Villes vertes : le gouvernement met les bouchées doubles

Publié le par Association Grand Paris

13 villes ou agglomérations et 27 écoquartiers ont été récompensés pour leurs projets.  Des aides en matière d'ingénierie sont prévues, et la Caisse des Dépôts accordera des prêts à taux préférentiels pour acheter le foncier.

Les négociateurs qui se rendront à Copenhague dans le cadre de la conférence sur le changement climatique en décembre prochain auront la surprise de leur vie : dans les rues de la capitale danoise circulent plus de vélos que de voitures.  Pour descendre du trottoir, il faut d'abord prendre garde à laisser passer les cyclistes et ce même lors des mois d'hiver, l'ensemble des vélos étant équipés de pneus neige. Et la municipalité a mis en place de longue date des mécanismes visant à encourager l'économie d'énergie.

Aucune ville française ne peut rivaliser, mais dans le cadre des négociations du Grenelle de l'environnement, le gouvernement français s'est engagé « à aider une quinzaine de grands projets d'innovation architecturale, sociale, et énergétique » et à pousser à la création d'au moins un écoquartier avant 2012 dans toutes les collectivités qui ont des programmes de développement de l'habitat significatif. Après un double appel d'offres, le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, et le secrétaire d'Etat au logement, Benoît Apparu, ont choisi 13 projets de villes (sur 19) et 27 écoquartiers (sur 160) de taille plus modeste au premier rang desquels la zone d'aménagement de Bonne à Grenoble. Ce quartier fut parmi les premiers il y a quatre ans à exiger des niveaux de performance énergétique élevés, tout en négociant des accords pour limiter le prix des logements construits.
15 millions d'euros sur trois ans

L'idée n'est pas de reproduire les mécanisme des années 1960 où l'Etat était opérateur des villes nouvelles et construisait à la campagne. Mais il s'agit de pousser les villes à se densifier, à lutter contre l'étalement urbain, tout en créant des espaces verts et en réalisant des transports en commun permettant d'éviter les déplacements en voiture. Un contrat sera signé entre l'Etat et les collectivités territoriales avant la fin 2010 sur une durée de trois ans à l'issue desquels les projets seront ré-examinés pour vérifier si les promesses ont été respectées.

L'Etat se réserve alors la possibilité d'accroître ou de réduire les aides en fonction des résultats. Un club des écocités doit être créé. Dans l'immédiat, un premier budget de 15 millions d'euros sur trois ans est prévu pour aider à réaliser l'ingénierie des projets de ville, et des mécanismes de prêts préférentiels seront accordés par la Caisse des Dépôts et Consignations pour acheter les terrains.

Aucune aide financière directe n'est prévue, même si certains rêvent en secret d'attirer une partie de l'argent du grand emprunt pour les projets les plus imaginatifs. Pour les écoquartiers, 100 millions d'euros de prêts sont prévus. De même, l'Etat prévoit que les terrains qu'il possède puissent être attribués en priorité à ces projets, comme celui des abattoirs de Bordeaux.

La tâche de l'Etat ne se limite pas à soutenir les projets. Il doit aussi se doter d'instruments d'analyses, renforcer l'évaluation environnementale des documents d'urbanisme, imaginer des indicateurs de consommation de l'espace, imaginer une méthode de « bilan carbone » des projets, ne pas favoriser l'étalement urbain par une fiscalité désavantageuse pour la ville dense sans oublier de former les architectes et les urbanistes. Lourd travail en perspective.

JULIE CHAUVEAU, Les Echos 05/11/09

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