Grand Paris : Où est le dialogue ?
PRESSE I DEVELOPPEMENTDURABLEJOURNAL.com I 30/09/09 I Jacques Cortie
Si la question des fonds nécessaires à la réalisation des projets pharaoniques présentés par le Président de la République, anime le débat autour du Grand Paris, la concertation, ou plutôt son absence, est l’autre élément non maîtrisé du projet. C’est le Conseil Economique et Social de la Région (CESR) Île de France, qui dans son rapport, rendu public ce 24 septembre dernier, rapport réalisé à la demande du Premier Ministre, ouvre le ban. Le CESR Île de France insiste sur " les notions de participation démocratique, de consultation préalable, de co-élaboration des décisions" et demande de "ne pas remettre en cause les lois de décentralisation". Le Conseil s’interroge sur le SDRIF, voté le 18 septembre 2008 et dont, il dit n’avoir pas de nouvelles. Il s’interroge aussi sur le futur rôle du STIF. Bref, les remarques générales formulées au Premier Ministre, sur l’avant-projet de loi Grand Paris, pointent largement le risque de non-consultation autant que la trop grande rapidité générale du processus : "Il y a une profusion de propositions sur la table : elles jettent plus le trouble qu’elles n’apportent de solutions"dit encore le CESR. Des préoccupations dont Anne Hidalgo,adjointe PS au maire de Paris, se fait l’écho au nom des élus de la capitale :"La position des élus d’Ile-de-France dépasse les clivages partisans. Ce n’est pas un problème gauche-droite. Des élus comme Patrick Ollier (UMP) expriment un désaccord assez profond avec le projet du gouvernement, très éloigné de la lettre et de l’esprit du discours du président de la République du 29 avril. La méthode de Christian Blanc est autoritaire et sans concertation. Elle porte les germes d’un système où la démocratie locale est totalement niée." De leur côté, les élus de la Communauté d’Agglomérations du Plateau de Saclay (CAPS), toutes tendances politiques confondues, ont voté hier une motion exprimant leur inquiétude sur le contenu du “projet de loi sur le Grand Paris” ainsi que leur mécontentement quant à la méthode utilisée par Christian Blanc. François Lamy, le Président de la CAPS, a adressé un courrier au Premier Ministre afin de lui rappeler ses engagements : ”On ne peut pas d’un côté déclarer que le Grand Paris ne se fera pas sans l’adhésion des citoyens et de l’autre tenir à l’écart les élus locaux représentant 100.000 habitants d’un territoire stratégiquement concerné par le projet ” argumente-t-il.
Le projet d’aménagement dit du Grand Paris, voulu par Nicolas Sarkozy, suscite toujours autant d’escarmouches. A droite, comme à gauche, on fustige le manque de concertation alors que le projet de loi va être présenté en Conseil des Ministres le 7 octobre prochain. La question du financement n’est toujours pas résolue et l’on reparle avec insistance d’un écopéage à l’entrée de la Capitale...
Les choses s’accélèrent pour donner vie au grand projet lancé par Nicolas Sarkozy le 29 avril dernier. Sa vision d’une Capitale et d’une région Île de France mieux structurée, mieux pensée, moderne et surtout mieux desservie va passer un premier cap ce 7 octobre avec la présentation en Conseil des Ministres du projet de création de la Société du Grand Paris. Une structure permettant de mettre en oeuvre tous les aménagements sur lesquels travaillent, dans le cadre d’une mission spécifique, Christian Blanc. Le Secrétaire d’Etat à la région Capitale peaufine actuellement ses arguments et son calendrier. Un peu moins sa diplomatie semble-t-il. De gauche comme de droite nombreux sont en effet les responsables qui soulignent le cavalier seul de l’homme de l’Elysée sur ce projet. Christian Blanc a notamment réitéré récemment son choix ferme de lancer la construction de la fameuse rocade qui impliquerait la création d’une quarantaine de gares et dont le budget n’est pas bouclé. L’on sait que le Grand Paris représente une enveloppe globale de quelque 35 milliards d’euros pour l’ensemble des infrastructures transports. Gilles Carrez, rapporteur général du budget de l’Etat, et mandaté par François Fillon sur ce sujet, cherche toujours une dizaine de milliards pour terminer le financement du plan de mobilisation des transports (modernisation des RER, désaturation de la ligne 13 du métro, prolongation de la ligne 14, etc.) mais aussi pour le fameux métro automatique à grande vitesse dont Christian Blanc ne démord pas. D’où le retour de l’idée d’un péage. C’est d’ailleurs l’UMP Paris qui déposera un voeu en ce sens les 29 et 30 septembre lors du Conseil de Paris afin de demander au maire de la capitale de faire les études nécessaires à la mise en place d’un écopéage. De son côté Thierry Coudert (UMP encore) estime que "sur l’espace du Grand Paris on pourrait imaginer un péage de dissuasion pour l’hypercentre et un péage de financement des infrastructures sur les reste du territoire".
La concertation en question
La concertation en question
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