Le Grand Lyon, laboratoire du «big bang territorial»

Publié le par Grand Paris

PRESSE

LE FIGARO
Frédéric Poignard (à Lyon)
09/10/2008

«Je suis prêt à m'investir sur ce genre de réforme car cela me semble un sujet de fond», estime le maire PS de Lyon Gérard Collomb. 

Le président de la commission des lois propose la fusion du conseil général du Rhône et de l'intercommunalité.

À Lyon, le partage des compétences entre communauté urbaine et conseil général du Rhône «se passe plutôt bien, mais est complexe pour les citoyens qui ne savent pas qui est responsable», remarque Dominique Perben. L'ancien ministre, qui a conduit l'an passé une mission sur l'avenir des métropoles, voit d'un bon œil l'«effervescence» provoquée par la publication du rapport Warsmann. Mais le député du Rhône note a contrario la complexité des relations qui existent, à Lyon, entre la Région Rhône-Alpes et l'agglomération. «Il y a besoin de davantage d'entente», constate Dominique Perben.

Plus de deux habitants du Rhône sur trois résident dans la communauté urbaine de Lyon. «Mais on ne peut pas considérer tous les habitants de l'agglomération de la même manière suivant la taille ou la nature de leur commune», tempère un collaborateur de Michel Mercier, le président du conseil général du Rhône. Si le besoin d'un vrai toilettage se fait sentir, Michel Mercier met en avant le préalable d'une élection des structures intercommunales au suffrage universel direct. Une proposition déjà contenue dans un rapport rendu par Dominique Perben, pour qui «il y a une nécessité d'une plus grande démocratisation du système».

 

Une réforme «de consensus»

«Je suis prêt à m'investir sur ce genre de réforme car cela me semble un sujet de fond», estime pour sa part le maire PS Gérard Collomb, président du Grand Lyon. Partisan lui aussi d'une élection au suffrage universel de la structure intercommunale qu'il dirige et d'un élargissement de la communauté urbaine à l'échelle de l'agglomération, il plaide pour une réforme «de consensus. Je ne veux pas qu'on rouvre une guerre de tranchées.»

Au début des années 1990, puis sous la mandature de Raymond Barre, une amorce de rapprochement avec des territoires extérieurs à la communauté urbaine, mais faisant partie intégrante de l'agglomération, avait tourné court. Les communes voisines de l'Ain, de l'Isère, de la Loire et même du Rhône avaient craint une hégémonie du «Grand méchant Lyon», comme avait été qualifiée l'agglomération. Les relations se sont pacifiées et des partenariats ponctuels ont été noués avec les structures intercommunales voisines. Mais l'intégration de ces structures voisines reste encore un sujet tabou.

À l'échelon régional, alors que les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie ont remis à l'ordre du jour un rapprochement, le président de la Région Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne (PS) prône lui aussi une clarification des compétences. «Rhône-Alpes n'a pas de vi­sées expansionnistes», assure-t-il. Hostile à des regroupements de dé­partements, il n'envisage pas plus une fusion entre l'Auvergne et Rhône-Alpes : «Nous coopérons avec Clermont-Ferrand sur des dossiers comme le cancéropôle, mais une fusion ne correspondrait ni à la réalité ni à l'efficacité économique». En ajoutant que les élections régionales devront se tenir «à la date prévue et avec le scrutin prévu».

Publié dans Région Ile de France

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