L’Ile-de-France veut se transporter sans l’Etat

Publié le par Grand Paris

PRESSE
LIBERATION

SIBYLLE VINCENDON

C’est Jean-Paul Huchon, président (PS) de la région Ile-de-France, qui l’affirme: il croit «en la bonne foi de l’Etat».«Jean-Paul, faut quand même pas être le ravi de la crèche.» Et espérer que, tôt ou tard, l’Etat alignera sa part de financement dans le plan de mobilisation pour les transports en Ile-de-France. Mais il reconnaît dans la foulée que ses amis lui disent :

Cette vaste réparation d’un réseau que «les gouvernements ont déserté depuis trente ans», représente 18 à 19 milliards d’euros de dépenses jusqu’en 2020. Le plan est prêt depuis novembre, mais le gouvernement n’a rien indiqué depuis sur la participation de l’Etat. «J’ai compris que l’on attendait deux événements : le plan de Christian Blanc [secrétaire d’Etat au Développement de la région capitale, ndlr] et les élections régionales de 2010. Il y a des gens qui n’ont pas envie que l’actuel président de la région emporte un succès», a persiflé hier Jean-Paul Huchon lors d’une conférence de presse.

Aussi, face à ce «silence radio», a-t-il posé : «Nous avons décidé, avec les présidents de conseils généraux, de nous lancer sans l’Etat.» La réalisation de ces travaux (lire ci-dessous) prendrait quinze ans au lieu de dix.

Et pour faire bon poids, le chef de l’exécutif régional va «demander rendez-vous au président de la République, avec tous les présidents des conseils généraux pour lui présenter [le] projet». Tous ? Les deux de droite, les UMP Patrick Devedjian, dans les Hauts-de-Seine, et Pierre Bédier, dans les Yvelines, sont restés à distance de l’initiative. Quant à Valérie Pécresse, tête de liste UMP pour les régionales de 2010, elle l’a jugée «soudaine et précipitée» alors que Nicolas Sarkozy présentera son plan pour l’Ile-de-France le 29 avril.

Ces annonces s’appuieront sur les propositions de Christian Blanc. Ce dernier a déjà évoqué son projet de vaste boucle de métro automatique souterrain de 130 kilomètres, «pharaonique», selon le terme du président de la région.

Pour le plan de mobilisation, Huchon ne «demande pas de l’argent à l’Etat» mais «des décisions» : taxer les plus-values immobilières liées aux nouveaux transports, augmenter le fonds d’aménagement de la région Ile-de-France (taxe locale sur les bureaux) et, surtout, accroître le versement transport payé par les entreprises. «Vraiment pas le moment alors qu’on est en pleine crise», a réagi dès hier le Medef régional.


Un programme en trois parties

Le plan de mobilisation pour les transports en Ile-de-France comprend trois volets : les urgences, les projets à accélérer et les projets structurants.

Urgences : les nouveaux matériels roulants, en particulier sur le RER A, la prolongation de la ligne 14 (Météor) pour soulager la 13, les améliorations des RER B, C et D.

A accélérer : 7 nouveaux tramways, 30 bus en site propre et trois «tangentielles» ferroviaires au nord (déjà en travaux), à l’ouest et au sud.

Structurants : la rocade de petite couronne Arc Express, dont les «fuseaux» de tracés possibles au sud-est et au nord-ouest vont être soumis au débat public. Et le prolongement du RER E (Eole) à l’ouest vers Mantes-la-Jolie (Yvelines).

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Publié dans Transports

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