"Supplément loyer solidarité": Mano (PS) demande la modification du décret
AFP >PARIS, 23 juin 2009 - 13h37
Jean-Yves Mano, adjoint PS au logement à la mairie de Paris, a demandé la modification du décret ayant réformé le supplément de loyer solidarité (SLS) dans le parc social, dont le mode de calcul est particulièrement pénalisant pour les classes moyennes à Paris.
M. Mano a expliqué devant la presse mardi que le gouvernement a "imposé par décret aux bailleurs sociaux un nouveau barème de SLS", applicable depuis le 1er janvier 2009 aux locataires dont les ressources dépassent d'au moins 20% les plafonds d'accès au logement social. Il a qualifié de "brutal" l'effet de cette réforme qui s'applique réellement "à 4.500 ménages parisiens" sur les 120.000 potentiellement concernés résidant dans un logement social géré par les cinq bailleurs sociaux de la Ville (Paris Habitat, OPH, RIVP, SEMIDEP, SGIM, SIEMP). "Elle n'a entraîné le départ que de 200 familles", a-t-il dit, et, selon lui, "attendre du nouveau barème du SLS de nombreuses libérations de logements est une chimère". M. Mano a aussi dénoncé "la double peine" avec la baisse annoncée pour le 1er janvier 2010 de 10% du niveau des plafonds de ressources permettant l'éligibilité au logement social. Ceci, selon lui, peut concerner 7.500 familles à Paris et accroîtra de 30% à 100% le montant du SLS. "Le surloyer est un concept acceptable dans son principe à condition que l'effet surloyer n'entraîne pas l'évacuation des couches moyennes parisiennes", a estimé l'adjoint au logement. A titre d'exemple, selon la mairie, un ménage de deux personnes locataires de la RIVP résidant dans un F3 de 77 m2, chacun gagnant 2.300 € nets par mois, a vu son SLS mensuel passer de 127 € en 2008 à 398 € en 2009. En 2010, avec la baisse des plafonds de ressources, ce SLS passera à 625 EUR/mois, soit une augmentation de 390% en deux ans. M. Mano a parallèlement fustigé l'amendement du député parisien UMP Jean-François Lamour qui plafonne, pour les plus aisés (dépassant de plus de 100% les plafonds de ressources du logement social) le montant cumulé du loyer et du surloyer à 20 euros/m2. "On ne réglera pas le problème du logement en faisant partir les personnes qui dépassent légèrement les plafonds de ressources", a ajouté M. Mano.