Une capitale ouverte à sa périphérie
Les déclarations de Sarkozy révèlent le manque de projet de la majorité pour la première région de France.
Par Jean-Pierre Caffet, adjoint au maire de Paris, chargé de l’urbanisme et de l’architecture, et Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris, chargé des relations avec les collectivités territoriales d’Ile-de-France.
LIBERATION / QUOTIDIEN : jeudi 16 août 2007
La déclaration du chef de l’Etat en juin dernier sur l’aménagement futur de la région Ile-de-France ainsi que la possible création d’une communauté urbaine s’inscrit dans un contexte régional dominé par de multiples défis : résoudre la crise du logement, développer un réseau de transports performant au sein même de l’agglomération, favoriser l’émergence de pôles économiques. Le tout en respectant notre environnement et en s’assurant d’une véritable équité sociale et territoriale.
Dès 2001, Bertrand Delanoë a souhaité ouvrir un débat politique, d’égal à égal. Depuis, 450 opérations de coopération avec plus de 120 collectivités ont été mises en œuvre dans des domaines allant de l’aménagement urbain aux espaces verts, en passant par les déplacements ou le logement. Ce dialogue enfin restauré a ouvert la voie à une étape supplémentaire : en juillet 2006, la Conférence métropolitaine est créée, réunissant quarante-deux élus qui répondent ainsi à l’appel du maire de Paris, du président de la région et d’une quinzaine de maires de sensibilités politiques diverses. Lieu structuré mais souple de débat politique et de consensus, elle produit incontestablement des actes : par exemple, l’inscription dans le Schéma directeur de la région Ile-de-France (Sdrif) d’une ligne de transports lourde en rocade en petite couronne.
C’est pourquoi l’intervention du chef de l’Etat, au lieu de nous éclairer sur les intentions concrètes de l’Etat, se limite à l’expression de principes en contradiction avec les faits. Ainsi, comment rendre compatibles une préoccupation environnementale nécessaire et l’attitude de l’UMP à la région, qui pourfend tout renoncement à de nouveaux projets de voies autoroutières ? Comment prôner — à juste titre — le développement des transports collectifs quand les cinq années écoulées ont vu le gouvernement diminuer de près de 50 % les budgets dédiés à leur expansion ? Et comment souligner la nécessité d’un effort massif en faveur du logement social, quand l’UMP Paris affiche un projet municipal qui remet en cause le respect même des objectifs de la loi SRU ?