Transports franciliens : "Qu'on commence par faire marcher le réseau actuel !"
LEMONDE.FR | 29.04.09
LeMonde.fr a intérrogé ses lecteurs pour réagir aux projets de transports urbains de Nicolas Sarkozy pour le Grand Paris. Le résultat est sans appel, et montre à quel point il est urgent d'améliorer les liaisons inter-métropolitaines rapidement.
L'Association Grand Paris va proposer des améliorations en juin 2010. Si vous souhatez y contribuer, vous pouvez nous contacter par mail : associationgrandparis@gmail.com
- Regardons d'abord le présent, par Alain C.
Avant même de parler du futur, regardons le présent : le RER B ne fonctionne pas normalement, les problèmes, retards, petits et grands, les interruptions, les trains supprimés, les changements de mission sont quotidiens. Aucun horaire n'est respecté aux heures de pointe. D'après mes calculs, j'ai perdu 1 heure à 2 heures par jour sur six mois. Multiplié par plusieurs dizaines de milliers de passagers quotidiens, ça donne le vertige.
Donc, que la maintenance élémentaire soit enfin refaite. Que le ménage soit fait dans l'encadrement qui ne maîtrise rien et désorganise. Que des conducteurs soient embauchés puisque des trains sont supprimés avec annonce publique de manque de conducteurs. Que les régulateurs ouvrent les yeux et pensent enfin aux usagers. D'après mes collègues usagers d'autres lignes, la situation est aussi dégradée ailleurs (A, C, E...). Je me moque des belles promesses et des rêves debout, je veux juste que les lignes actuelles fonctionnent normalement, tout simplement.
- La fin d'un cauchemar ?, par Nazli Sannier
La première pensée qui me vient le matin est "vais-je arriver à l'heure au travail ?". Je suis dépendante à 100 % du RER B et c'est un vrai calvaire, chaque jour un incident, des retards parfois de plusieurs heures, des wagons surpeuplés, de quoi nous rendre tous aigris ! Le renouvellement du matériel aujourd'hui vétuste est un vrai soulagement car 2 h 40 par jour de transport dans ces conditions, ce n'est pas vivable. J'espère que cette initiative aboutira réellement.
- Améliorer la fréquence des équipements actuels plutôt que de miser sur de nouveaux investissements, par Marie L.
Je prends le RER B tous les jours sur sa portion sud puis le métro. J'attends essentiellement des améliorations du fonctionnement et de la fréquence des lignes actuelles. En effet, nous sommes fréquemment confrontés à des défaillances techniques (problèmes à gare du Nord, problèmes électriques...) qui conduisent à d'énormes engorgement sur la ligne Sud (pourquoi un tel impact ?!). On doit alors patienter sur le quai pour prendre un train bondé. En cas de difficulté, il est pour moi aberrant de voir des trains directs devenir omnibus (c'est la pratique courante ; or lorsque le train est plein, s'arrêter à toutes les gares est simplement une perte de temps pour ceux qui sont dedans... personne ne réussit à monter et la majorité descend aux stations principales). Passé 9 heures du matin, la fréquence devient beaucoup plus faible. Une bonne information des voyageurs serait également très appréciée et nécessaire.
- Rappel des fondamentaux, par Voyageur impénitent
Il faut (re)commencer par les fondamentaux. Un train qui est affiché est un train qui arrive à l'heure. Cela constituerait en soit une amélioration majeure. Pour rêver un peu, que les bétaillères soient remplacées par des wagons voyageurs dignes de cette appellation. Cela permettrait de ne pas marcher sur les pieds de son voisin de droite le matin aux heures de pointe tout en se gavant de l'haleine fraîche du voisin de gauche, tout en étant massé par le coude de celui qui est derrière vous. Un fantasme en somme.
Et puis soyons fous : que le gouvernement de droite qui ne finance pas arrête de dire que la région de gauche n'agit pas sous prétexte que le gouvernement refuse de financer. A moins que ce ne soit le contraire aux élections suivantes ; le tout sur le dos des voyageurs.
Et pour aller jusqu'au bout, arrêter d'empiler les diagnostics successifs ; passer au chapitre réalisation.
- Le RER B, un cauchemar au quotidien, par Cédric Ménassé
Je suis étudiant à l'université Paris-Sud-XI à Orsay. Habitant à Robinson RER je dois, chaque matin, utiliser la ligne B. Entre les incidents techniques, les pannes de conteneur, les raisons de retards diverses et variées, les conducteurs qui s'arrêtent à une gare pour aller prendre un café (véridique), les annulations de trains (pratique pour être à l'heure en cours !), les grèves de personnels (fréquentes) ou tout simplement les trains qui n'arrivent pas sans qu'aucune raison nous soit donnée, on peut être assuré qu'à un moment de la journée il y aura un problème. Certaines personnes demandent une plus grande information, moi je voudrais simplement un RER qui fonctionne correctement ! L'université d'Orsay n'est desservie que par le RER B, et nous n'avons donc aucun moyen de faire autrement. Je mets au défi M. Pepy de venir chaque jour à Bures-Sur-Yvette sans s'énerver. Avec une meilleure gestion, on pourrait réduire la majorité des problèmes sans dépenser 25 milliards d'euros.
- Tous les transports mènent à Paris, par Nouchine Nabhan
On nous rebat aussi les oreilles avec les transports en commun dans Paris, et on rend la vie des automobilistes insupportable dans la capitale. Soit. Mais au delà d'1 heure du matin, on rentre à pied. Pour l'unique sortie de la semaine, ça peut paraître un peu faible. Alors on se dit qu'on va jusqu'à Paris en voiture et qu'on fait le reste en transport. Soit. Mais aucun parking n'est prévu à l'entrée de Paris. On a l'impression d'avoir commis une erreur en vivant hors des murs de la capitale.
- Paris n'est pas le centre économique et social de la région IDF, par Gata Negra
J'attends en priorité des transports en commun de banlieue à banlieue. J'habite Argenteuil (95), 3e ville de l'Ile-de-France. Notre ville est abandonnée de tous depuis des années. Nous sommes à 12 km de Paris, mais il y a des jours où nous avons l'impression d'habiter la campagne la plus reculée : pas de liaison rapide vers Roissy, Cergy-Pontoise, la Défense, Saint-Denis, Rueil-Malmaison, Saint-Quentin-en-Yvelines... là où il y a du travail. Il faut sans cesse utiliser la voiture (quand on a la chance d'en avoir une). Pour aller à Paris, le train est bondé aux heures de pointe, et la ligne 13 du métro est saturée. Pas un jour sans un incident de trafic, des personnes qui ont des malaises...
Comment, dans ces conditions, répondre favorablement aux "offres d'emploi raisonnables" alors que nous ne pouvons pas nous déplacer ? Comment se rendre à Cergy-Pontoise, où se trouvent notre préfecture et de nombreux autres services publics, autrement que par un autobus qui serpente tranquillement la banlieue ? Il y a urgence à prolonger la ligne 14 vers la banlieue nord-ouest ! S'il doit y avoir un "grand huit", il faut qu'il relie les préfectures, les sous-préfectures et les pôles d'activité économique des départements de l'Ile-de-France.
- Pour un métro spacieux et climatisé, par Grand Paris
- Doubler la ligne 13 et rénover le RER, par Alexandre Albertini
Peut on imaginer que cela soit mis en place rapidement, car je ne peux m'imaginer qu'il faille encore attendre huit ou dix ans avant la fin des travaux et projeter mon quotidien en 2020. Nous ne sommes pas, nous les 93, de quelconques zombis dans une lointaine province de mauvaise réputation mais des citoyens appelés à devenir des Grands Parisiens à part entière !
- Un grand chantier : la politesse, par Myriam Choudy
Mais à mon sens, ce qui énerve dans les transports, nous irrite, nous agace, nous donne envie de mettre des claques... ce sont souvent les autres usagers. Le plus grand chantier serait de répandre un certain sens de la politesse et du civisme : marre de la voisine qui hurle au téléphone, du voisin qui écoute son MP3 sans casque, du type qui ne serre pas à droite dans l'escalator et de celui qui ne se lève pas du strapontin en cas d'affluence.... Aussi courts que puissent devenir nos trajets, je détesterai toujours les transports tant que les égoïstes et malpolis séviront.