La bombe à retardement de la révision des «valeurs locatives»
Le prix établi par le fisc est désormais très éloigné du prix du marché.
Que les ménages qui habitent dans une municipalité vertueuse ne se réjouissent pas trop vite : eux aussi risquent de payer davantage d'impôts locaux à l'avenir. Du moins si la réforme des valeurs locatives aboutit. Ces valeurs locatives sont le prix «administratif» du logement, qui sert de base au calcul des impôts locaux. Or ce prix établi par le fisc est désormais très éloigné du prix du marché. Car les valeurs locatives n'ont fait que suivre l'inflation. Depuis 1970, elles n'ont pas été réévaluées pour tenir compte du niveau de confort des logements. Résultat, les valeurs des immeubles anciens de centre-ville sont sous-évaluées puisqu'elles sont le reflet d'une époque où ces quartiers n'avaient pas été rénovés. D'une façon générale, l'ancien est favorisé par rapport au «vieux neuf». «J'habite dans le XVe arrondissement de Paris un immeuble un peu défraîchi des années 1960 et je paye 1700 euros de taxe foncière. Une amie qui a la même surface deux rues plus loin paye 1300 euros, alors qu'elle est dans un appartement haussmannien à moulures !» raconte une mère de famille parisienne.