des particuliers de devenir propriétaires sous l'effet conjugué des prix encore élevés et du durcissement des conditions de crédit, ne fait que renforcer la demande locative. Au lieu de tourner autour de la moyenne nationale de 20% du revenu des ménages, la part du loyer moyen pour les parisiens s'élève à 34%. Ce score émane des résultats d'une enquête réalisée par l'ADIL 75 (association départementale d'information sur le logement), auprès des 650 particuliers qui l'ont consultée pendant cette période. entre juillet et novembre 2008.

Parfois, ce seuil du tiers des revenus consacrés au poste logement est dépassé par des locataires modestes et/ou célibataires. Plus précisément, il est fréquent que le loyer dépasse le cap 35% du budget du ménage, chez les titulaires de revenus mensuels inférieurs à 2.000 euros.

Toujours selon l'ADIL 75, seuls 27% des célibataires ont un taux d'effort représentant le poids du loyer par rapport au revenu net, pour leur logement inférieur au quart de leur budget familial. Par contre, 51% des couples ont un taux d'effort pour leur logement inférieur au quart de leur budget familial. Une preuve que pour les couples percevant deux revenus, ce fameux " taux d'effort ", s'avère généralement moins élevé que pour les solos.

Généralement deux grands types de locataires ont dû mal à boucler leur budget de location. D'une part, certains seniors confrontés à un effet de ciseaux lié à leur baisse de revenus à l'âge de la retraite et au maintien de leurs charges financières de logement. Résultat : pour 65 % des ménages, la part de loyer dépasse le quart de leur budget.  Pour 17% des personnes de plus de 65 ans, le loyer absorbe plus de 45% de leur budget. Certains locataires âgés se trouvent même en situation d'impayés de loyer.


Des seniors fragilisés
L'Adil a enregistré plusieurs cas. Notamment celui d'une retraitée de 70 ans, entrée dans les lieux en 1997, et disposant d'une retraite de 850 euros,  parvient à régler son loyer mensuel de 941 euros pour 57m2 dans le XVI°, grâce à ses économies. Une autre disposant d'une petite retraite de 1.000 euros, souhaite sous-louer une partie de l'appartement pour continuer à y vivre. Pour ces seniors, tout déménagement entraînerait une perte de leurs repères.

L'autre catégorie de locataires vulnérables est constituée par les jeunes. " Un tiers des jeunes de moins de 25 ans doivent régler un loyer supérieur à 45% de leurs revenus " souligne l'ADIL 75. Généralement les parents les aident à y faire face. Et de citer, l'exemple d'un étudiant en philosophie. Agé de 28 ans, il perçoit 600 euros mensuel comme surveillant d'éducation et, reçoit une aide financière de sa mère, pour honorer un loyer de 800 euros mensuel, pour un studio de 35 m2 dans le VI°.

L'essor de la co-location

Pour alléger leur poste consacré au logement, nombre de candidats à la location, et en particulier de jeunes, ont tendance à privilégier la co-location. Le mouvement commence même à se développer auprès de personnes mures, voire de seniors encore valides. Pour 87% des personnes interrogées dans un sondage IPSOS, " la co-location constitue une bonne solution pour se loger à un prix abordable dans un logement souvent spacieux. En outre, le partage du loyer entre plusieurs co-titulaires du bail en sécurise le paiement ".


Partager un logement et un loyer
Toujours avec le concours de l'ADIL 75, deux exemples. D'une part, avec un revenu mensuel de 1.600 euros, ce jeune célibataire de 25 ans, partage avec 2 autres personnes un appartement de 70 m2 situé dans le XV° et facturé au total 1.250 euros . D'autre part, depuis la liquidation récente de son entreprise, ce célibataire qui gagnait auparavant 5.000 euros par mois, ne dispose plus que de 580 euros mensuels. A cause de cette chute brutale de revenus, et de ses impayés de loyer, il envisage sérieusement la colocation dans son appartement de 60 m2 situé dans le III° et facturé 1.300 euros. Au préalable, il prendra soin de demander l'accord de son bailleur, pour trouver un co-locataire. D'ailleurs son bail sera modifié et établi à son nom et à celui de son partenaire.

Si la co-location s'avère souvent un bon plan pour les candidats à la location, elle constitue une aubaine pour les propriétaires. " Cependant, quelques bailleurs en profitent pour proposer leur appartement à un prix supérieur à celui habituellement pratiqué " avertit l'ADIL. 

Sans doute idéale sur le papier, la co-location nécessite dans la pratique de s'engager avec des partenaires solvables et de bonne compagnie! Sinon gare aux déconvenues.

Martine Denoune
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Publié dans Logement - Immobilier

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