Paris : Delanoë donne un coup d'accélérateur au lancement d'Autolib'
Le syndicat mixte Autolib', qui sera créé à la fin du mois, lancera avant la fin de l'année l'appel d'offres pour un projet complexe de 3.000 véhicules électriques en libre-service dans l'agglomération parisienne.
« Dépêchez-vous ! Plus vous ferez de voitures électriques, moins elles seront chères. Tout le monde doit aller vite, nous allons lancer notre appel d'offres pour Autolib' avant la fin de l'année. »C'est en substance le message qu'a fait passer vendredi le maire de Paris, Bertrand Delanoë, aux constructeurs automobiles à l'occasion de l'inauguration de la Semaine de la mobilité électrique, qui présente différents véhicules sur le parvis de l'Hôtel de Ville. Affichant déjà un certain retard à l'allumage - le calendrier initial prévoyait le lancement de l'appel d'offres début 2009 -, le système Autolib' comptera plus de 3.000 voitures électriques en libre-service dans un millier de stations réparties entre Paris et les communes participantes (lire carte ci-contre). Le 24 septembre, 26 collectivités sur les 80 sollicitées installeront le syndicat mixte Autolib' - validé cet été par la préfecture - qui sera chargé de lancer l'appel d'offres. L'abonnement devrait être de l'ordre de 15 à 20 euros par mois, pour 4 à 6 euros la demi-heure d'utilisation. « Nous réfléchissons aussi à une formule sans abonnement, comme cela se fait à Ulm », indique l'adjointe (PS) aux transports, Annick Lepetit, de retour de cette ville allemande de 120.000 habitants où Daimler a lancé un système similaire. A charge ensuite aux communes de financer les stations (environ 50.000 euros) et à l'exploitant de fournir le service et les véhicules. La ville de Paris avait prévu une enveloppe de 30 millions d'euros et attendait 10 millions de la région Ile-de-France, qui n'en apportera que 3.
Reste au syndicat à affiner le cahier des charges d'un projet inédit et complexe, en termes d'implantation des stations, de maillage du réseau, de régulation, de fiabilité, de sécurité, d'autonomie des véhicules et, expérience Vélib' oblige, de vandalisme. Les communes concernées ont d'ores et déjà participé à des ateliers sur ces problèmes, dont il ressort, par exemple, que la plupart d'entre elles n'ont choisi d'implanter que 30 % des stations proposées. Or moins le maillage est dense et plus la régulation est complexe et coûteuse. Si tous ces obstacles sont résolus, le service devrait ouvrir fin 2010, avec, propose Annick Lepetit, « une expérimentation “ à blanc ” de plusieurs mois, comme à Ulm. » Beaucoup s'accordent donc à penser qu'il vaut mieux tabler sur 2011. D'autant que les opposants au projet sont nombreux. Chez les Verts, Denis Baupin a plusieurs fois proposé de consacrer au développement de l'autopartage les moyens réservés à Autolib'. Quant aux élus de l'UMP, ils ont émis des doutes sur la viabilité du système et souligné, selon eux, l'impréparation du projet, estimant « dommageable de sacrifier le caractère ambitieux d'Autolib' à une précipitation inconsidérée. »