Régionales: courtisés par Copé, les Verts «pas dupes»

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LIBERATION 08/09/09 I LAURE EQUY

Selon le chef de file des députés UMP, «il y a peut-être de quoi discuter» entre droite et Verts, à l'approche des élections de 2010. Sans faire illusion auprès de ceux-ci, désormais habitués aux tentatives d'approche...


Jean-François Copé avait poussé un peu loin le bouchon de l’ouverture, en estimant qu’entre UMP et Verts, «il y a peut-être de quoi discuter». Les intéressés ont, sans surprise, repoussé l’offre du patron des députés UMP, trop polie pour être honnête à l’approche des élections régionales.

«On ne peut pas exclure a priori qu’il y ait parfois des majorités de projets dans certaines régions», s’était avancé Copé, invité, dimanche, de La Tribune-BFM, tirant, au passage, à l’UMP la couverture écolo: «il apparaît aujourd’hui qu’historiquement la droite aura fait plus pour l’écologie que la gauche». Et de souffler sur les braises des «bisbilles entre les Verts et les socialistes»: «il n’est pas certain, juge Copé, que dans les régions, ils soient d’accord sur tout.»

«Nous sommes sereins»

«On est très clairs, lui répond Jean-Vincent Placé, numéro deux des Verts, on est dans l’opposition au président de la République. Dans les collectivités, les municipalités, on a le même positionnement.» Ne pas voir «une naïveté» de Cécile Duflot, lorsque la secrétaire nationale des Verts se rend à l’Elysée pour pousser ses propositions sur la taxe carbone, insiste son bras droit auprès de Libération.fr: «Nous sommes sereins, tranquilles, on défend notre projet.»

«Pas dupes» de la conversion, plus ou moins tactique, des partis à l’écologie, depuis le carton des listes Europe Ecologie aux européennes, les Verts, ajoute Placé, s’ils se «réjouissent que l’on recycle leurs idées, ont la prétention de croire» qu’ils sont «les meilleurs pour faire de l’écologie».

Celui-ci souligne la stratégie envisagée par le parti en vue des élections de 2010: «On veut être en situation de nous rassembler à gauche au second tour, on veut garder les majorités» de gauche en place dans 20 des 22 régions, «mais surtout, changer le rapports de force». En clair, «être majoritaires dans ces majorités», les Verts devant les socialistes.

Alors que Valérie Pécresse, chef de file de l’UMP aux régionales en Ile-de-France a emboîté le pas de Copé, assurant que son «projet sera écologique», Placé, chef du groupe Verts au conseil régional, s’étonne: «Le groupe UMP s’est toujours opposé aux initiatives que nous avons portées sur l’écologisation de l’économie francilienne, l’aménagement, les transports, le logement.»

«Le gibier favori des prédateurs politiques»

Secrétaire national chargé des élections chez les Verts, Jean-Marc Brûlé, administre lui aussi, une petite piqûre de rappel à la droite francilienne: ex-députée (UMP) des Yvelines, Valérie Pécresse «a défendu le circuit de F1 de son ami Pierre Bédier» dans le département. «Un dossier qui, pour les Verts, est représentatif de toutes les impasses et les catastrophes de notre société», a expliqué l’élu à l’AFP, citant comme autre exemple de désaccord, le dossier du développement de la Défense.

Ecartant tout «intérêt commun avec l’UMP», ce conseiller régional chargé de l’économie verte, s’amuse «de voir tout ce monde qui s’intéresse aux Verts et veut travailler avec nous.» Tout comme le député Noël Mamère, qui a ironisé auprès de l’AFP, sur cette bienveillance générale: «les Verts sont devenus le gibier favori de tous les prédateurs politiques de ce pays.»

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Publié dans Régionales 2010 IDF

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